vendredi 25 février 2011

A l'aulne de ma culpabilité.

Les  "grands" seraient morts de rire, s'ils voyaient les préparatifs que je fais avant de laisser mes poussins. Préparatifs concernant mon départ avec Lhom, j'occupe gaillardement tous les placards de mon fourgon et les 5m3 de la soute, j'ai rigolé en songeant à la tête que j'aurais fait il y vingt ans si j'avais su qu'un jour pour partir camper, j'emporterai au moins cinq paires de chaussures, mais c'est vraiment le strict minimum: claquettes en cuir, ballerines, on ne sait jamais si je dois courir, chaussures puma de la gazelle, je ne les mets jamais, mais les adore, chaussures d'hiver bien mais marre de l'hiver chaussures de marche ça c'est pour faire style et plaisir à Lhom et croc de jardinière. c'est en fait un peu juste, mais je campe, je dois m'adapter. Et tout est à cette mesure, du whisky et petits gâteaux  de l'apéro aux provisions de PQ et kleenex, mon fourgon est super clean et prêt à tout, normal quand on me connait, petite trousse de secours et mots croisés, pinces à linge et couteau pour ouvrir les huîtres, rien ne viendra manquer, enfin j'espère.


Côté maison, ce matin mon programme fut chargé, je commençais par aller ranger la chambre de Victoria, en fait je voulais revoir l'alignement des poupées sur le lit bateau, et je décidais de commencer par l'urgence, les coiffer et les changer, je crois que c'est une arme anti stress absolue pour moi, car une fois sagement alignées sur le lit je sais qu'elles resteront ainsi, petit tour du jardin et préparation du camping car puis j'ai lâchement craqué.




Lhom  en faisant les courses avait imaginé des menus pour nos trois petits, que deux d'entre eux dépassent leur père, donc 1.85m, ne change rien au fait que ce soit nos petits, sinon que tels de jeunes coucous faut les nourrir. ce matin j'ai cuisiné une blanquette et un curry viendra s'ajouter aux provisions laissées pour mes jeunes. je sais qu'ils savent cuisiner, mais je sais, qu'ils adoreront profiter de menus touts prêts.

je sais aussi que les grands hallucineront de lire ces lignes, car jamais je n'ai fait cela pour eux, mais je suis différente, moins aux prises des couches-biberons je coocoone mes enfants encore, je serais capable d'en faire de vrais Tanguy, alors je me soigne et demain, je largue les amarres et les laissant.

jeudi 24 février 2011

Le chutney -tolérance de Mrs Marple

Ce matin nous sommes partis assez tôt de notre hivernage, Lhom avait dit, à ses enfants "Fin de matinée tranquillement" . Je suis jeune, j'y ai cru, à neuf heures, Lhom piaffait, je n'étais pas prête, et depuis, je cours en prenant de l'avance pour mes courses, rangements et du retard pour ce blog....

Nous parlions en chemin des week end qui s’annonçaient, des vacances que les enfants prévoyaient de prendre chez nous et Lhom eut une réflexion   un peu saugrenue mais assez  amusante, alors que je m'inquiétais un peu des différents modes de vie à faire coexister, il répliqua:

Tu n'as qu'à te dire que ce sont des immigrés, à eux de s'adapter.


Jamais je n'aurais cette idée, ni à, propos de mes enfants ni à propos des immigrés. Et j'ai essayé d'évaluer  mes barres de tolérance, de mon besoin de douche non-négociable à mon Nescafé que j'emporte partout, je suis une émigrée adaptable sous certaines conditions , et je me laisse envahir aussi, mais à certains conditions...

Je crois que l'on est tous ainsi, avec des plages de tolérances immenses et des crispations parfois inattendues.

En Provence on dit:


Le vent, la pluie et les parents, après trois, jours sont ennuyants. 

De cette vieille maxime, Mrs Marple qui sommeille toujours en moi en déduit qu'avec la meilleure volonté qui soit on ne peut tout supporter.

Et de ma moulinette intellectuelle je fais un banc d'essai, afin de comparer ce qui m’apparaît souhaitable et faisable ou ce qui n'est pour moi, ni supportable ni même envisageable. Mon chutney-tolérance ne ressemble à nul autre, pour certaines choses je suis extrêmement laxiste d'autres me font apparaître psycho rigide. Les autres ont des limites parfois tout à fait différentes des miennes, et survivre ensemble parait une gageure,  d'autre fois la coexistence parait invivable, à l'impossible nul  n'est tenu: 


Les limites de la tyrannie sont celles que tolère la patience de ceux qu'elle opprime.


Douglass



Je me range, à priori du côté des opprimés, bien entendu!   :) Vous aussi?

mercredi 23 février 2011

Tam tam.

Les idées et souvenirs surgissent parfois par un enchaînement étrange, sans logique apparente bien souvent. Ce matin,  en écoutant les nouvelles je faisais un bilan dans ma tête, l'électricité qui va augmenter de plus de 30%, le gaz qui a déjà augmenté de 20% et le pétrole dont le cours grimpe à toute allure font de l’énergie un luxe qui pèse de plus en plus sur nos budgets, notre mode de consommation doit  changer. C'est bon pour la planète. Mes pensées se tournent alors vers ma maison, mes souhaits de poêles exaucés il  reste à assouvir mon rêve de  cuisinière à bois, Lhom est réticent encore.

Je revois mon jeune frère et sa femme qui disent depuis 20ans, à l'unisson de bien de mes proches:

Penelope? Elle prépare la troisième guerre mondiale, dans sa campagne entre sa cheminée et ses arbres fruitiers.


Ce n'est pas tout à fait vrai, mais pas tout faux. J'ai en moi, ancré au plus profond  que notre monde est fragile et qu'il suffirait  de pas grand chose pour que nous soyons obligés de changer radicalement notre  façon de vivre, un sentiment diffus aussi que ceux qui sont plus ou moins nos voisins pourraient devenir des gens hostiles. Et j'entends les tam tams.





J'ai passé ma petite enfance dans des pays où j'avais peur. Mes parents, parfaitement inconscients, nous faisaient vivre près de dangers immenses,  je me souviens de mes terreurs, seule dans ma chambre, où mon père avait  quand même fait  mettre des barreaux, à scruter les bruits nuit après nuit. Nous habitions la dernière maison sur le plateau. Mon père le disait haut et fort, nous étions tranquille, pas de civilisation à proximité. Au fond du jardin derrière le potager, la jungle et après notre maison, la route devenait piste et desservait des villages camerounais.

La vie qu'on nous faisait mener m'avait rendue solitaire, petit rat de bibliothèque, seule occidentale dans ma classe, je n'avais personne pour partager mon monde, je passais des heures dans le jardin. La maison était entourée de canards, j'avais mal compris le nom des canas et les nommais ainsi superbes et multicolores,  et je jouais souvent sous le porche de la porte côté route, personne n'utilisait cette entrée et j'y étais plus tranquille.

Je me souviens d'un après midi, réfugiée seule à l'ombre je lisais lorsqu' un bruit  comme un grondement sourd montait  peu à peu de la route, intriguée je tendais l'oreille, rapidement je distinguais le bruit des tams tams et celui des   frappement de pieds, quelques cris et mélopées me parvenaient par intermitance, je courus au portail pour voir ce qui se passait. Au loin, sur la route, dans un nuage de poussière, une troupe d'hommes venaient vers la maison, je suis restée un instant médusée à les observer,  masqués ils portaient des  pagnes traditionnels, les premiers jouaient du tams tam mais je distinguais des sagaies portées par les hommes à l'arrière.

 Terrifiée, je ne sais pas si j'ai crié, mais j'ai du surmonter mon angoisse afin de sortir de ma paralysie, alors j'ai pu courir chercher refuge à la maison, d'abord vers la porte la plus proche, à son accoutumée bouclée, la tambourinant un peu, j'abandonnais très vite l'idée d'y trouver mon salut et trouvais encore le courage de m'éloigner d'une porte, salut possible, pour faire le tour de la maison et passant par la véranda entrer dans la maison en criant pour prévenir ma mère. Maman était à sa machine à coudre, peut être écoutait elle de la musique, je ne me souviens pas, mes frères faisaient la sieste, ma soeur retirée dans sa chambre.  Maman a bouclé rapidement la porte, seule ouverture de la maison et ensemble nous avons attendu.

Le bruit et les chants ont envahis la maison, montant doucement en puissance nous étions terrifiés, silencieux. Puis, peu à peu le danger s'est éloigné pour disparaître tout à fait.

J'appris par la suite que cette tribu était en fête et qu'ils ne faisaient qu'exécuter un rituel inoffensif. Cela n'ôta pas la crainte perpétuelle que j'avais d'eux, mes parents ayant voulus nous faire visiter le village pensant peut être calmer ces peurs qu'ils estimaient exagérées, ne firent qu'augmenter mon inquiétude, mes parents étaient fous, ces sauvages ne m'inspiraient que terreur.

De ce jour là j'ai gardé  une crainte proche de la panique au moindre roulement de tambour. Il fallut que plus de vingt ans plus tard, dans une rue , voulant fuir en courant  un tambour menaçant, j'eus un flash de cet instant de mon enfance afin d'arriver  plus ou moins à  maîtriser l'angoisse qui m'étreint  lorsque j'entends même  au loin un tam tam au rythme lent d'une marche.

Et je garderai toujours ancré au plus profond de moi, que la vie peut basculer d'un instant à l'autre, que notre mode de vie est artificiel, mon frère étant bébé n'a pas gardé de souvenir de cette époque, ma soeur aînée, fait des provisions parfois encore plus névrotiques que les miennes, pâtes et bougies... Ne guérit on jamais des peurs de son enfance?

Les conséquences de ces chocs sont parfois inattendues, il y a des années découvrant le film Jumanji, je me pris d'une passion soudaine, complète autant qu'irraisonnée avant de comprendre, qu'il met en scène ce traumatisme. Aujourd'hui encore, j'ai besoin de le voir de temps en temps, on ne choisit pas ses madeleines.


mardi 22 février 2011

La tête dans les nuages.

Alors que le quotidien est encore soumis aux horaires et contraintes, le décompte des jours qui nous séparent de la bulle des vacances s'allège. Les préparatifs commencent. Valentin téléphone tous les jours à Guillaume, le ballon de foot neuf est déjà dans la voiture, pour ne pas être oublié. J'ai  commencé mes lessives "pré", le rituel de mes préparatifs pour quoi que ce soit comporte toujours des lessives; du "il faut que les lits aient des draps propres pour notre départ" que je ne m'explique pas vraiment si ce n'est que je préfère récupérer une maison clean quand je reviens,  aux lessives de pulls, et trucs qui traînent tout y passe, j'y vois à présent plus rituel destiné à tromper mon impatience.

En arrivant à la campagne je replongerai deux mois en arrière, je n'ai défait aucune décoration de Noël avant de partir. Lhom a tout juste décroché la couronne de la porte d'entrée. je commencerai par enfiler deux pulls et devrai défaire, crèche et sapin, couronnes et décors disséminés dans la maison. Il y a encore des chocolats de Noël dans une grande coupe du salon, et probablement d'autres trésors oubliés, de livres et BD laissés sur place afin de mieux les retrouver. J'avais à peine eu le temps de feuilleter un magnifique livre de jardins sublimés, je le retrouverai en rentrant de ma virée avec Lhom.


Je partirai en précurseur dès Jeudi, je me donne deux jours pour préparer la maison  que je laisse aux jeunes et préparer aussi le camping car, vidé avant l'hiver.

 Hier soir guillaume m'a demandé:


Vous partez où, cette fois ci?


Dans le Quercy, ton père et moi ne connaissons pas!


C'est où?


Pas loin du Périgord, on adore.....

Petit moment de silence

je vais me renseigner sur ce pays étranger  me répond Guillaume. Guillaume est tenté de sauter son dernier cours vendredi afin de nous rejoindre au plus tôt, il adore se retrouver seul avec ses frères dans cette maison de campagne, il a invité un de ses copain à l'y rejoindre, oublié de m'en parler, Valentin me l'a signalé. je suis heureuse de laisser mes jeunes quelques jours ensemble dans la maison, je sais que leur rythme de vie est à ce moment à empreint d’une liberté qu'ils adorent.  Ils sont chez eux, sans contrainte.

Nous savourons tous nos vacances trois fois, en y pensant avant, en les vivant et en s'en souvenant après, la maison est à la fois notre ancrage et notre référence. Une grande amie me disait:

Finalement , ta vraie maison c'est La Boissière, le reste est une annexe.







C'était il y a quelques années, l'emprise de cette maison a encore grandi, toue la tribu y a empilé  des souvenirs , la rendant encore plus précieuse et réconfortant tous nos moments car la maison reste toujours là, et nous l'ouvrirons très bientôt.

lundi 21 février 2011

De l'ado à l'imago.

Chaque week-end nous offre des temps de vie commune avec les enfants bien plus importants qu'en semaine, malgré les obligations scolaires,  Valentin et Hubert sont plus disponibles. En début de soirée, samedi, résigné par l’affligeante indigence des programmes télé, Valentin pensait voir un film en streaming,   "La Môme",  il  découvre en ce moment les grands succès de ces dernières années , la semaine passée  il avait ainsi regardé  "Le fabuleux destin d'Amélie Poulain". J'ai fait partie de l'infime minorité de gens qui ont détesté ce film, le jeu d' Audrey Tautou  me déplaît, elle m’apparaît persona, ne s'effaçant pas derrière les rôles qu'elle interprète et seuls deux éléments  de ce film avaient trouvé grâce à mes yeux, les cartes postales des nains et la cabine photomaton, bien maigre butin pour entrer dans la communion unanime." La Môme"   me  scotche,  je ne me lasse pas de ce film,  la performance de Marion Cotillard m'éblouit à chaque fois. Ayant le DVD, à la surprise de Valentin, nous avons regardé ce film en famille, faisant profiter à tout l'immeuble d'une soirée Piaf , tablant peut être à tort  sur une surdité relative de mes voisins âgés.

Valentin change, très vite en ce moment pas tant physiquement, il a grandi tôt mais il mûrit à toute vitesse nous  surprenant souvent dans ses choix ou réflexions personnelles. Nous avions un jeune de 16ans, bien dans ses baskets, peu à peu l'adulte qu'il sera se superpose en double avatar. Il regarde avec nous les journaux télé,  spectateur passionné  du fantastique jeu de domino qui se joue du Maghreb à l'Asie mineure, commente les déclarations du patron du FMI.

Tu m'étonnes, l'Europe ne sortira pas de la crise comme ça,  suit des explications techniques  nouvellement acquises grâce à ses supers  profs de SES et histoire-géo, je reste pantoise, Lhom trouve cette maturité assez naturelle quoique bienvenue avant des études supérieures. La vie est bien faite nos larves deviennent chrysalides puis imagos lorsque l'été arrive.

Hier après midi Valentin discutait avec nous de ses projets de vacances.  Je soulignais que notre absence de huit jours leur permettrait de passer de la x box au ping-pong, du ping-pong  au foot, case billard , cycle bouclé ils s’affaleraient devant la télé.

J'ai mon bac blanc à la rentrée, je vais travailler.

Moi  Ah bon, tu ne vas pas commencer par en profiter quelques jours?


Non, j'ai l’habitude de bosser  tous les jours, je m'ennuierai sinon, Guillaume aura surement du boulot, je préfère travailler un peu tous les jours.

Je ne pus qu'approuver, mais ne pus cacher ma surprise. Hubert écoutait silencieusement, contrairement à son habitude. L'idée que Hubert puisse, lui aussi trouver naturel de travailler scolairement relève actuellement de pur fantasme, et je frôlerai la crise cardiaque s'il tenait des discours similaires à ceux de son aîné. Hubert est une jeune larve, son cocon n'est pas très mur...

samedi 19 février 2011

Rolling In The Deep (Adèle)





Si vous adorez comme moi Adèle, voici une autre chanson de cette jeune chanteuse anglaise de 22ans..... Chasing Pavements

vendredi 18 février 2011

J-7.



Nous sommes les derniers à partir en vacances cette année, le temps semble si long,  l'impatience me gagne autant que les enfants.

 Alors que nous décomptions ensemble les jours d'école restants, je me suis souvenue de cette habitude que j'avais lorsqu'ils étaient petits d'apprivoiser le temps avec  en mémo sur le frigo, des silhouettes de  mains,  les enfants barraient un doigt chaque jour et visualisaient leur attente.

A l'époque je faisais cela pour qu'ils puissent mieux appréhender les absences de leur père. Tous les matins, au petit déjeuner l'un ou l'autre barrait un doigt. Valentin et Hubert ont trouvé amusant de renouer avec cette coutume, et je barre un doigt tous les jours. Valentin m'a dit se souvenir que nous changions de couleur chaque jour, les calendriers prenaient peu à peu des couleurs optimistes.

Les mains qui ont servi de modèle sont celles d'Hubert, elles sont bien plus grandes que celles qui nous servaient autrefois. Valentin m'a ensuite demandé comment nous faisions pour mettre tous les jours d'absence de son père, il imaginait le tas de feuilles qui devaient alors encombrer le frigo, je ne lui ai pas dit qu'à l'époque six petites mains entraient dans une seule feuille, rien que de se  souvenir est encore difficile.

Partir en vacances après les autres est assez difficile, même la joie coupable de savoir qu'on sera en vacances alors que tout le monde travaillera n'atténue pas la fatigue de ces jours d'hivers. Valentin épuisé, profite de ses après midi libérés pour faire parfois la sieste, cela ne lui était pas arrivé depuis plus de dix ans, Hubert nous offre quelques moments de calme et de silence, la ville est dans la ouate d'un brouillard d'hiver, nous sortirons d'hibernation pour les vacances.

jeudi 17 février 2011

Les abeilles se cachent pour mourir.

Les abeilles meurent en silence ou presque, les producteurs de miel sont les seuls à tirer la sonnettes d'alarme et pourtant ces insectes pollinisateurs sans qui l'agriculture est impossible sont empoisonnées par des pesticides pulvérisés par ceux là même qui ne peuvent se passer de leurs aides: Les agriculteurs. Agriculteurs victimes de cancers, agriculteurs victimes du système.




Un pommier Golden sera traité en moyenne quarante fois par an dans un verger industriel. ceux qui ont la chance d'avoir un verger ne plantent pas de Golden, trop sensible à la tavelure, mais plantent des pommes moins plaisantes à tous les goûts, qui  voyagent moins bien mais surtout dont les arbres sont moins productifs. Croquer dans une pomme n'est un acte pas si sain..

Fruits et légumes sont parfois ionisés afin de mieux se conserver, à priori ce traitement est sans conséquence sur la santé des hommes. A moins de ne pouvoir cultiver ses tomates ou d'avoir accès aux paniers des paysans bio, acheter du bio pour une famille demande un très gros budget , beaucoup ne peuvent pas, acheter bio de plus n'offre pas obligatoirement une bonne garantie , l’appât du gain  à suscité bien des tricheries, le cahier des charges des agriculteurs est parfois excessif. Nécessité d'achat de semences bio, toute la traçabilité multiplie les embûches alors que la plus part des consommateurs ne souhaitent  pas forcément une telle réglementation mais pouvoir manger en toute sérénité des fruits et légumes non imbibés de produits chimiques.

Un enfant de dix ans, français consommerait en une journée 128 produits toxiques dont 42 seraient potentiellement cancérigènes. Glaçant. Comment faire avec les cantines? Chez des amis? Etre vigilant permet déjà d'éliminer une partie de ces produits, à la maison, être confiant également l'organisme humain est une extraordinaire usine possédant des filtres efficaces. Il s'agit non de paniquer et mettre la tête dans le sable, ni d'être exagérément décontracté.

Charlotte m'a demandé d'acheter des conserves en verre, les conserves sont recouvertes à l'intérieur d'un film plastique  délivrant des phtalates déjà trop présents dans notre environnement. Phtalates présents dans l'environnement de tous les bébés, à penser, acheter des assiettes bébé qui vont au micro onde sans danger. Ce geste n'est pas compliqué et on trouve des conserves en verre pas plus chères que celles en métal.

Laver les fruits et légumes, les éplucher surtout permet d'éliminer pas mal de pesticides de nos assiettes, moi qui fut la reine des "les courgettes c'est bon avec la peau!" Et  "Je ne vais quand même pas éplucher des tomates  pour 15...." J'épluche désormais tomates et courgettes, lave et relave fraises et prunes...  Et laisse mes pommes se faner dans la corbeille de fruits. Si vous ne devez planter qu'un seul arbre dans votre vie, plantez un pommier.

Ce soir, on fait des pâtes?

mercredi 16 février 2011

La maison empoisonnée.

En vingt ans, l'asthme a doublé et touche aujourd'hui 10 à 12 % des enfants en France. Aux Etats-Unis, le cancer chez les petits a progressé de 30 % à 40 % en vingt-cinq ans pour les leucémies et les tumeurs du cerveau, et de près de 70 % pour les cancers du testicule (Environmental Health Perspectives, juin 1998). 
La pollution de l'air à l'intérieur des maisons est de plus en plus suspectée d'en être en partie la cause.


Notre maison si belle, si douce, sentant délicieusement bon  empoisonne nos poumons et nos organismes  plus que nous le soupçonnons. il n'y a, probablement pas un  seul poison identifiable et éliminable mais une quantité de poisons, certains sont identifiables, certains peuvent être éliminés d'autres, non.

Si nous bâtissons ou rénovons une maison nous pouvons par le choix des matériaux, en faire une maison plus ou moins toxique: moquettes et tissus muraux sont à bannir, malgré leur beauté pas de  sisal ni de  jonc de mer, véritables nids à poussière. les produits "nobles": pierres, carrelages, bois, verre et métaux ne paraissent pas polluer l’atmosphère intérieure.

Parfois je me dis que nos acquis nous trompent parfois. Yann vient d'achèter une grande maison pour y installer au large sa marmaille, il  est un peu inquiet, certaines peintures anciennes sont au plomb.  J'ai ri, en lui disant que son père et moi, n'avions jamais mangé de peinture, et que ces accidents se passent peut être lorsque les enfants confinés dans leurs chambres sans jouet ou dans leurs lits et s'ennuient. Il ne m'est pas venu à l'esprit de compliquer sa vie en lui demandant d'être prudent quand aux émanations des produits nouveaux dont sa maison sera tartinée, Yann et Armelle s'inquiètent déjà beaucoup pour leurs poussins.

Les composants chimiques des peintures, colles utilisées pour les meubles stratifiés sont de véritables dangers, monter des meubles de bébé juste avant de l'y coucher l'expose à respirer du formaldéhide alors que ses poumons ne sont pas même matures, produit cancérigène. Nous n'avons pas éliminé tous ces produits de notre maison, mais tâchons de faire des travaux, l'été en aérant et laissons meubles et murs respirer le plus longtemps possible avant d'habiter la pièce.

Bien que maniaque, j'ai ralenti fortement ma consommation de produits ménagers, et aère au maximum pendant et après utilisation, la bonne odeur de frais de ces produits cache d'autres odeurs, mais toutes sont néfastes pour notre santé. Un bon argument à faire valoir si vous lavez la vaisselle à la main, même  les liquides vaisselle peuvent être nocifs. Mettre des gants  met à peu près à l'abri vos mains (vous n'aurez que la toxicité, que l'on suppose moindre des gants )

Nous rajoutons avec tant d'innocence des poisons aux poisons existants, diffuseurs de parfums,  bougies parfumées, quand ce ne sont pas des poisons que l'on sait mais dont le bienfait est, à notre esprit supérieur au maux engendrés: anti moustiques et anti mites...

 A la maison, j'ai tout enlevé, même les laids stickers sur les fenêtres, si cela tue les insectes est ce vraiment sans danger? J'essaie d'utiliser des anti mites naturels, lavande et camphre, et d'équiper les fenêtres de rideaux moustiquaires, mais parfois je craque. Peu à peu les bons gestes deviennent réflexes, les chariots de supermarché s'allègent de produits dont on apprend à se passer, les plantes vertes contribuent à dépolluer nos maisons, crassulas si faciles de culture et cactus absorberaient les ondes.

Cet article est en fait un article écrit hier, pour cause d'attaque au concentré de tomates agressif, murs, tables, sols, cheveux, visage, lunettes, chandail... Je n'ai pas écrit ce matin, je dois ranger encore les articles "écolos" de mon blog et écrire un sur la malbouffe 2: fruits, légumes et modes de conservations ainsi qu'un sur les produits d'hygiène et de cosmétiques.

La malbouffe

Lorsqu'on entend" malbouffe", on voit aussitôt les images que les médias nous servent : Jeunes américains obèses. Le consensus est de dénoncer leurs sales habitudes, manque de goût, manque d'éducation... Un peu rapide et vraiment pas convaincant.

J'avais un chien, Ocelot qui  fut un personnage haut en couleur par son caractère nettement indépendant.  Une soirée passée chez mon beau frère, vétérinaire alors que  nous évoquions ses nombreuses fugues et les divers refuges où nous allions le rechercher, j'ajoutais:

C'est fou, en une semaine il prenait trois kilos!

Mon beau frère répliqua:

Croquettes premier prix et manque d'activité, pour un chien comme Ocelot ça suffit!


Mon chien ne daignait manger des croquettes qu'en cas d'extrême famine, mais à la maison il a fait des grèves de la faim plutôt que s'abaisser à croquer les trucs moins chers que nous avions osé acheter. Il est arrivé à Lhom de préférer faire plusieurs magasins plutôt que de supporter la gueule qu'il ferait si nous dérogions. Ocelot avait un régime perso diversifié, il mangeait des fraises qu'il se cueillait lui même, dédaignait les framboises, adorait le pain et les restes mais après avoir avalé à toute allure du riz cantonais, recrachait les petit pois mis de côté  dans ses bajoues. Son régime n'avait donc rien de certifié diététicien-vétérinaire.


Mes enfants sont moins fines bouches, l'instinct est moins fort surement. Et leurs goûts se laissent leurrer par des succédanés comme nous tous. Et si la nourriture des humains était un peu comme les croquettes pour chiens? Peu chère pleine de cochonneries? Si les hard discount  et premier prix étaient bourrés de produits peu chers mais poisons?

 Et si ces produits n'apportant pas de véritable satiété poussaient les consommateurs à consommer toujours plus? Comme le sucre dans les sodas et les glaces: sirop de glucose fructose. Cet ennemi sucré qui favorise obésité et risque cardio vasculaire. Dans la course aux profits, les producteurs ne se soucient guère de la santé des consommateurs, produire toujours plus, moins cher de la nourriture attrayante se conservant bien, les graisse trans, huiles hydrogénées, huile de palme bien souvent  commencent peu à peu à être dénoncées publiquement, augmentant les risques de  les cancers et  cardio vasculaires. Presque tous les gâteaux, barres chocolatées, céréales pour enfants, pâte à tarte, plats préparés en contiennent.





Vous pouvez avoir du bio contenant de l'huile de palme, le poison aura été cultivé sainement, c'est tout. certaines grandes marques à l’affût de la reconquête des consommateurs s'engagent dans le combat: Findus,  Fleury Michon ,  Jacquet (pain de mie sans huile de palme). j'en oublie peut être. Je consommerai de préférence ces produits là, car si nous sommes nombreux à exprimer notre désir d'un retour à une nourriture moins toxique, les producteurs y verront un créneau intéressant et redoubleront d'effort pour capter ces parts de marché.


A lire les étiquettes des produits que nous consommons, les chips Auchan, oui, le Nutella pas top, mais j'en achète quand même.. La plus part des produits premier prix sont écartés mais comme nous renonçons à acheter bien des choses tant en cosmétiques qu'en produits d'entretien, la note du super marché a tendance à s’alléger plutôt qu'à s'alourdir.

Alors quand je vois des familles d'obèse, j'ai pitié d'eux ils sont victimes de ne pas-savoir ou de ne pas arriver faute d'avoir appris à faire le tri de leurs chariots, victimes visibles dans un océan de victimes qui ne se remarquent pas,  victimes pas coupables.

mardi 15 février 2011

Nos touts petits empoisonnés.

Ceux qui suivent ce blog depuis longtemps nous connaissent un peu et savent que notre éveil à l'écologie est raisonnée et non sentimentale "un geste plus un geste, je sauve ma terre" nous indiffère, en revanche les conséquences réelles des actions de l'homme apprenti sorcier, chimiste fou sur ne serait ce que la santé de nos enfants m'effraient.

La semaine dernière, une grande amie, m'a appris que l’aîné de ses petits fils est atteint par un cancer, à l'âge de l'insouciante santé, sa vie est menacée. Mauvais cancer,  mais existe il des cancers bons? On en arrive à le croire parfois. Ce qui est strictement alarmant est qu'il est le second enfant à être malade parmi les petits enfants de mon amie. un tout petit est traité pour leucémie depuis dix huit mois déjà, il réagit bien au traitement, dix huit mois de chimio l'attendent mais il y a toutes les chances que son traitement vienne à bout de ce crabe.



                                                Le cri d'Edouard Munch

Entre Asthme, plus ou moins invalidant, allergies parfois dramatiques et maladies de toutes sortes, maladies rares qui explosent, cas de diabète de type 2 qui  se multiplient dans tous les pays riches, les enfants sont en première ligne.


Chez les Waterloo, j'ai sonné sur le forum familial l'alerte. Tous aux abris. Plus sérieusement nous réfléchissons en commun  à nos modes de consommation,  qu'il nous faut vraiment changer.

Les dangers de notre alimentation sont de deux natures différentes, le premier est celui auquel nous pensons spontanément, les dangers des pesticides dont sont imbibéss nos fruits et légumes. Sans pouvoir manger bio, trop cher souvent,  on peut limiter la casse en achetant des produits venant de l'Europe, soumis à des normes limitatives en produits et dosages aux-quelles les tomates marocaines et les concombre israéliens ne sont à priori pas astreints. Alice est abonnée à un panier de légumes bio, cela lui demande plus de travail mais c'est un compromis qui passe dans son budget.

Le second danger de notre alimentation vient des additifs, composants et mode de conservation. L'huile de palme hydrogénée fourre presque  tous les biscuits que nos enfants consomment, même graisse hydrogénée dans les nuggets (sauf Findus) pâte à tarte non au beurre....

Prendre ses lunettes et un à un sélectionner des produits moins dangereux est possible. Nous achetions du pain de mie Harry's nous sommes passés au Jacquet.

Tout dans l’environnement doit être repensé. Qui sait que les meubles type IKEA après montage doivent respirer au moins quelques jours fenêtres ouvertes. Crises d' asthme chez Guillaume pendant deux mois car je l'ignorais.

Qui pense à remplacer les poisons anti moustiques par des rideaux moustiquaire (5euros la paire chez Ikea)?

La liste est longue de produits et habitudes à changer, nos produits d'hygiène, considérés comme confort et garantis ne sont pas soumis aux autorisations de mises sur le marché, comme les médicaments. On soigne par patchs et onguents , on empoisonne par crèmes et lotions, lingettes et spray. Même chose pour nos chers plastiques, phtalates au micro onde ... Penser à utiliser que du verre et de la porcelaine pour réchauffer.



C'est un coup de blues, un cri, d'alerte, il est innaceptable que nos enfants soient malades de nos modes de vie, ce n'est pas la terre que je veux changer ce sont nos enfants que j'aimerais protéger.

Je reprendrai, ici, un par un ces sujets, car il nous concerne tous, je donnerai des références.

lundi 14 février 2011

Admission post-bac




  Valentin, (avec son accord  exceptionnel )



Valentin n'était pas pressé, il repoussait de week end en week end  la procédure d'inscriptions qui scellerait son destin d'étudiant, je souhaitais que tout fut bouclé avant les vacances, sachant que le rythme des vacances s’accommode mal, chez nous de telles contraintes. Nous tergiversions.

Samedi, ayant prévenu Valentin, en plein match de Fifa sur sa console de jeux, j'allais seule d'abord inspecter le site d'admission post bac, Valentin à contre coeur me rejoignit et ensemble nous avons procédé à ses inscriptions. 

La scolarité de notre jeune y est inspectée depuis la cinquième, les bulletins (mal) saisis de première y figurent, à nous d'y inscrire les pensées sympathiques ou parfois sauvages qu'accompagnent la sécheresse des notes.




Extrait, premier trimestre 2009-2010

Espagnol: moyenne de l'élève, 5.85, moyenne de la classe, 8.40, moyenne la plus basse, 2.67 moyenne la plus haute, 15.94


appréciation du professeur:

Ne vous découragez pas (cool) continuez vos efforts (positif) apprenez régulièrement vos leçons et faites vos exercices. (Je rêve ou il sous entend que la chair de ma chair n'apprend pas ses leçons et ne fait pas ses exercices..)

Mathématique: moyenne de l'élève: 17.50, moyenne de la classe: 12.75 moyenne la plus basse: 3.50 moyenne la plus haute: 18.50

appréciation du professeur:

Très bien

Le sobre Très bien compensera t-il tout le reste? Pas sûr, La saisie des notes fut éprouvante et vaguement démoralisante, pour la première séance sur le site post bac, nous sommes passés rapidement à autre chose.

Nous avions tout d'abord surmonté sans encombre les premiers barrages, m'étant saisie des documents nécessaires la procédure fut au début, facile.  

N° d'inscription  et n°de code, soigneusement gardés en double exemplaire, car j'imagine sans mal les ennuis si nous égarons ces précieux sésames, je suis,  mère abusive au point de recopier l'adresse mail de Valentin. valentinwaterloo@yahoo.fr ainsi que son code : pioupiou. Les démarches administratives  m'angoissent, aussi de post-it en post-it, je balise mon parcours du combattant .

Vint ensuite la prise de tête, arriver à former quelques voeux réunissant les rêves de Piou piou et la logique implacable des parents conscients des labyrinthes et pièges cachés des premiers choix .

Une prépa, côtée, une "petite" prépa, mais ayant néanmoins de bons résultats, une formation en AES (300 places) une L1 (licence première année) gestion-éco bilingue (30 places) et une formation gestion éco  sans aucun barrage.

Le lendemain, Lhom et moi, Piou piou s'étant  déclaré  HS hors service car trop de pression, prise de tête devant cette machine sans pitié, Lhom et moi bulletins scolaires en main, saisissions une à une notes et appréciations manquantes. Fin de la seconde séance.

Il faudra encore  que je vérifie que les demandes sans internat figurent bien à côté des demandes avec internat, et que je note aussi les lettres de motivation que Valentin doit écrire ainsi que les dossiers papier à constituer.

 Il nous reste un peu de temps encore afin de vérifier qu'aucune autre formation ne tente Valentin, et commencer à supputer quel ordre il devra donner à ses voeux afin que ceux ci coïncident exactement au juste prix que lui octroieront proviseurs et responsables de formation ainsi qu'à ses capacités et motivations profondes.

Je prendrai encore le temps de rêver un peu en commençant à baliser les routes de la semaine de vacances  que Lhom et moi envisageons de prendre, en camping car, la première semaine de mars. Soupape de décompression fabuleuse, pour nous et pour mes jeunes , aussi.

Ps, @Charlotte, Alice et Guillaume les notes et appréciations données  sont déconnectées de toute réalité, ne tuez pas votre frère au téléphone, merci.

vendredi 11 février 2011

Demain sera parfait.

Pour la première fois je participe à un concours, il est lancé par Virginie B, dont le blog très riche, très rapide, multi-tout est si loin de mon univers. L'univers des blogs est à notre image,  il est extrêmement enrichissant de se promener dans ce monde de blogs qui nous permet de mieux connaitre notre monde. 


Je n'ai jamais rêvé d'un monde parfait. Enfant, les exemples que l'on me donnait de la perfection me saisissaient d'angoisse, ni  la perfection  suppliciée des saints offerts en pâture pour mon édification par les religieuses chargées de mon éducation, ni le modèle des héroïnes  de contes tel Cendrillon ne me paraissaient crédibles à défaut d'être enviables.

Très vite, je ne demandais pas à autrui ce à quoi j'avais renoncé pour moi même, la perfection est nuisance pour autrui. Le monde parfait est fermé, sans espoir de changement, l'humanité enfermée dans une prison dorée, des barreaux que nuls ne peut scier, puisque c'est parfait. Cette notion d'immuable me parait tisser un linceul pour le génie de l'être humain bâtissant  dans ses imperfections des oeuvres  qui entrouvrent la porte du merveilleux.

L'anesthésie du genre humain est dans la recherche de cette perfection que nous proposait déjà en deux modèles de mondes différents il y a plus de soixante ans  Aldous Huxley dans Le Meilleur des Mondes et   1984 de Georges Orwell. Ces lectures me convainquirent définitivement que la recherche du meilleur pour tous aboutit au pire.

Il n'y a donc pas de monde parfait, unique, mais une recherche d'un monde meilleur , monde où tous les êtres humains pourraient vivre en paix, monde où les peuples choisiraient leurs destins, mangeant à leur faim, simplement.

Mais pour cela nous avons besoin d'accepter peut être des choses qui nous paraissent inacceptables. Jugeant avec notre culture et notre savoir indispensable que tous les enfants soient éduqués, les femmes libérées et le progrès en marche partout.  Nous espérons que de  gré ou de force, chaque tribu, chaque peuple, le monde entier se rapprochera de notre "way of life" occidental. L'émotion fugace qui nous saisit lorsque nous apprenons la disparition probable d'une  tribu amazonienne isolée dans la jungle  ne nous fait cependant pas fléchir dans notre lutte contre l'obscurantisme. Obscurantisme religieux, culturel qui à notre sens s'oppose au bien être de chacun. Qui sommes nous pour juger, imposer ce qui est bien, édicter nos normes, vestimentaires, culturelles, religieuses, judiciaires... Est ce cela un monde parfait?


Je ne sais pas, et  ne le saurai probablement jamais. je remercie, ici, Virginie B d'avoir mis dans ma tête, hier, cette scie. de m'avoir obligé, de réfléchir cinq minutes seulement, sur le bonheur de l'humanité en commençant  par penser à  notre bonheur individuel.




Ilona, Un Monde Parfait, remix techno

jeudi 10 février 2011

Après la désillusion, le désamour...

Hier soir fut une soirée très calme chez les Waterloo, nous sommes restés tous à papoter tranquillement, dans le salon, télé éteinte, puis l'un après l'autre, les gars se sont retirés dans leurs chambres afin de lire pour l'un et travailler pour l’aîné. Rien que de très normal. Il n'y avait rien à la télé, rien que de très normal.

Sauf, le match de foot, France-Brésil, match amical certes, mais affiche séduisante. Depuis la veille Valentin et Hubert l'avaient signalé, ils savaient pouvoir le regarder s'ils le souhaitaient. Hier soir ni l'un ni l'autre ne furent motivés pour mettre TF1 et assister à ce qui fut dans le passé une communion footbolistesque incontournable. Je ne sais pas quelle fut l'audience de ce match, très bonne j'imagine, la télévision n'offrait aucune autre alternative sérieuse pour ce public.


Je ressentis un peu de tristesse, orpheline de l’enthousiasme que mes enfants manifestaient jusqu'à l'an dernier. Mes enfants ont changé, ils ont été surement très déçus par l'attitude déplorable des joueurs français, mauvais résultats, mauvaise ambiance, antipathiques pour tout dire, le contre exemple de ce que  l'on attend du sport. Fric et paillettes avaient mit fin à  l'admiration que mes jeunes portaient à l'équipe de France.

Il y peu, Lhom et ses fils ont regardé ensemble la finale du handball, LHom fut heureux de faire découvrir à ses fils qu'il existe encore des équipes sportives, qui gagnent. La différence d'attitude entre ces deux équipes de France est  stupéfiante. L''équipe de foot, casques sur les oreilles ne se donnant pas la peine de faire un signe d'amitié aux nombreux supporters ayant fait des centaines de km pour les saluer, les hanballeurs, souriants, signant des autographes, fiers de leurs succès, heureux de partager leur joie avec le public.


 Chez les Waterloo, on joue toujours au foot, dans le jardin à la belle saison, mais les jeunes ne portent plus les couleurs de l'équipe de France, seul le maillot de Zidane a encore leur faveur. Peut être devrais je acheter des ballons de hand?

mercredi 9 février 2011

Humour noir, Jeremy Ferrari.

Chère bagnole!

Ce matin, quelques minutes après être sorti, LHom est revenu, un peu penaud, point de voiture là où il l'avait garée.

De deux choses l'une, soit elle avait été volée, voiture récente quoi que d'un modèle ne suscitant pas l'envie, soit elle a été embarquée par la fourrière. Des deux maux je préférais le moindre, un coup de fil plus tard je fus soulagée d'apprendre que l’option fourrière était la bonne.


                                               Image UFC  Que Choisir




Lhom n'utilise pas le parking souterrain de notre immeuble, jugé trop peu commode pour notre voiture un peu trop grande, il se gare très souvent sur un trottoir large d'une dizaine de mètres où la demi douzaine de véhicules rangés en épi, laissent  plus de deux mètres aux piétons, pas de portes ni aucune gêne réelle entraînée par ce parking "sauvage", mais une source de profit possible pour des flics chargés de remplir les caisses de l'état.

Alors que dans la discrétion la plus totale, la France annonce un déficit record cette année, la recherche de revenus est un impératif souverain pour le gouvernement et toutes les collectivités territoriales. Les français sont hermétiques à l'économie, et  ne veulent surtout pas savoir. Ils réclament en coeur:  plus d'argent pour l'enseignement, plus d'argent pour la justice, plus d'argent pour les retraites, plus d'argent pour la sécu (risque de la dépendance), plus d'argent pour... mais il va y avoir nettement moins d'argent, pour tout.


Quel que soit le prochain gouvernement, il n'y aura aucun changement économique, le mur annoncé depuis trente ans  est là, DSK mènerait  la même politique budgétaire, il n'aura pas le choix, et si ce n'est lui, tout autre président sera confronté aux mêmes déficits catastrophiques. Les différences entre les politiques du PS et de l'UMP relèveront plus de la vision idéologique sociétale que de tout autre chose. Par ex: augmenter encore plus impôts, charges et prélèvements pour la moitié des actifs qui en paient ou augmenter d'un point la TVA, certes pesant sur tout le monde mais également sur les produits importés (quitte à instaurer une TVA basse sur certains produits alimentaires de base).

J'accepte de bon coeur cet impôt assez injuste mais dont le dol sera moins grand que si on nous avait volé notre voiture,  je ne peux me révolter contre l'inévitable, perdre de l'énergie dans une indignation stérile, j'aimerais que mon mari se gare dans notre parking, loué avec l'appartement, je ne suis pas sure qu'il s'y résolve mais je ne le changerai pas, et je le sais et je l'accepte. Avec un peu de chance cela sera un avertissement assez clair à mon homme pour qu'en dehors des clous il ne se risque plus trop.

mardi 8 février 2011

Un éclat de printemps.

Ces jours derniers, l'hiver a reculé laissant poindre le bout du nez du printemps. Je n'ai, hélas, pas vraiment pu en profiter, mais heureusement mon salon est inondé de soleil, je fais ainsi de la luminothérapie sans effort.  Hier je me suis réveillée avec un drôle de rêve resté dans ma mémoire.

J'étais dans une maison que j'ai vraiment occupé, il y a plusieurs pages de vie. Camille était avec moi et préparait les enveloppes de ses faire part de naissance. Je sais, ceux qui connaissent Camille savent que c'est Amélie qui va le faire, mais bon , les rêves ne sont pas toujours réalistes....

Camille me demandait de me charger d'en envoyer aux amis de la tribu, presque de la parentèle tribale, lorsque attendant toujours qu'il me donne enfin la liste de ce qu'il avait déjà fait, je décidais de partir arroser, le soir tombait et il avait fait chaud. Il ne me retint pas, ayant hérité du gène "jardinage" de ses deux parents.

Je suis partie à travers mon ancien quartier, ruelles où on ne peut circuler, contournant des jardins dans un lacis rejetant les étrangers. Arrosoir en main, j'arrivais à proximité de la placette où coulait une fontaine, lorsque je rencontrais une amie, Catherine, très "urban chic" pantalon de toile, veste ample, aux  tons sables, grand fourre-tout de cuir bordeaux sous le bras,  lunettes de soleil accrochées dans les cheveux, clefs de voiture en main.. j'étais en jean et tee shirt, mon gros arrosoir vert, vide au bout du bras.


Elle me dit:

C'est vraiment impossible de se garer, en ce moment! J'ai tourné au moins un quart d'heure et je me suis mise n'importe où, j'espère que je n'aurai pas de contravention.

Puis riant


Tiens, et toi tu jardines encore! 


En vrai, rassurez vous, j'arrosais en tirant l'eau benoîtement dans mon jardin, au tuyau..Je sais cela perd de sa magie....

Je me suis réveillée, un air de printemps dans ma tête.

Je jardine, dans ma tête, dans mes rêves, ayant tourné le dos à ma vie citadine.

Hier, j'ai craqué, j'ai passé une commande de rêve au jardin du Pic Vert, en programmant une livraison plus tardive néanmoins, la semaine prochaine il pourrait neiger. 6144 végétaux, et moi, et moi, et moi, je ne savais plus où donner la tête, malgré les moteurs sélectifs de recherche: rusticité (-20°), feuillage persistants, fleurs bleues ou blanches...


Ce site est devenu un de mes favoris de vente en ligne, j'ai compris il y a peu pourquoi, son créateur est informaticien de formation et jardinier de passion. On y trouve toutes les merveilles rares que l'on cherche et qui font perdre  leur latin à nos interlocuteurs, persuadés que l'on est devenu des fous de la secte verte, tant nos passions et langages nous mettent un peu "à part".

J'ai découvert, il y a une semaine, un blog qui alimente mon vice "Un petit bout de paradis". Merveille des merveilles, un jardin que je n'aurai jamais, un jardin sans ballon de foot, talentueux et somptueux et si simplement beau, un oeuvre d'art qui remplit de joie béate  tous ceux qui ont la chance d'aimer les jardins.



                                            Photo du jardin d'Isabelle, créatrice de ce paradis.

lundi 7 février 2011

Jeans et gars!

Mes fils sont nombreux, cinq,  mais tous différents. Il y a cependant quelques points communs à tous. Adolescents comme enfants, ils ont horreur de faire du shopping,  même si c'est nécessaire et comptent, tous,  sur leur mère adorée et efficace, généralement , pour pourvoir à tous leurs besoins, y compris de remplir leur penderie convenablement avec des trucs qui leur plaisent et qui leur vont.

Hier Hubert, me signale qu' un seul jean est à sa taille, donc  toujours sur ses fesses. Immédiatement j'opère une descente garde-robe, élimine, les troués, les trop petits et constate qu'il en manque. Laissés à la campagne encore une fois. La procédure immédiate de secours est enclenchée,  bien qu'il ne fut pas encore dix heures du matin, je me saisis de la pile de jeans de Valentin pour examiner les strates du dessous. Deux jeans furent sélectionnés, essayés et adoptés par Hubert.


J'en fus soulagée, acheter des pantalons à un gars qui grandit est une opération complexe, surtout sans lui. Le temps d'aller faire les magasins et de revenir avec des trophées fabuleux, vous l'avez quitté des yeux et il a grandi!  Il fut un temps où le placard de Guillaume, à l'époque interne,  était plein de vêtements neufs qu'il n'avait pu mettre  que deux ou trois fois. Sa collection de petits frères susceptibles de porter, voire d'user ces achats inutiles atténuait un peu mon immense culpabilité de m'être encore trompés dans les tailles.


Hier matin, Valentin, pas du matin, m'avait regardé examiner son stocks de pantalons. Il m'avait en effet signalé  au début des soldes qu'un Jean ou deux seraient les bienvenus.  Il avait aussi décliné mon offre d'aller en acheter lui-même.Ayant repéré que Vente Privée faisait une vente Levis dès demain matin sept heures, j'avais samedi soir,  examiné l'étiquette  sur ses fesses. 32-32, il m'avait dit à juste raison que ce jean était un peu court, soit 32-34, en me connectant à six heures cinquante cinq sur le site je devais avoir mes chances.


Dimanche en rangeant la pile de jeans, je me suis rendue compte qu'il y en avait de deux "largeurs" différentes dans ses 501 , 32 et 33, Valentin n'avait pas pris de café, les idées comateuses il me soupçonna d'attaque déloyale lorsque je lui demandai:





Ils te vont tous?

S'en suivit un dialogue merveilleux.

Ouais, j'sais pas!


Valentin tu sais quand même si tu peux les porter ou pas!


Les tailles, elles changent tu sais!


Quand même, je veux bien acheter du 32 ou du 33, mais je veux savoir!


Bof, je vais maigrir tu sais!

Valentin, si j'achète mardi des jeans, je veux qu'ils t'aillent tout de suite!


Tu sais les jeans "ça se fait" quand tu les portes....


Je compris alors que les gars question jeans c'est un peu comme les nanas, faut pas les ennuyer avec leurs tailles. LHom intervient:

Pene, c'est pas grave, entre Guillaume, Valentin, bientôt Hubert  et les autres cela ira toujours à quelqu'un ces jeans!

  Et tout cela pour rien peut être, car ne sachant en avance quelles coupes de pantalons seront mises en vente, ni quel rabais accordé, je n'achèterai peut être rien, mais sachant que les bonnes "pièces "seront arrachées en moins de cinq minutes, mes idées doivent être claires avant l'ouverture de la chasse.

vendredi 4 février 2011

Droit de préemption sur les enfants.

Hier matin, je me suis levée, révoltée, il a fallu que quelques clics pour vérifier la vérité de ce qui a provoqué ma colère. Les enfants sont des objets, qui, appartiennent à leurs parents, biologiques tant qu'ils ne sont pas abandonnés.

Cela se passe dans une ferme du Gers, un jeune ménage élève une petite qui leur a été confiée par la DASS à deux mois et demi, il y a cinq ans. Ce jeune ménage au départ souhaitait probablement offrir de l'amour à un enfant tout en leur permettant de boucler un peu mieux leurs fins de mois, l'amour les surprit, l'assistante sociale leur avait même parlé d'adoption. En fin de semaine dernière, Cindy a été arrachée à ses parents de coeur, elle n'a pu emporter ni  pyjama ni même son doudou. Cindy  a été confiée à  une autre famille d 'accueil,  qui est  priée de ne pas trop l'aimer.






Séverine et François Boyer se sont vus enlevés brutalement Cindy car ils tissaient des liens trop forts avec elle et elle les aimait comme ses parents. Crime capital, ils aiment cette enfant comme la leur, ils ne devraient pas. Ce jeune ménage ne bénéficie d'aucun appui, anonymes, seuls devant la machine infernale de la logique administrative les broyant. Le père bio de Cindy va la voir régulièrement,  il ne faut pas que Cindy soit trop heureuse dans une famille d'accueil.

Dans mon Forez adoré, il y eut un cas similaire chez un de mes voisins. Un ménage jeune encore, ayant quatre enfants bios, éleva un enfant dès sa naissance, parents bio désemparés, mère hospitalisée pour de longs mois à cause d'une dépression sévère. Cédric fut élevé une bonne dizaine d'année par Tatie et Jeannot, puis il repartit vivre chez son père bio, brisant le coeur de toute sa famille d'accueil, frères et soeurs, grands parents tous le considéraient comme "le petit dernier".  Seuls quelques kilomètres séparaient les deux familles aussi, très vite, Tatie garda le petit garçon le mercredi, ou le week end pour arranger le père bio, élevant courageusement mais avec difficulté son fils. Les liens ne furent jamais rompus, Cédric est aujourd'hui un jeune homme de vingt ans,  ayant pu se construire grâce à ses deux familles.

Nous avons tous été émus du drame de  Laetitia, enfant confiée à dix ans à une famille d'accueil, parents d'adoption de coeur chez qui Laetitia et sa jumelle Jessica ont souhaité rester lorsqu'elles eurent dix huit ans, en voyant la douleur de cette famille d'accueil nul n'a été outré de leur attachement excessif, débordant du devoir de réserve qui leur était demandé.

Une pétition circule Pour  le bonheur de Cindy, je l'ai signé,et aurais aimé signer une pétition pour que cesse l'objetisation des enfants,  un enfant n'est pas un bien mobilier, il est"à moi" j'en fais ce que je veux. Je suis souvent  stupéfaite du droit régalien des parents biologiques, surtout devrais je dire des mères, droit de vie de mort, d'abandon sans abandon, en France une petite lettre suffit  pour conserver des droits sur  son enfant.

"Psitt, il est à moi, j'en fais ce que j'en veux, n'y touchez pas, ne l'aimez pas!"


Tout cela tient il compte des droits à l'amour qu'ont les  enfants?

jeudi 3 février 2011

De la liberté des peuples.

Le monde arabe bouge, et notre monde occidental tremble . Entre espoir que ces peuples puissent enfin connaitre la démocratie et crainte que ce ne soit, comme cela fut en Iran qu'un échange de dictature. Espoir que tout se passe comme pour la révolution du Jasmin et crainte de répression comme à Tian'anmen, chars roulant sur la foule.

Plusieurs fois par jour je ne peux m'empêcher de me connecter sur Al Jazeera, afin de voir ce que cette chaîne arabe du Qatar, donne comme info. Je lis ici ou là des nouvelles qui m'angoissent sur les  Frères musulmans , vérité ou désinformation?  Nul, aujourd'hui ne peut savoir ce que vont devenir ces nations dont le peuple se révolte.


Faut il accepter que les peuples souverains choisissent d'aliener, selon le point de vue occidental, leurs libertés au profit d'un pouvoir appliquant la Charia?




Je vois défiler dans ma tête tous ces manquements aux libertés qui nous paraissent fondamentales:

Mariage conforme à la Chariaa, au Maroc
Ramadan imposé, emprisonnement en cas de manquement (Algérie)
Femme battue pour attitude immodeste (port du pantalon?  au Soudan)
Femme condamnée à mort pour blasphème au Pakistan (femme chrétienne  ayant par bravade bu de l'eau dans le verre d'une voisine musulmane)


La liste serait plus longue qu'une litanie si je souhaitais mettre tout ce que ma conscience d'occidentale judéo-chrétienne se souvient, ne serait ce que pour cette année. Mais je sais qu'alors je me comporte comme les vieux colonialistes, impérialistes, en souhaitant imposer ma culture, partout.

Qu'est la liberté? Est ce la même chose pour tous? La démocratie est elle souhaitable partout?

Au risque de mourir, en ce moment des égyptiens place Tahrir , se révoltent, contre la dictature, contre la vie chère, contre la misère. Qui sommes nous pour les soutenir? Qui sommes nous pour juger.

Même si nous savons que hélas vie chère et misère rimeront aussi peut être encore plus avec le destin qu'ils choisiront.


Inch Allah!

Listes des pays appliquant La Charia:  l'Iran, la Libye, l’Arabie saoudite, le Bahreïn, les Émirats arabes unis, le Qatar, l'Oman, le Yémen, le Pakistan, l’Afghanistan . De plus, la charia a été introduite dans la législation de certains pays au cours du XXe siècle : le Soudan, le Nigéria (quelques États du nord) et la Somalie, le Maroc, l'Algérie,le Pakistan. Apparition de  85 tribunaux islamiques, pour les problèmes matrimoniaux, en Angleterre


A propos de la Charia: La Charia incomprise ( Hani Ramadan), Mejliss, un portail de la communauté musulmane

mercredi 2 février 2011

Les broderies d'Hubert.

Poupées et broderies ne sont habituellement pas les passe temps favori de mes gars, cependant, parfois on a la surprise de voir que nos enfants font fi de toutes conventions sociales, cela nous surprend, nous désarçonne  et parfois nous intrigue.

Hubert, est un jeune gars, plutôt assez brute que délicat, intelligent il a la chance folle d'être tant manuel qu'intello, il est celui qui dépèce avec avidité toutes les carcasses d'ordi, remet en marche sans rien dire les trucs en panne, bricole des solutions de son invention depuis son plus jeune âge pour tout ou pas grand chose. Il y a deux ans environ, il me demandait du matériel pour broder. J'ai cru à une plaisanterie ou une tocade, je ris, et rejetai sa futile idée. Acheter tout un matériel pour le voir encombrer un tiroir ne me disait rien. Il insistait. je plaidais: Personne ne pourra t'apprendre, seule Alice sait broder dans la famille et tu sais, moi, je suis vraiment sous douée!

Ce jeune gars est aussi méthodique que déterminé et sa patience générale aurait du me faire comprendre qu'il ne s'agissait pas d'un caprice. Il en parla avec Alice, je suppose qu'il insista et quelques temps plus tard, de passage à la maison,  Alice lui donna un peu de matériel . Il s'entraîna tout d'abord sur un bout de toile, puis, lors d'une naissance réclama un bavoir à broder, je lui achetais alors quelques écheveaux de couleurs harmonieuses deux ou trois  bavoirs et observais la suite des évènements.

Alice brodait beaucoup, jeune fille, et avait pris l'habitude d'offrir, bavoirs ou couvertures de carnet de santé,  sorties de bain ou nappes, brodées de son monde imaginaire. Hubert a pris la relève, dans la famille, les schémas traditionnels sont un peu effacés car je ne brode ni ne repasse,  et lLhom ne renâcle pas à m'aider, il n'y voit là, nulle atteinte à la réputation de sa virilité.





Aujourd'hui, Hubert s'est remis à sa broderie, et si ce n'est que j'ai dû le décourager de broder le sigle de l'OM  sur le bavoir de Perrine, ses choix de motifs deviennent tant par leur esthétique que par leur exécution tout à fait superbes. Mes garçons m'ont parfois étonné par leurs jeux, tout petit Yann jouait beaucoup à la poupée. Peu après  la naissance de  Camille, je trouvais  un jour Yann jouant avec un poupon sur son lit, Charlotte étant absente, devant mon air ennuyé,  il m'assura:

C'est ma poupée

J'essayais de la raisonner, lui expliquant qu'il ne pouvait s'approprier ainsi d'une poupée de sa soeur. Je cherchais encore une solution acceptable par les deux enfants lorsque Charlotte de retour a confirmé lui avoir donné un poupon ainsi que le matériel nécessaire (lit, biberon..). Le poupon avait été baptisé Anne par Yann très heureux de ce nouveau jeu.

J'ai du cacher à  mon beau père le "vice" de Yann, il trouvait déjà ce petit garçon trop fin, trop mignon, pour tout dire efféminé! Yann était un superbe petit garçon sensible et un peu timide, je ne l'inscrivis jamais au rugby ainsi que mes beaux parents le souhaitaient et essayais de l'élever en le protégeant tout en l'endurcissant. Quadrature du cercle où je me suis pas mal cassée les dents. Yann ressemble aujourd'hui je dirais, à Eric Cantonna, un gros tendre sous des airs de brute.

Mes petits fils ont tous aujourd'hui des "bébés" , Charlotte trouvant naturel d'acheter des poupons à ses gars comme elle avait trouvé naturel de céder une de ses poupées à Yann. Les fils de Yann possèdent, poupons et cuisinière....  Et voir ma grosse brute d'Hubert copier des modèles d'oursons que je lui ai déniché sur internet  ne  fait plus sursauter personne, tout juste si ses frères et soeurs, sachant Alice débordée entre bébé et boulot, ne lui passe pas de  commande.

mardi 1 février 2011

Etes vous esclave de vos ados?

Je suis une mère rebelle, je le sais, on me l'a dit, et l'ai constaté, j'ai fait le test du Figaro,"Etes vous esclave de vos ados?"  en voici le résultat.




Vous vous êtes rebellée.



Là, ça va ! Les deux étés précédents ont été un genre d’enfer et vous en avez tiré des leçons. Vous préférez les savoir contents chez des copains plutôt que jouant les boulets dépressifs avec vous. Et vous ne louez plus une immense maison où personne ne vient jamais, mais finalement si, mais finalement non – « enfin… on te dit quand on sait, maman ». Ils se caseront là où il restera de la place, on trouvera bien. Même attitude pour les horaires. Les repas sont servis à une heure connue de tous, et basta. D’ailleurs, il y a souvent de la ratatouille (avec des poivrons dedans, sorry !) au menu. Et si vous avez envie de faire de la gym en musique sur la terrasse à 8 heures, peu vous chaut que certains « comatent » dans les chambres au-dessus... Chambres dans lesquelles ni vous ni la femme de ménage ne mettrez les pieds pendant le séjour de vos chers petits !
Ce que ça cache ? Votre cynisme teinté d’un certain sadisme – vous savez bien que Basile déteste les poivrons ! – n’est pas sans évoquer la déception amoureuse. Vous en faites un peu trop dans le genre mère-plaquée-qui-se venge. Attention de ne pas les pousser dehors alors qu’ils n’en ont même pas envie !



Ce test est  à la fois tout faux et tout juste. Mère de sept enfants, belle mère de quatre autres, grands mère de huit ainsi que mère d'adoption de maints squatteurs de passage, mon attitude est parfaitement naturelle. Je ne cherche plus depuis très longtemps à conformer mon attitude sur ce que je pense qu'ils attendent de moi. D'ailleurs ils n'attendent pas du tout tous la même chose de moi. J'ai acheté une grande maison, il viennent tant mieux, ils ne viennent pas tant mieux aussi, le principal est qu'ils se sentent libres et soient heureux, avec ou sans nous.


Les jeunes savent s'organiser lorsqu'il le faut. Guillaume et Alice savent que Lhom et moi leur prêtons volontiers la maison pour un week end entre copains, mais que les week end à rallonge n'étant pas nombreux, ils doivent poser des options dessus longtemps avant, ils savent aussi que m'occupant que peu ou prou de préparer de fins petits repas, peu me chaut qu'ils arrivent seuls ou à cinq ou six.

Il y a bien longtemps que je mène ma vie, avec mon homme et mes plus jeunes enfants que les jeunes soient là ou non. Il y a quelques années, j'attendais gentiment que mes jeunes ménages aimant vivre l'été à l'heure espagnole soient prêt à dîner pour passer à table, résultat des courses, j'étais affamée, de mauvaise humeur rien qu'à l'idée de devoir finir de ranger la cuisine à 22h , je suis maniaque et ne peux me coucher la cuisine dérangée, un tant soit peu. A présent, je ne demande plus rien à personne et passe à table vers dix neuf heures ou plus, quand mon estomac crie famine, LHom dîne avec moi, les jeunes ados perpétuellement affamés aussi et bien souvent il ne se passe pas un quart d'heure sans que la tablée soit entière ou presque, chacun apportant son couvert et prenant une chaise, voire rapprochant une table afin d’agrandir le cercle.

De même je me lève l'été dès potron minet, et  profite seule avec joie du calme et de la beauté de la maison, des brumes du matin, des oiseaux à qui je donne à manger, de mon café bu en écoutant la radio, savourant aussi l'harmonie de toute choses, sans remord à six heures du matin, ayant bien souvent une première journée personnelle dans mon jardin avant une heure socialement avouable.


J'essaie de pousser dehors mes "petits" mais ma méthode bien qu'approuvée par ce test, ne marche pas, car la contre partie de notre liberté, nous parents, est aussi la liberté des enfants. Mis à part l'heure du déjeuner, sonné à la cloche, aucun  autre rendez vous obligatoire ne ponctue la journée, si un ado préfère son ordi ou sa X box au dîner, personne ne dira rien si ce n'est qu'il prend le risque de devoir se contenter des restes de la tribu. Je ne pense pas être sadique, mais à partir du moment où l'on évite les poivrons dans la ratatouille, on ne met plus d'ail, ni d'aubergine d'ailleurs, on sert a lors juste des pâtes pour accompagner le barbecue! 


Le premier pas de la rébellion est le plus dur à accomplir, ensuite tout s’enchaîne, de mère rebelle d'ado, on devient mère rebelle, belle mère indigne et grand mère en dessous de tout. La perfection s'éloigne et je ne m'échine plus à essayer de l'atteindre, la frontière que je ne souhaite pas franchir est celle de l'égoïsme, mais là encore ce fil est invisible, fluctuant, le repérer pas toujours évident...