mardi 20 septembre 2016

Nos ancêtres les gaulois.

Quand j'étais enfant, au Cameroun, seule blanche de ma classe, nous apprenions en ânonnant:

Nos ancêtres les gaulois, je me souviens qu'ils vivaient dans des huttes, élevaient de la volaille, cultivaient des champs,  travaillaient le bois? Pas grand chose de plus, j'aimais bien, c'était paisible, mais je me souviens très bien des rires et sourires furtifs de rangs en rangs, mes "copines noires" se moquaient totalement d'avoir ou pas des ancêtres gaulois et apprenaient avec moi le "ciment français".

Ciment français fait de chansons enfantines, de contes racontés aux petits enfants, de coutumes, des oeufs de Pâques aux sapins de Noël, coutumes parfois justes régionales, d'autres nationales, personne alors ne songeait à remettre les justes vérités à leurs places, heureusement, on ne nous parlait pas du massacre des vendéens, ni d'ailleurs d'aucun massacre perpétré durant la Révolution, on nous présentait une "histoire de France "rhabillée" pour les petits enfants et nous nous en portions fort bien.

La France d'alors était généreuse et donnait des ancêtres gaulois à tous les français, et les français trouvaient cela bien, parfois un peu incongru, mais sympa quand même. J'ignore l'histoire du Cameroun,  mais j'imagine des luttes sans fin entre tribus, luttes féroces, cannibalismes, esclavagisme, je ne suis pas certaine, qu'apprendre le vrai passé du Cameroun aurait aidé mes jeunes condisciples à vivre sereinement leurs vies.

Au Cameroun, il n'y a pas de Mont Saint Michel, ni de Versailles ni même de Tour Eiffel, alors partager ce passé riche en histoires mythique est aussi un cadeau qu'on leur fait, ils sont français à 100% et leurs ancêtres sont autant gaulois que les miens.

Apprendre "nos ancêtres les gaulois" à tous les petits français signe une adoption plénière, nous offrons le passé fantasmé des FDS à tous les petits français et pour faire bonne mesure,  nous devrions aussi leur apprendre à chanter non La Marseillaise mais  Meunier tu dors, Frère Jacques, et encore A la claire fontaine.

Sarkozy a parfaitement raison de vouloir reprendre ces abécédaires de culture commune aux programmes de l'Education Nationale, seuls les imbéciles ont pris son message à la lettre, les autres  en auront compris l'esprit, mais pour décrypter l'essentiel de ce message peut-être faut-il un pré-acquis que n'a pas cette charmante Belkacine.


350 millions d'albums d'Asterix vendus ne viendront pas me contredire, on a  tous besoin d'un petit ancêtre gaulois chez soi.





9 commentaires:

Le chêne vert a dit…

Apprendre "nos ancêtres les Gaulois" est déjà fondamentalement archi faux, la France a été construite sur le pluralisme, les gaulois n'en sont qu'une petite partie. ça c'est la première chose. La deuxième c'est qu'on devient ridicule en faisant ânonner à des petits enfants noirs ce genre de fausse vérité. Ils ne sont pas dupes, la preuve "ils ricanaient". Toute vérité n'est peut-être pas bonne à dire mais construire sa culture sur le mensonge est carrément insensé. L'Histoire doit s'apprendre en fonction des lieux où l'on vit, la France s'intègre alors comme une unité entre nos diverses histoires . Nous ne sommes pas mieux que ces petits noirs d'Afrique et avons à notre actif autant de désordres qu'eux dans notre développement. Nul n'est obligé en racontant nos vies d'insister lourdement sur les malheurs. Il faut apprendre aux enfants à prendre de la hauteur, en vue d'acquérir petit à petit un sens critique source de toute construction.
Apprendre "nos ancêtres les gaulois" est passé de mode comme de dire aux enfants que "les garçons naissent dans les choux et les filles dans les roses". Au moins sur ce point on leur dit en général la vérité et nos petits ne s'en portent pas plus mal.

Ladywaterloo a dit…

Bien sûr tu as raison, mais donner aux petits enfants une culture simple et accessible les construit, leur donner la même culture, une base commune les "unit". Les petites noires rigolaient des gaulois, mais comme à une bonne blague,gentille, le coup des roses et des choux, là, elles auraient hurlé de rire et se seraient moqué, de toute manière à l'école le passé est toujours magnifié et bidonné (ex, la Révolution Française/ Napoléon..).

On n'arrive même pas à parler sereinement de la dernière guerre, mon gendre alsacien-lorrain, était hyper gêné de m'avouer que ses deux grands mères étaient très partagées entre leurs deux nationalités, l'une d'elle se sentait plus allemande que française (elle parlait un patois allemand, c'est auprès d'elle qu'il a appris l' allemand tout petit)

On sait tous avoir des gènes venant d'un peu partout, mais cette vérité plus complexe peut être abordée sereinement en fin de primaire, vouloir faire dans la différenciation dès la toute petite enfance insécurise les enfants. Le fait est aussi, que nos gènes FDS viennent essentiellement de l'est et du nord de l'Europe, germains, celtes, très peu de l'Afrique et les populations migrantes ayant du mal à s'assimiler ne sont pas européennes.



Trop d'enfants français ne se sentent pas français, il faut donner une solide culture commune à tous les enfants, culture du pays accueillant, une fois ce socle acquis, colonne vertébrale du "être ensemble" les nuances et grandes différences viennent enrichir ce socle.

Quand on adopte un enfant, on lui parle des aïeux de sa famille adoptive comme de ses propres aïeux, sans oublier sa famille "bio", c'est le même principe.

margo a dit…

Nous vivons en proche banlieue parisienne dans un milieu très multiculturel et mes deux dernières filles (20 et 22 ans et étudiantes dans cette même ville et adoptées en Afrique) me racontaient dernièrement que beaucoup de jeunes blancs "s'inventent" des origines lointaines complètement farfelues. Ex : je m'appelle Joséphine Lenormand et mes grands-parents sont espagnols et italiens. Evident, n'est-ce pas vu le nom. Et ce n'est pas un cas isolé. Comme s'ils avaient honte d'être franco-français parmi les colorés.
L'origine, la couleur de peau, le crêpu ou non des cheveux est un thème récurent chez les afro-antillais. Les tu viens d'où, ah bon t'es pas antillaise (t'es sûre?), c'est pas possible que tu sois africaine t'es trop claire, bah alors t'es métisse (non!!!) cela vient toujours des noirs.
Pour les blancs généralement un noir est un noir. Foncé ou clair. Africain ou autre il s'en fout il ne fait pas la différence.
C'est sûr qu'en France beaucoup de jeunes d'origine étrangère ne se sentent pas français et le revendiquent. Mais mettez les à l'étranger (Etats-Unis par ex) ils sont français d'un coup.
C'est une mode je pense, qui passera, comme ces jeunes antillais, nés ici, qui dans la rue ne se parlent qu'en créole pour "faire genre", c'est trop cool ça nous distingue.
La situation n'est plus du tout la même qu'il y a seulement quinze ans. Les clans se durcissent, se mélangent beaucoup moins, on se regroupe et sort entre gens du même pays, de la même origine, chacun essayant de garder "sa culture".
Enfin c'est ce que je vois ici et ce que me relate mes quatre enfants qui ont accès un peu partout du fait de leur souplesse mentale et de leur facilité à s'adapter aussi bien avec Sophie que Kenza ou Aïssata.
J'espère que cela changera, qu'une base commune pourra redevenir un socle mais personnellement j'en doute tant on a fait l'apologie des "différences" par le passé sans se préoccuper de valoriser nos ressemblances et points communs.

Didier Goux a dit…

« Apprendre "nos ancêtres les gaulois" est passé de mode comme de dire aux enfants que "les garçons naissent dans les choux et les filles dans les roses". »

D'abord, rétablissons la vérité : la formule authentique est : « Les garçons naissent dans les choux et envoient les filles sur les roses. »

Deuxièmement, vous établissez une équivalence entre deux choses de nature fondamentalement différentes, dans la mesure où jamais les enfants ne sont nés dans les choux ou les roses (c'est une image), alors que les Gaulois sont bel et bien nos ancêtres, même si cela vous déplaît et vous pousse à énoncer des contre-vérités (pour rester polis). Car la France, disons depuis 2500 ans, parce qu'il faut bien se donner un cadre, depuis 2500 ans, donc, la France ne s'est nullement construite suer ce que vous nommez assez comiquement le "pluralisme" (je suppose que vous voulez parler de "diversité ethnique") : que ce soit les Romains après Jules César, puis les Francs et autres peuplades venues de l'Est, leur nombre était suffisamment réduit pour que l'essentiel du subsrtat soit resté gaulois. C'est la culture gauloise qui a disparu : les populations, elles, sont restées.

Anonyme a dit…

Environ 20 millions de gaulois rien qu'en Gaule, si je ne m'abuse, au début du 5 ème siècle. Les envahisseurs étaient non seulement bien moins nombreux, (dix fois moins) mais une bonne partie a continué vers l'Espagne et jusqu'en Afrique du Nord, d'autres en Italie...
Les dialectes gaulois ont été parlés jusqu'au cinq ou sixième siècle voir plus loin malgré le latin des juristes des savants et des prêtres. Le breton actuel est un parent plus ou moins éloigné. Oui, les français déscendent principalement des gaulois (même moi qui suis d'origine belge). Quel mal y a-t-il à ça?

Nous avons besoin d'avoir des ancêtres dont nous soyons fiers, sinon nos jeunes s'en cherchent d'autres, et pas toujours des très recommandables.
@Margaux : depuis le temps que la France se montre sous un jour haïsssable, méprisable et faible à ses enfants ou à ceux qui devraient l'adopter comme mère, comment s'étonner que ceux là n'aient pas envie d'être français. Paske c tro la onte! Il y a toujours deux faces à une médaille. On ne montre que le revers de la notre. l'esclavage par-ci, la défaite faca à l'Allemagne par là... alors qu'elle a aussi un avers, et qu'on peut y trouver mille raisons d'en être fiers. On peut choisir la repentance, mais alors il faut s'attendre à être humilié. Impossible d'aller de l'avant avec une telle attitude. Ou bien nous relevons la tête, ou bien nous sommes morts. Car la nature a horreur du vide, et nous serons soumis par de plus fiers que nous.

Alfred

Anonyme a dit…


c'était bien d'être enfant dans les années soixante...

https://www.youtube.com/watch?v=p06-RZCyC1E

Geneviève Boyer a dit…

Sarkozy a voulu prendre un raccourci (peut-être exprès) mais (ou car) avec ce thème c'était couru d'avance. La Najat s'est jetée dessus avec une hargne indigne d'une ministre et -le comble- en étalant son ignorance. Le philosophe A. Bidar s'est lui aussi lamentablement emberlificoté avec Vercingétorix. Et cette frénésie de la délimitation entre gaulois blancs, arabes blancs, africains noirs, c'est un comble quand en même temps on clame qu'il n'y a qu'une seule race ! il faudrait savoir ..
J'ai attrapé plusieurs fois dans votre article et les commentaires le mot "adopté" et je pense que c'est de cela qu'il s'agit. Sarkozy sait très bien qui sont ses ancêtres, il ne les renie pas (et il les connait) mais il a adopté la France, qui l'a adopté.
Je vous rejoins dans ce qui est important pour les tout-petits : non pas la vérité vraie de l'adulte, mais, quand il questionne (et pas avant) une réponse qu'il est capable d'assimiler à l'âge qu'il a. L'important est d'abord d'avoir des ancêtres, les mêmes pour tous dans un 1er temps, c'est votre image de la colonne vertébrale. En France ce sont les gaulois. Voilà. ENSUITE ils intègreront ce qui les distingue -et les rapproche- les uns des autres. La couleur de la peau les tout-petits ne la voient pas plus que la couleur des yeux. Les forcer à prendre en compte tout ce que nous adultes avons intégré comme informations, et les forcer à intégrer des jugements de valeur trop tôt les empêche de démarrer sur du solide. Et on à tous les coins de rues des hyper-actifs ne sachant pas quelle est leur place, "traités" par psychotropes, ou des dénarcissisés sans estime de soi traités aux anti-dépresseurs.
Ce que dit Margot est la réalité avec laquelle nous avons à faire : des jeunes ne se sentent valorisés que s'ils réussissent à dénicher dans leur ascendance un non-français .. c'est dire le désarroi qui ne peut conduire, si on n'y oppose aucun discours valorisant, à leur destruction soit en agressant l'autre soit en s'agressant soi-même.
Les gauchistes, qui ont commencé à utiliser ce thème de la différenciation entre les non-français soit disant bons et les français soi-disant méchants dans le seul but de se partager les électeurs (à toi le public et les étrangers, à moi le privé et les desouche, et que le plus fort "gagne") ont atteint un niveau d'indignité inégalé, et surtout une responsabilité quasi-criminelle envers la jeunesse : occupés par leur seule élection/réélection, ils ne travaillent qu'à les dresser les uns contre les autres : en faire des pantins humiliés ou des soldats revanchards, et attendre la castagne pour profiter du chaos.
Ce qu'évoque l'expression "nos ancêtres les gaulois" enseignée hors de France n'a rien à voir avec ce que la dramaturgie gauchiste monte en épingle, d'une part. D'autre part qu'ils demandent aux mannes de Jules Ferry pourquoi et comment cela s'est fait. Ce n'est absolument pas un motif de honte, bien au contraire : Najat serait-elle ministre en France sans cela ?

Le chêne vert a dit…

Très intéressant...
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/09/20/01016-20160920ARTFIG00186-nos-ancetres-les-gaulois8230histoire-d-une-expression-controversee.php

Anonyme a dit…

L'histoire a toujours été utilisée en politique. Napoléon III, qui avait par ailleurs une véritable passion pour l'histoire, a utilisé celle des gaulois -en la magnifiant nous sommes d'accord- pour donner au peuple une sensation d'unité, un sentiment patriotique, avec l'antagonisme entre Allemagne et France comme arrière pensée. Depuis quelques décennies l'histoire est utilisée au contraire, comme beaucoup d'autres arguments, pour saper le sentiment de légitimité du français de souche, à prédominer sur le territoire que ses ancêtres et lui-même ont fait fructifier, face aux nouveaux arrivants auxquels il est prié de faire une place toujours plus large. Des scientifiques pour étayer ces vues, il s'en trouvera toujours. Il suffit, comme pour le réchauffement climatique, de mettre en avant les travaux de ceux-ci et d'éviter de faire d'autre publicité à ceux-là que celle du persiflage, pour donner l'illusion que la science est du côté de la version officielle.
Il faudrait que je ressorte les commentaires de la guerre des gaules de Cézar, mais il me semble qu'il y dit qu'il y a en gros trois grands peuples en Gaule transalpine, la Gaule celtique (en gros plus grosse partie de l'actuelle France d'est en ouest) la Belgique, (toute une bande est ouest à la hauteur de Beauvais) et l'Aquitaine, qui prolonge la Narbonnaise, déjà sous contrôle romain depuis longtemps. Ces trois peuples ont des coutumes et des langues qui diffèrent, reste à savoir jusqu'à quel point. Mais les celtes sont sans conteste les plus nombreux sur un territoire immense et si les différentes tribus se frottent souvent entre elles, comme plus tard les féodaux, ils parlent des dialectes assez proches et leurs coutumes et croyances sont similaires.
Ensuite, que telle histoire soit plus vraie ou pas qu'une autre, est préférable mais pas vital. Le principal est qu'elle intéresse les écoliers et leur donne envie d'en être les héritiers, quelque soit leur origine.

Alfred