mardi 31 janvier 2012

Jour de neige.

Aux dernières vacances les enfants l'avaient attendue, elle était venue mais n'avait pas tenue. Ce matin, le jardin avait un air presque de fête, les premiers jours de neige sont toujours magiques. Le vieux balai de genêts a repris sa place au coin de la porte.  Les oiseaux viennent plus nombreux  se nourrir sur le muret de la terrasse, dès que la neige cesse de tomber il se mettent à chanter le silence devient moins oppressant.









Je ne me suis pas aventurée plus loin que le bout de mon jardin, le froid s'est intensifié et je suis rassurée  de savoir que ce manteau de neige protégera mes plantes les plus fragiles lorsque le thermomètre tombera d'ici un jour ou deux à -16°, ressenti -25°,  je ne ressentirai  alors rien du tout,  je resterai encore au coin du feu pendant que sévissent ces températures sibériennes et ne  mettrai le bout de mon nez dehors uniquement afin de nourrir les oiseaux.




J'avais écrit un autre billet sur l'Empereur et le Bateleur, deux figures du tarot de Marseille qui me paraissaient bien illustrer  deux acteurs de la campagne électorale que nous subissons en ce moment, je m'astreint à ne pas rater les grands rendez vous des différents candidats, je fais partie des 40% des français qui savent pour qui ils voteront, sauf que je change au fil des jours selon ma perception du moment et de la situation, je rejoins alors la majorité des électeurs, dubitatifs. Les mots posés  m'ont paru dérisoires je n'ai pas réussi à les façonner, un coup de téléphone m'a interrompu, alors d'un clic j'ai tout supprimé.

Le mois de janvier s'achève et j'en suis heureuse, ce début d'année m'a paru en suspension, comme une attente sans trop savoir ce que j'attends, sinon la moindre lueur annonçant le printemps.




lundi 30 janvier 2012

Des listes de mariage.

Finalement la polémique ne me fait pas franchement peur, et je sais que ce billet risque peut être  de m'attirer des foudres, mais pourquoi ne pas dire ce que l'on pense si cela peut aider (ou pas)  certains? D'ailleurs je songe ouvrir un libellé "De mon indignité" je pourrais mettre sinon  "Mon côté emmerdeuse" ou plus joliment  "Côté noiseuse" Mais est ce nécessaire? Pas vraiment....

Je commence à  recevoir, prémices de printemps, des faire part de mariage et donc explore des listes, du Printemps aux Galeries Lafayette ou bien encore chez 1001 listes,  rien de bien nouveau sous le soleil des mariages, assiettes, couverts et verres tiennent dragées hautes sur les listes et leurs  prix atteignent des sommets.

Pour la première fois, je vais boycotter les listes, marre de savoir que je vais en fait participer une cagnotte pour un voyage ou tout autre chose sans que cela soit dit expressément, listes faites rapidement sur internet, comment penser raisonnablement qu'un jeune ménage va réellement prendre un service à fondue à 197euros,  une poêle à 207, 50 euros  ou encore  un sel/poivre sur plateau à 305 euros....

Outre les prix, les objets sont d'un classicisme tristounet, assiettes blanches, service à café blanc, saladier blanc (à 255 euros, quand même).

La liste a été faite par une de mes adorable nièce, pressée qui ne s'est probablement pas déplacée,  et sur internet, le choix des objets est très restreint. J'espère  cependant qu'elle va être complétée, par des objets sympas, qui résulteront d'un vrai choix personnel,  qu'elle aimera vraiment avoir chez elle. Je suppose, quoi qu'il en soit,  qu'avec la cagnotte ainsi récoltée elle prendra le temps  de choisir des choses qu'elle aime, mais suis déçue de ne pouvoir entre apercevoir ses goûts et envies.

Lorsque mes enfants ont fait des listes de mariage, je les ai examinées d'un oeil critique, car mon côté noiseuse s'exprime d'abord auprès de mes proches. Je leur ai toujours demandé de mettre des objets "coups de coeur" , de pas cher du tout à éventuellement assez cher. Alice avait choisi des objets valant une dizaine d'euros très mignons, tout le monde doit pouvoir faire des cadeaux sympas qui seront effectivement retenus par la jeune femme, les listes ne sont pas qu'une pompe à fric.

Ainsi du presse-orange en plastique opalescent rose fushia aux assiettes à dessert anglaises, au charme suranné jusqu'au service à café d'une créatrice, finalement pas plus cher que Bernardaud mais bien plus beau ( Si vous prenez le café chez elle, sachez que de sont  les mêmes tasses que Cécilia ex Sarkozy, qui a déposé sa liste , un an plus tard, au Bon Marché).  Tout le monde a pu se faire plaisir en choisissant un cadeau qui  lui plaisait et cela en respectant les moyens financiers de chacun. Plusieurs de mes amies proches m'avaient félicité pour cette liste, ayant trouvé très agréable le choix d' Alice qui  y avait  cependant consacré deux journées entières, mais dans la vie d’une jeune fille d'autrefois on brodait son trousseau durant des mois!

Je trouve stupéfiant que les mariages se déroulent encore en suivant un cérémonial et des habitudes que les modes de vie ont pourtant bien bousculé.


Cela commence avec le choix des faire part puis continue avec les listes. Si j'adore utiliser mes magnifiques verres en cristal, je ne le fais plus lorsque j'ai des invités depuis que j'ai vu une de mes amies blanchir pour avoir craint d'en casser  un alors qu'elle renversait un verre d'eau, je n'utilise jamais mon argenterie, elle est lourde et  sans charme particulier et je préférerais, tant qu'à faire, avoir un service ancien. Je suppose qu'à la génération suivante les rejets de ces us sont encore plus marqués et que, si les jeunes aiment avoir de beaux objets, ils ne seront pas obligatoirement stéréotypés: assiette blanche au filet d'or, verre en cristal à pied (la mode des grands pieds a fini par céder devant l'impossibilité de les caser dans un lave vaisselle) et argenterie, modèle Coquille, Perle voire Cluny (sans rien)...

L'an dernier j'ai adoré aller piocher sur une liste chez Castorama (ou Merlin, je ne sais plus) pour un jeune ménage cohabitant, ce qui est le cas de plus de 90% des fiancés et rénovant des vieilles pierres. Lorsque je tombe sur des listes stéréotypées, j'ai deux tendances, la première est de fuir la seconde de me montrer pingre, évidemment je n'en ai jamais rien fait et jusqu'à présent ai respecté scrupuleusement les conventions sociales, mais j'ai beaucoup râlé.


Notre société de consommation n'est que rarement mise en cause par les jeunes lors de la préparation de leurs mariages. Rien n'est trop beau pour faire de cette journée la plus belle de votre vie! exploitant à mort le filon, une occasion exceptionnelle, qui a le coeur de s'opposer à une démonstration de fête inoubliable et parfaite à un de ses enfants, occasion qui permet aux parents d'affirmer leur respect des traditions, la bonne santé de leur famille (morale et matérielle).



J'attends avec impatience le retour des buffets froids et des disques posés sur une platine, lorsque la surenchère marketing aura enfin cessé sa dictature. Les rituels évolueront encore, je n'en doute pas.

 Le jour de mon mariage ne fut pas le plus beau jour de ma vie, j'ai eu bien des plus beaux jours de ma vie, ceux de la naissance de mes sept enfants et d'autres encore!









vendredi 27 janvier 2012

La maison morte

En Auvergne, l'hiver ne fait grâce de rien, pas une année de passée depuis la mort de ma vieille voisine, la vieille tante handicapée est en maison, incapable de vivre seule même avec des repas pris chez sa nièce, pas de maison on on peut vraiment l'accueillir, elle a dû quitter cette ferme, trop grande, trop chère à entretenir, et qui revient, de droit à ses neveux et nièces. La maison  de retraite est toute proche, les visites sont fréquentes et finalement, cette vieille dame, aime bien avoir du monde autour d'elle, je ne sais pas si au printemps elle n'aura pas le mal de sa maison, mais pour le moment,  son humeur est heureuse, elle s'ennuie bien moins que dans son ancienne vie et elle n'a plus de travail. Autrefois, jusqu'à il y a peu, elle devait s'occuper des poules et aussi donner à manger aux lapins, et mille autres petites tâches qui lui pesaient;

La grande maison a été vidée, avant la fin de l'année, afin de ne pas devoir acquitter la taxe d'occupation. J'avais fait promettre à la jeune femme du fils cadet, ma voisine, de me faire faire "le tour" afin de ne pas rejeter les souvenirs charmants ou autres, je veille à ce qu'ils ne bradent pas leur passé.


A quinze heure, la sonnette a tinté et mon homme et moi, sommes allés faire le tour, afin de vérifier que rien n'a été oublié, là une charmante petite table, ici un vieux banc sous l'escalier. D'un tas de linges sur l'appui d'une fenêtre, j'ai tenté de sauver, un vieux dessus de lit en crochet, quelques taies d'oreillers bordées d'un simple volant en coton ajouré,  le drap en lin, ne suscita qu'une moue dubitative chez ma voisine ainsi que deux ou trois autres trésors d'armoires de grand mère; j'essaierai de vérifier que tout cela soit bien parti revivre plus loin, sinon, j'ouvrirai mes placards  et les adopterai ainsi que m' en exhortait Carole.

Nous avons ouvert bien des pièces, tristes et désolées, vides, de la  cave au grenier j'ai vraiment essayé de ne rien négliger, les bichettes contenant encore de la graisse pour les brebis, la vieille maie où de la paille encore attendait les fromages, tout parle encore de vies aujourd'hui disparues, d'un mode de vie, qui n'existera plus.

Ma jeune voisine ne veut pas déménager de sa petite maison pour la grande. Elle  a peur d'habiter cette ferme où des gens sont morts. Je lui ai fait remarquer que dans ma maison certainement aussi bien des gens ont vécus et sont donc morts aussi, dans leurs lits, à une époque où on n'allait pas l’hôpital, dans la sienne aussi, probablement, mais de ne pas connaitre ces disparus les lui font accepter. Je comprendrais qu'elle ne veuille dormir dans la chambre de ses beaux parents, j'ai du mal à accepter la vente de leur maison, tant aimée qui fut la fierté de leur famille.



Hier soir, j'ai eu la surprise de voir la maison visitée, pas mise en vente et déjà des visites. Une jeune femme qui a proposé, négligente 50 000 euros, il y a  tant de travaux.  Moins de la moitié de ce que cela vaut sur le marché, la maison est grande, belle et  très bien située. Je fus choquée, le sol est en ciment, au rez de chaussée, mais qui encore peut graver avec tant d'habilité et d'amour une pierre au dessus de la porte avec la date, une croix, des initiales et un coeur? Qui sait encore façonner une si jolie rampe d'escalier?  Qui ouvrage tous les détails pratiques et beaux si on le peut? Qui pense encore à orienter sa maison contre les vents dominants mais avec vue sur la montagne?





Je tremble parfois  lorsque je pense que mon avenir est lié aussi à ceux qui choisiront et aimeront cette maison, il me faut confiance garder, j'aimerais cependant que la maison ne reste pas trop longtemps, froide, morte, désolée.

J'ai pris ce matin quelques photos de portes et fenêtre, de cette  maison qui fut tant aimée et désirée. (ajout du samedi)








jeudi 26 janvier 2012

De week-end en week-end.

Les jalons de mes semaines se rythment de nouveau avec les week-end que projettent mes jeunes, depuis les vacances de Noël,  Alice et Guillaume "craquent" un peu et viennent reprendre des bouffées de feux de bois et séances crêpes propres à faire oublier les brouillards et froids qui ankylosent notre tête.

Mon mari a célébré la mi-temps de l'hiver, j'aimerais que la seconde mi-temps soit plus courte et surtout plus ensoleillée, je me demande si le soleil est fâché, nous ne le voyons plus, ou si peu depuis trop longtemps déjà. Le jardin en Auvergne, oublie cependant la saison, quelques  roses osent même s'ouvrir, un seul rayon lumineux éclairerait notre journée.



                                         Iceberg,  sur un mur à l'est, ce matin, rayon de soleil fugace.



  La  maison reste dans la brume lorsqu'il ne pleut pas, l'eau ruisselle partout, je me demande si la saison des moussons aura une fin, et saurai patienter encore jusqu’à demain, un grand feu et une pile de crêpes accueilleront les jeunes dont les rires seront, encore une fois, les rayons de soleil de la maison.



                                                Magnolia, qui attend comme moi, le printemps.






                                                 Beau temps sur la Boissière, il ne pleut pas!




mercredi 25 janvier 2012

Rupture de générations.

Je pensais, hier, ne pas revenir, sur ce thème. Mes relations difficiles, avec ma mère datent de ma... naissance.

J'ai cru, très longtemps, ne pas avoir été enfant désirée, puis ne pas avoir le sexe "désiré" pourquoi, sinon, maman me coupait-elle les cheveux si courts, pourquoi refusait elle de me voir exprimer ma féminité?

 Maman, m'a dit il y a peu encore, regretter de ne pas avoir été un homme, cela m'a fait rigoler, à sa grande stupéfaction, moi, je n'ai jamais regretté être une femme, mais j'ai toujours considéré que nous avions autant d'atouts que les gars, sûrement pas les mêmes, pas obligatoirement plus performants, mais certainement pas moins, non plus!  Maman m'a dit alors avoir désiré ma naissance, une petite fille, le bonheur, sauf  que je ne  fus pas, la petite fille de ses rêves, douce, tendre, obéissante et avide d'apprendre les savoirs des femmes.

Maman a toujours considéré que la femme est un être inférieur, inférieur à l'homme, dans l'obligation d'obéir, à ses parents, à l'Eglise et aux zautorités en général. J'étais enfant en 68,  mais je crois que déjà, avant, je ne me suis jamais sentie inférieure à mes frères, ni aux hommes en général, toute petite, je manipulais mon petit monde, et  si j'avais plus ou moins de succès chez les femmes, amies de ma mère, soeur ou tantes voire ma grand mère, les homme de 7 à 77 ans,  marchaient au quart de tour,  des yeux doux de petite fille, un sourire, et ils n’avaient guère le coeur de refuser de m'accorder un instant de patience,  dès mes premières dents cela ne m'avait pas échappé.

Je n'ai jamais compris comment maman pouvait penser être inférieure. Ma soeur semblait lui emboîter le pas, en révolte cependant, contre ce fait. Mais j'ai toujours pensé qu'elle s'est construit "contre". Contre les "hommes" contre la "vie". Je ne suis jamais rentrée dans ce système. Ma grand mère tirant son fauteuil  sous le tilleul, avec maman ou ma soeur et se plaignant des hommes, maris ou fils,  ayant les droits et dont elles subissaient, plus ou moins le joug. Je fus encore plus classée renégate, pour cela, moi qui affirmais, haut et très fort, claquer les doigts et avoir les hommes à mes pieds, c'était faux, bien sur, mais je préférais mentir que me faire passer pour victime.

 Je ne fus pas victime des hommes, j'ai bien plus souffert par les femmes, ma mère, les religieuses chargées de mon dressage et aussi ma soeur aînée, dont je ne parle jamais, qui a cinq ans de plus que moi et qui est en vrai, si gentille, mais tellement traumatisée par un tas de choses. Je n'ai aucun souvenir de moment de jeu ou de câlin,  où elle s'occupait de moi, petite, en  jouant ou m'aidant  voire en me conseillant plus tard. je ne lui en veux pas, car je sais qu'elle a encore plus souffert que moi. Mais je n'ai aucun lien avec elle, l'apprivoisement se fait enfant.

Maman m'a toujours dit, qu'il me fallait obéir à mon mari. J'avais expliqué à l'homme de ma vie, que je l'aimais, pire l'adorais, mais que je refusais résolument  de lui obéir. Je fus honnête dès le départ, et l'ai prévenu bien avant même nos fiançailles, mon homme aurait pu fuir, il ne l'a pas fait.  Maintenant, encore, lors des petits ou grands désaccords, je ne m'écrase jamais, je  ne crains même pas, parfois, de l'attaquer au bazooka, au cas où. 




   Et aujourd'hui, je me suis rendue parfaitement ridicule, je souhaite regarder  ce soir Grey's Anatomy  Ok, j'ai un goût épouvantable,  il y a  sur la deux, le truc de la France des années 80, que je hais, à priori!  Je pensais que mon homme aimerait  regarder  cette merveilleuse  production française.  Notre joute verbale a duré, longtemps, déjeuner, puis café,  il riait, me  je suis rendue, compte, tard , et avec contrition qu'il se fichait de moi, mon mec est horrible!



La rupture des générations date, je crois des années, 68, les femmes ont eu alors accès rapidement à la contraception, puis à l'avortement  recours suprême pour garder sa liberté et ne pas mourir  de ne pas accepter une naissance non seulement non désirée, mais impossible à assumer. Je ne pense pas que notre loi Veil soit parfaite, surtout que mal appliquée, l'aide aux femmes est inexistante au profit de l'IVG, dommage, mais que des femmes aient préféré, autrefois mourir plutôt que de pouvoir élever un enfant  de plus me parait être une suffisante justification de cette loi.

La génération dont je suis parmi les aînées, a cette liberté fabuleuse, de pouvoir mener leur vie,  à peu près  aussi librement que les hommes. Je sais que l'on dit cela depuis très longtemps, mais je pense faire partie des premières générations avec pilule et avortement si nécessaire, je sais que notre responsabilité est terrible, mais elle le fut aussi autrefois, lorsque seules les femmes portaient le blâme d'être fille mères, voire responsables de naissances surnuméraires ( les géniteurs, alors n'existaient pas!). Même sans avoir un travail rémunéré, les femmes sont depuis allégées du fardeau  de leur allégeance, l’inégalité entre les sexes, fut vraiment abolie avec ces progrès, au moins physiquement, mais il reste le poids des traditions, l'habitude.

Ma mère aurait pu faire partie des générations "transitoires" elle ne le fut pas, son éducation en Afrique du Nord, par les Religieuses de Sion l'a mis à l'abri de cette perversion de la liberté chez les jeunes filles. Maman a tenté de nous trouver les plus ringardes des institutions religieuses "castratrices" de l'intelligence,  annihilant toute volonté d'autonomie.  Elle a échoué, complètement avec moi.


Nos relations en furent pourries depuis le départ. Je n'ai pas jeté, l'eau du bain avec le bébé, je me suis mariée et ai eu plein d'enfants avec mon mari, mais je sais depuis toujours que je ne dois obéissance ni à ma mère,  ni à mon homme, je suis une femme libre dans sa tête, et je vis en tenant compte des réalités et de la vie de ceux que j'aime, par choix, pas par obligation. Cette relative rebellatitude a suffi pour me mettre au ban des femmes "bien" de la famille, les hommes ne sont pas tous des machos, les divorcés pas tous des salauds.

  Bien des choses m'éloignent de ma mère qui n'accepte pas, en fait de voir cette rupture d'héritage, la passation des traditions ne se fait pas, notre manque de réelles  discussions, l'éducation  fut injonction,  le ciment  de notre proximité n'existait pas, maman, ne me fut jamais proche, elle ne le souhaitait pas, ou ne le pouvait pas. De notre manque de complicité, je m'éloignais, mes frères moururent, mais sans complicité pas d'amour vrai, je suis partie, le plus loin possible moralement,  en tentant de ne pas l'abandonner, mais sans proximité de nos coeurs.

A onze ans, j'ai cru mourir, je perdais du sang, à l'école, j'allais aux toilettes, au collège, chez moi, de honte je n'en ai pas parlé, à personne,  je mettais plus ou moins du papier pour éviter de tout salir, une religieuse s'en rendu compte, et désolée me dit


"Mais , penelope, ta mère  ne t'en a pas parlé?"


Ma mère ne m'en avait pas parlé, j'ai  cru mourir deux jours, la religieuse  m'expliqua alors un peu, que j'étais normale! Ouf!  Ma mère, prévenue, j'imagine par téléphone, le soir, se borna à me refiler des "trucs" et me prier être très discrète, les règles sont la honte des femmes, aussi!



mardi 24 janvier 2012

Aïe, aïe, aïe, ma mère!

La fin d'hiver, s'étire et déjà nous préparons les calendriers familiaux des dates à retenir, deux mariages de nièces, l'un inaugurant la belle saison en avril, dans le sud;  l'autre, en fin d'été dans le centre de la France, deux baptêmes sont à prévoir, et les multiples calendriers à conjuguer compliquent l'affaire.

Notre inclinaison première serait de regrouper les baptêmes , afin de n'avoir qu'une seule date à bloquer, mais les familles de mes gendres,  aimeraient aussi pouvoir organiser des baptêmes chez elles,  nous essayons alors de conjuguer les calendriers de tous,  pour la première fois, nous savons en  choisissant des dates qu'il serait surprenant que tous les frères et soeurs  puissent se rendre à ces rendez vous, quatre dates  sur une belle saison uniquement pour notre famille les obligeront à faire des choix.

Réunir la tribu, à la maison est assez aisé, ils ont leurs habitudes, nous cherchons, pour les réunions familiales, hors territoire, des  gîtes de groupes, avec grandes pièces pour les repas. Alice et Théo, souhaitant baptiser leur futur bébé  chez Théo, ont probablement trouvé déjà gîte à notre taille, pas trop luxueux mais pratique et  sympathique.

A midi, j'ai prévenu maman avec six mois d'avance sur les dates "à bloquer" , pas de chance cela ne lui convient pas! Ordinairement, elle  prétend être prévenue trop tard, là, elle prétexte l'éloignement où une autre "invitation", je ne sais pas rester zen et m'en moquer, je me  suis raidie et lui  ai rétorqué:

Maman, c'est ton problème, tu fais comme tu veux, mais on ne peut choisir les dates et lieux, uniquement pour toi!

Maman ne veut plus nous recevoir depuis des années, même par petits groupes, mère de cinq enfants, au départ, elle a résolu définitivement le problème en disant


Ma table, avec rallonge  a douze places, nous ne serons pas plus de douze!

Nous apportions autrefois, pourtant des repas, touts prêts, ma belle soeur et moi, afin de lui faciliter le travail, mais maman a toujours détesté nous recevoir. cela ne me contrarierait pas, si elle ne se plaignait pas de ne pas nous voir, de mal connaitre mes derniers enfants et pas certains de mes petits enfants, si elle refuse  en plus de venir aux fêtes de famille, qu'y puis je?

Il est certain que je ne souhaite pas la voir débarquer "à son aise" non plus, j'impose mes dates, elle m'a par le passé, plus d'une fois mis dans l'embarras en arrivant trois jours avant la fête programmée, me bloquant ainsi par des repas à préparer, des horaires à tenir, alors que j'avais un travail de dingue à abattre. Maison à préparer, courses à effectuer, décorations et cadeaux à  fignoler ainsi que monstrueuses séances de cuisine à effectuer. Rien de compatible avec le train-train de maman, qui déteste être bousculée le matin, ni abandonnée à quelque moment que ce soit, et entend prendre des repas à heures fixes  avec moi, sans pouvoir, et c'est normal, m'aider en quoi que ce soit.

Il m'est très difficile de satisfaire les différentes exigences, lorsque maman est chez moi , elle souhaite que je lui tienne compagnie, assise dans un fauteuil, même si des monceaux de tâches m'attendent; elle dit alors:

Tu peux t’arrêter un moment, le travail ne s'échappera pas!

Certes, mais hélas, il ne se fera pas non plus. Je me suis demandée si maman ainsi ne souhaite pas me mettre en défaut, en m'empêchant d'accomplir ce que je dois afin  de correspondre à l'idée qu'elle se faisait de moi, enfant, elle me disait que je ne saurais jamais tenir une maison,  je suis trop brouillon, trop  fantasque. Maman refuse aussi de venir à la maison, hors période de vacances ou fêtes, lorsque je suis tranquille, sans enfants, elle estime que cela n'est pas amusant. Je crois qu'en fait, elle n'a pas envie de nous voir, encore moins de me voir, mais n'ose pas se l'avouer.


Pour le baptême de Sacha, à Barcelone, maman avait trop mal au genou pour venir, elle renonça au dernier moment de se joindre à nous,  avec sanglots dans la voix et regrets éternels! Une semaine plus tard  elle est partie en croisière. Elle m'avait, peu après la naissance de Sacha,  fait un tel scandale car elle ne  le connaissait pas encore, que j' étais restée stupéfaite de son choix, et me suis mise fort en colère. Maman joue avec mes sentiments, me laissant toujours le mauvais rôle.

Je ne sais plus que faire de ma culpabilité, je n'arriverai jamais, je crois à la satisfaire. Ma belle mère est plus claire dans sa tête, je sais qu'elle ne viendra plus chez nous, sauf exception, mais elle ne voyage plus, et  ne se plaint pas de ne pas nous voir. Mon mari m'a demandé de ne plus s'occuper des fantaisies de ma mère et laisser mes enfants gérer les invitations de leurs grands mères, il a en théorie raison, mais je me suis fait déjà si souvent gronder de la prévenir trop tard,  et ainsi être responsable de ses empêchements.

Je ne suis pas la fille idéale, je ne suis d'ailleurs ni l'épouse idéale et encore moins la mère idéale, j'ai renoncé depuis bien longtemps à  ce qui m'avait été dressé enfant, en buts à atteindre. Je sais que j'ai déçu ma mère.

Ne se remet on jamais de sa mère?

Heureusement, on va vers la fin de l’hiver, et j'ai décidé d'enterrer avec ce billet mes regrets, aller de l'avant, regarder demain, la famille formidable n'existe pas, en tout cas, pas chez moi.



                                       J'adore Kill Bill, Béatriz a t-elle une mère?


                                                                         dessin tiré du blog d'une bibliopathe, ici.




lundi 23 janvier 2012

Je n'aurais pas le temps, pas le temps!

Des choses en ayant entraîné d'autres, aujourd'hui, je n'aurai pas le temps pour un billet aujourd'hui....

désolée, à demain!

vendredi 20 janvier 2012

Examen de passage ou pas?

Depuis quelques temps, la tribu ayant déjà assimilé beaucoup de valeurs ajoutées, et ayant trouvé un équilibre certain, je crains le pire avec l'arrivée massive de jeunes demoiselles aux cils plus longs que leurs capacités d'adaptation, aussi pour ne pas faire leur malheur et afin donc d’éviter des déconvenues certaines à mes plus jeunes fils je me suis demandé s'il ne serait pas judicieux de leur faire passer une sorte d’examen de passage.

L'idée, qui n'est que fantaisie de ma part, serait d'établir un certain nombres de critères nécessaires afin que nous puissions trouver, nous, reste de la tribu, un agrément certain à devoir changer nos habitudes, pousser nos tolérances afin de faire de la place pour trois jeunes demoiselles ( futures compagnes de  mes trois jeunes gars).

Adaptabilité, tolérance, bonne humeur, savoir faire la cuisine, le ménage, se doucher en quinze secondes et autres qualités obligatoires me traversent l'esprit, aussitôt. J'ai dans l'idée quelques épreuves qui seraient pour nous déterminantes au moins pour savoir ce qui nous attend.

Camille, jeune marié, voulait ainsi dormir dans un dortoir avec ses frères et reléguer sa jeune épouse pour une nuit ou deux, dans la "chambre rose" avec Alice, à l'époque non mariée. Amélie a froncé son petit nez, sans se fâcher, mais a réussi à obtenir de son mari de renoncer à cette idée farfelue, elle dormait n'importe où, même dans une grange, mais avec lui. Lhom et moi, étions écroulés par un fou rire mortel, Camille est inénarrable, mais Amélie le connaissait très bien et la tribu assistait, médusée à la passe d'armes entre ces jeunes époux.

Dans cette perceptive sachant qu'il sera de plus en plus difficile de s'imposer pour une jeune femme dans cette tribu lui faire passer des rites initiatiques permettrait de tester ses capacités ou pas à adopter la tribu, ses rites et ses exigences.


On pourrait, en étant ouvert d'esprit établir une liste de dix épreuves, et lui laisser en choisir cinq,  à sa guise!

- Préparer un repas pour une vingtaine de personnes affamées en une heure, frigo, vide, enfin, normal, des pâtes, certes mais à quoi? Déjà si comme Amélie elle prépare une superbe salade, avec amour, on saura sa bonne volonté mais  son inadaptation aux appétits familiaux, après six années de mariage Amélie ne penserait plus salade, elle était fille unique! Elle a  réussi avec brio toutes les autres épreuves cependant.

-Jouer au Monopoly avec ses six beaux frères et belles soeur en équipes, en s’alliant à la pièce rapportée de son choix être  aussi mauvais joueur que mes enfants,  et résistant à leurs pressions demande une habitude certaine ou  des prédispositions exceptionnelles.

- Convaincre son futur beau père de sa compétence pour ranger les laves vaisselles, et provoquer chez sa future belle mère, une émotion intense, entraînant par la suite une dévotion sans limite, en sachant dès le second jour où sont rangés les balais dans la cuisine, savoir s'en servir et s'en servir sans demander:

Qu'est ce que je peux faire pour vous aider? Alors que la cuisine ressemble à Waterloo (ce n'est pas une bataille navale, non?)

-Proposer  une partie de Scrabble  à  la grand mère maternelle de son cher et tendre, ma mère, et la jouer jusqu'au bout! Si la jeune fille  ne pète pas les plombs ni  ne déprime pas après, chapeau bas, je pense que cela donne droit à un Joker, voire à l'exemption de toute autre épreuve. Peu de personnes y arrivent.

- Prendre son petit déjeuner à une heure indue, style huit heures et demi, même  si sa future belle mère (moi) décide de faire le ménage en même temps imaginer, chaises et tabourets sur la table  noms d'oiseaux à peine retenus contre les "insensés" qui ne lèvent pas tôt et ont l'outrecuidance de vouloir  faire griller du pain et manger  des tartines au petit déjeuner, le café, thé, tisane  à l'envolée sont tolérés à toute heure! On est pas des sauvages quand même!


- Participer à une décision tribale en  imposant son point de vue, simplement en se faisant écouter sans s'être fait étriper, ou plus exactement en acceptant de se faire étriper et en ressortir vivant. Perso, je m'éclipse souvent. TP décider de choses aussi anodines que d'un menu de fête, d'horaires de quoi que ce soit,  ou d'activité collective... Les enfants issus de la tribu ne se laissent pas souvent imposer une décision quelconque.

- Convaincre Hubert, chargé des pizzas du samedi de changer de garniture sa pizza "traditionnelle" contre une pizza végétarienne  on sait que l'impossible est difficile, mais on peut rêver!


- Partir  en sortie familiale avec les pères de famille et leurs enfants, c'est à dire mes fils et gendres pères, et ramener tous les enfants, intacts, ne pas faire de crise cardiaque après les femmes garderont les bébés  de moins d'un an, quand même!

- Aller chercher des champignons avec son futur beau père et se souvenir d'au moins un nom ou deux de champignons comestibles ne pas parler après des maisons de schtroumpfs avec extase, c'est éliminatoire...La variante, moins sportive,  consisterait  à  faire un tour du jardin avec moi, sans montrer la moindre impatience et se souvenir de deux ou trois noms de variété de roses adorées.


- Le premier exercice  consiste pour tous les  résidents à arriver à temps aux repas, c'est à dire dans les quinze secondes qui suivent le coup de cloche, et arriver à se sustenter suffisamment en sachant que personne ne vous propose quoi que ce soit, généralement, et que tous les plats, énormes cependant se vident en l'espace de quelques minutes, malgré le brouhaha, les rires et exclamations,  les bébés qui pleurent, les enfants qui crient, on s'y fait, ou pas.


En dehors de ces épreuves, je pourrais aussi proposer de la soumettre à l'épreuve du compteur qui saute alors q'il fait nuit, qu'elle sèche ses cheveux dans le noir dans une maison immense et que tout le monde hurle

Mais c'est qui qui a encore fait sauter le compteur?


Ou  encore, Ranger la  salle de jeux des enfants spontanément le soir, pire s'occuper et occuper les enfants des après midi entières en improvisant un théâtre de marionnettes,  cela vaut largement deux repas tribaux!



Je pourrais encore imaginer bien des tests, je sais que mes filles y pensent sérieusement,  une tribu se soigne et se préserve,  l'avenir ne me fait pas peur si j'estime pouvoir choisir "smoking" "or "not smoking", et après tout pourquoi pas? Un mariage sur deux termine par un divorce, on pourrait décider d'influer sur les statistiques!



                                


 Dans toute communauté, il y a ceux qui connaissent les règles, étant issus de la même famille et ceux qui doivent les deviner,  voire les réinventer, et sans qui, nos tribus s'étioleraient.







jeudi 19 janvier 2012

Entretien de personnalité, torture de prépa!

Valentin, 17ans 1/2, très important cette demi, quand même,  a été soumis à la torture suprême, l'entretien de personnalité, qui sera une épreuve déterminante à l'oral de ses concours , si par hasard, il passe les barrages de l'écrit!

Innocemment, il s'est inscrit parmi les premiers à ce premier entretien, ayant constaté que toutes les cases de RV tardifs étaient prises, et ayant un sens de la communauté assez fort, il a coché la première date possible.

Il s'est légèrement inquiété après:

Je me suis renseigné, c'est horrible ce truc! Je dois parler de moi!


On sait, difficile de se mettre à poil, ou avoir cette impression, pour tous, à 17 comme à 77ans.

Je n'ai aucune expérience professionnelle, je dirai quoi?


Tu m'étonnes! A dix sept ans, aucune expérience professionnelle

Shame, Shame, Shame on you!

J'ai essayé de rassurer mon fils, à dix sept ans, on ne s'attend pas à ce qu'il ait: visité le monde, participé au sauvetage de deux ou rois entreprises, sauté en parachute, dégusté un steak de chameau, plongé pour rassurer un dauphin et mille autres choses aussi passionnantes....

Valentin, royal, m'a répliqué

Je ne veux pas t'en parler, maman, tu n'es pas objective, tu ne me trouves que des qualités!


J'ai  néanmoins essayé d'orienter ses recherches, il tentait de s'accrocher à des faits, l'être me parait plus important que le faire, surtout si jeune. Il a été si rétif, ne sachant qui il est , ne connaissant de lui que l'ordinaire:

Je suis "normal" je n'ai rien d'extraordinaire!


Oui et non, lui raconter son regard rêveur, ses  idéaux, son imagination féroce, lui raconter ce mélange de simplicité et de sophistication qui sont l'essence même de sa personnalité, je ne le pouvais pas sans me faire rembarrer.

Poussé dans ses retranchements, il se cache derrière sa tribu, la met en avant, il est fils de cette tribu, je fus un peu inquiète de cette identification tribale, certes sympathique mais réductrice, Valentin est fils de tribu, mais talentueux même sans elle.

A son essai de présentation qu'il me fit, je lui dis:


Mais attention! Ta famille n'est pas toi, ce n'est qu'un soutien, ne le mets pas tant en avant!


Il fut gêné surpris, que vaut il, lui même, pas grand chose, à ses yeux! Je me suis dit alors qu'il y avait faille dans l'éducation que je leur donne, la tribu est leur soutien, mais la force est en eux, leur propre valeur ne doit rien à nous, même si elle s'est nourrie de sa force.


Hier, Valentin m'a fait un compte rendu de son entretien, un excellent résultat, avec comme mineures

Famille trop mise en avant
Trop parfait quel est votre défaut?

L'examinateur, l'ayant jugé d'un seul coup d'oeil, essaya de le mettre en défaut, jeune homme de bonne famille tradi avec valeurs, il l'a titillé sur l'immigration, pas de chance, mon fils est vraiment idéaliste, voulant à arracher avec ses dents, l'égalité entre tous les hommes,  il est si jeune encore, il ne sait que l'on ne pourra sauver le monde entier.

La fin de l'entretien, se passa fort, bien, Valentin est un gars presque parfait, mais attention, rien n'est fait! Et moi, sa mère suis prête à soulever des montagnes, dresser des barrages encore pour protéger ce petit, ainsi que mes autres enfants.

Mais, au fait Valentin a t-il des défauts, sincèrement, ce n'est pas parce que je suis sa maman, je ne lui en trouve guère!


mercredi 18 janvier 2012

Pas de nouvelles!

Bonnes nouvelles!

Renvoyés, par nos jeunes, dans notre campagne, nous finissons de ranger les fêtes. Plus de  deux heures encore ce matin pour défaire le second sapin et la crèche, replier soigneusement les guirlandes sournoises  qui sinon s'emmêleront  au moindre mouvement,  ranger les boules et  breloques par couleurs et fragilités, faire un tri  en démontant la crèche, les santons soigneusement  mis dans une corbeille en attendant d'être enveloppés dans du papier de soie, les éléments improvisés: boites et tup-tups qui camouflés donnaient le relief, billes plates dans la rivière, petits coffrets en bois qui simulaient je ne sais quoi et autres trésors qui ont retrouvé leurs places originales, et une grande bassine afin de récupérer cailloux, mousse, sable et bouts de bois...

J'ai faibli en laissant le bouquet d'accueil dans l'entrée, dernier témoin des fêtes passées. Les couronnes et un des sapin sont mis à vieillir dans une grange, notre expérience des ré-utilisations des sapins brunis et couronnes fanées continueront, je ne suis pas certaine qu'elles  soient toujours accueillies avec autant d'enthousiasme que nous leur en trouvons, mais j'adore l'idée que d'un Noël à l'autre, les sapins ne meurent jamais.




                                             Couronne à moitié défaite
                                                                  L'année prochaine, je pense qu'elle sera bombée en or!


 Pas de nouvelles, bonnes nouvelles, nous respirons tous, un peu, Maxime a envoyé hier un texto à Alice  s'inquiétant de l'hypertension de celle ci et lui assurant de penser à elle, ne faisant, bien entendu, aucune allusion à sa propre santé... Tout l'humour de ce jeune homme!  Moi? Très malade, jamais, les médecins et ma mère s'inquiètent souvent pour un rien, de la surmédicalisation, non?





mardi 17 janvier 2012

Permis de chien à points.

 Ce matin, les stats de  la délinquance m'ont légèrement inquiété, non que je sois dans une zone à risque, mais même dans ma petite sous préfecture, escrocs, cambriolages pire hold up avec pistolet contre de paisibles commerçants défraient notre petite chronique citadine, et troublent notre calme. Le calme est un équilibre instable.

Mon homme, a toujours été insouciant, confiance ou négligence j'ai mis des années à faire en sorte qu'au moins, il enlève les clefs de contact de notre voiture garée devant chez nous, et n'ai obtenu cette simple précaution d'usage qu’en arguant que si un jeune se tuait au volant de notre voiture car tenté par l'occasion il devenait meurtrier par négligence, cet argument a porté, il ne boucle pas sa voiture, à la campagne mais enlève les clefs du contact., les pose dans un vide poche dans l'entrée, porte ouverte.J'ai constaté dernièrement que ma jeune voisine, laisse également sa clef en place, notre campagne est encore perdue....

Le "home jacking" m'effraie, qu'un marginal pénètre dans notre maison car celle ci n'est que rarement bouclée, et  improvise un cambriolage, que celui ci tourne mal, m'angoisse. Mon mari assure que notre bout du monde est tranquille, ignoré de tous, tous? Pas tout à fait, les randonneurs (dont 600 passent rituellement devant la maison, en une date rituelle que j'oublie chaque fois) les Quads, motos cross et autres  chevaux défilent aussi sur notre petite route régulièrement, parmi eux, que de braves gens, mais si, mais si, mais si, on ne sait jamais.

Aussi ai je mis un marché simple  dans les mains de mon mari, il a un permis d'erreurs de cinq points, lorsqu'il l'a épuisé j'aurais le droit d'agir, donc acheter un chien, seule, un chien de mon choix, donc un chien qui pue, qui rigole et se balade, mais qui me rassure.

La perte d'un point sera uniquement due lorsqu'il laissera de jour ou de nuit, la porte d'entrée principale non fermée à clef. Il est usant pour moi de vérifier, lorsque j'entends un bruit si celle ci est bouclée, l'idée de rencontrer chez moi, un visiteur non invité me fait trembler. Du temps de mon vieux voisin qui est mort il y a environ trois ans, il est entré à deux ou trois reprises dans l'entrée, pour m'appeler, la maison est grande et je n'entends pas forcement sonner. Parfois nous sommes dans le jardin et  il est alors  encore  plus facile de s'introduire chez moi.

Mon mari croit souvent que cette lubie tient de la maniaquerie, pire de la phobie , il est le seul  homme que je connaisse qui dormait dans une villa dans le sud de la France,  fenêtres et porte d'entrée non seulement non bouclées, mais grandes ouvertes afin d'assurer un courant d'air parfait!


Nous avons été, à plusieurs reprises victimes de larcins ou même cambriolés, mis à part le plus important de ceux ci, il considère ce genre d'évènement un peu comme une invasion de souris dans la maison ou  un orage, inévitable et à classer au plus vite sans suite, quelle que soit la perte. Je rejoins assez son point de vue, sauf que l'idée d'être ligotée au milieu de mon salon, plantes des pieds brûlées afin de donner mon code de carte bleue, alors que j'aurais déjà tout dit, même la recette de mon gâteau au chocolat, cela je ne peux même pas l'envisager.

Mon chien parfois aboyait, parfois faisait peur aux gens sonnant à la porte, sans être très gros et vraiment jamais menaçant, mon chien éloignait les importuns.

Cinq points de gagnés pour moi, et je choisirai un chien, mon chien, je le prendrai, sale, petit et rigolo,  il n'aura pas de papiers, mais des yeux qui rigolent, je ne sais comment je le trouverai, mais lorsque j'aurai mes cinq points je m'y emploierai.




                                         Photo tirée de ce site, je pourrais on ne sait jamais, m'en inspirer




J'ai déjà adoré des "attention, chat lunatique"  j'aurais pu mettre  "Si vous voyez Médor, ramenez le moi!"

lundi 16 janvier 2012

Petits matins en douceur.

 Alice, Theo et Victoria nous ont rejoint à la campagne le week-end dernier Alice ne sait pas si elle pourra bouger encore longtemps et entend repousser au plus tard le repos total au lit, deux heures de trajet seulement lui permettent  de nous rejoindre afin de profiter des flambées dans la cheminée et de la vue féerique des arbres, arbustes et prés étincelants d’une fine couche de givre.

Même pour une seule nuit passée à la maison, Alice a emporté le petit réveil  que j' ai offert à Victoria pour Noël. Contrairement à ses cousins, Victoria attend sagement que la petite fille fasse de la trottinette à huit heures pour se lever. Samedi soir, je n'osais pas y croire, et estimais probable que réveil ou pas, Victoria dès potron minet sonnerait le rassemblement familial dans sa hâte de voir la maisonnée vivre un nouveau jour.

Erreur de ma part. Victoria a sagement attendu que la petite fille donne le signal avant de rejoindre ses parents. Alice m'a dit que ce réveil a changé sa vie, finis les réveils nocturnes de Victoria réclamant son petit déjeuner dès quatre heures du matin. Un soir ayant joué avec le réveil, elle avait éteint la lumière, le lendemain, se sachant en faute elle n'est allée retrouver sa maman   que vers neuf heures seulement, certaine que l'heure autorisée était dépassée.

Je suis persuadée que ce réveil améliore aussi la qualité du sommeil de cette petite fille, il suffit en effet que je n'ai pas de montre à ma portée pour que je dorme très mal,  mon minimum bonne nuit comporte également, mouchoirs en papier et eau à ma portée, à la campagne j'ai en principe également une lampe de poche dans le tiroir de ma table de nuit, parfois d'autres éléments s'y ajoutent.


Pierre et Sacha, possédant le même réveil en bleu,  ont été parfaitement indifférents à l'information donnée, ils ont respectés trois jours seulement je crois, l'autorisation de se lever ou pas. L'expérience pour le moment confirme mon intuition que les petites filles sont généralement plus soucieuses de plaire  à leurs parents et peuvent jouer seules plus facilement que les petits gars, mais sur trois enfants, le test  est un peu trop limité pour en tirer de réelles conclusions!

Je ne sais combien de temps durera ce miracle mais j'ai conseillé à ma fille de ne pas abuser des bonnes choses et donc d'ajuster l'heure selon le lever du jour et l'heure de son coucher...

Hier soir, Victoria au dîner faisait la gueule, elle déteste partir de chez nous, aimant particulièrement notre grande maison et ses jeunes oncles. Elle a demandé à ses parents:


Et si je ne dors  vraiment pas la nuit on viendra chez Pacha et Mamina?


Nous n'avons pas osé prendre cela comme une menace (type, si je fais la pagaille, vous  ferez ce que je veux?)  mais comme une simple demande de renseignement, et lui avons de nouveau expliqué que de toute façon, les "grands" retournant au lycée, nous fermions la maison mais que nous reviendrons, tous.




                                                Réveil magique 




dimanche 15 janvier 2012

San Francisco (Maxime le Forestier)

Maxime séjournant souvent à la maison  avait exploré avec joie la collection de vieux 33 tours qui s’empoussiérait dans un grenier lorsque nous avions acheté la maison. Nous avions remis dans le salon, la vieille chaîne et les disques. Maxime écoute souvent  M Le Forestier, il m'a dit avoir été prénommé Maxime à "cause de lui". J'aurais pu mettre des titres, vraiment, tristes, dont "Mon frère" qui m'a tant marqué, j'ai préféré  La maison bleue, sa préférée, je crois.





vendredi 13 janvier 2012

Incertitudes

Il est rare que cette discipline que je me suis imposée depuis deux ans, écrire cinq fois par semaine, ici, me pèse, rare que cette ascèse soit contrainte, ordinairement j'ai dans ma manche deux ou trois cartes de tricheurs, propres à donner le change. Depuis que je suis toute petite, comme nous tous, j'ai l'habitude de tricher, un peu ou beaucoup, j'évite cependant de tricher énormément.

Aujourd'hui, j'avais eu deux ou trois idées de sujets pour un billet, dont un qui me paraissait exploitable. Làs,  ma tête est redevenue bouillie, et surtout tout me parait si dérisoire. Le dérisoire et le dégoût m'envahissent,  je sais devoir lutter, mais janvier déjà ne me plait, un coup de massue et je m'effondre.

Je n'ai pas trop envie de faire semblant, pardon.





                                            La Piétà.  Michel Ange,

jeudi 12 janvier 2012

2/3 de gars, est ce normal?

 Théoriquement filles et garçons naissent en nombres, globalement, à peu près identiques, en France il y a 105 naissances de garçons pour 100 naissances de filles. Dans notre famille, la proportion est différente,  Sur  les dix sept naissances de mes descendants,  enfants et petits enfants, cinq naissances de petites filles seulement.  Nous formons ce que nous appelons une famille "de garçons".

Alice  m'a téléphoné toute guillerette  en sortant de chez son médecin,  elle est davantage surveillée qu'une jeune femme  enceinte sans problème et  la croissance de son bébé  est également suivie  extrêmement attentivement, Alice  profite ainsi du plaisir de voir son bébé  grâce aux échographies systématiques pour elle.

Victoria voulait un petit frère, c'est une chance, elle aura un petit frère. Ce sera mon dixième petit enfant,  septième petit fils.

Alice ne retravaillera pas, son médecin lui prédit une grossesse similaire la précédente, l'hypertension l'accompagnera encore mais cette fois ci, avec l'avantage de le savoir, d'y être prête et les médecins plus attentifs car alertés.

Lorsque Alice attendait Victoria , nous nous téléphonions chaque jour, de longs moments, le temps passe tout doucement lorsqu'on ne peut bouger,   peu à peu les vieilles habitudes vont se remettre en place, j'étais devenue une redoutable garde-malade , vérifiant qu'Alice épuisée n'oublie pas certaines  recommandations de son médecin.

Mon  mari m'a paru un peu déçu, il a même dit:

C'est dommage, on aurait pu avoir une série de petites filles maintenant.


Il semblait avoir oublier que Charlotte déjà avait mis fin à cette petite série avec la naissance de Gaétan.  Jardin et maison verront encore de nombreuses années, cabanes et chevaliers, travaux et constructions....   Au printemps, dans les vides greniers j’arrêterai de regarder jeux de poupées et compléterai les panoplies de mes gentils petits papooes.










Maxime

Un petit message, qui ne sera le billet d’aujourd’hui, j'ai décidé en effet quoi que je pleure et ai peur, de continuer à vivre à l'image de mon amie, exemplaire et de son fils, qui lutte contre la mort sur son lit, à l'hôpital nord de Marseille.

Parfois un tout petit coup de fil bouscule des vies,  hier à six heures et demi, une amie m'a dit que Maxime est à l’hôpital, dans une grande détresse respiratoire. Maxime est un jeune homme fabuleux, comme souvent le sont les gens qui dès leur tendre enfance luttent pour vivre.  Maxime est "muco", ses parents ne savaient pas que dans leurs gènes se cachaient un invité ennemi, celui de la mucoviscidose.

Maxime est l'ami d'enfance de Guillaume, j'ai oublié le pseudo que je lui ai donné, ici. A t-on besoin de pseudo pour se cacher quand vous luttez pour vivre? Maxime a vingt et un an depuis une semaine.


Il est en réa, il se bat, il est  conscient, serein et ne souffre pas, sa maman m'a téléphoné ce matin à huit heures et demi, on a pas pleuré, enfin pas trop, vraiment, même très peu.  Si vous savez prier, priez, sinon simplement  avoir une pensée pour tous ces jeunes qui  trouveront peut être du soulagement à quitter notre monde.


Si Maxime gagne encore cette bataille et le connaissant, je l'espère, il sera en "pool position"  pour une greffe poumon coeur.

J'écrirai un billet, normalement cet après midi, mais cacher cela m'était impossible, même la factrice ou la boulangère seraient au courant, faire semblant, je peux un peu, pas trop.


mercredi 11 janvier 2012

De la stratégie (commerciale) de l'enviable.

Proposer un produit génial, gratuit ou presque, proposer la VA, le mystère de l'offre jusqu'au jour J:


 Les sanglots longs de l'hiver bâchent mon univers.
 Débris de mélancolie, xylophéne la vie
Ma liberté t'aurais je oubliée?
Captive, je suis de Free
Free, Free, tu m'as enfin écoutée.
Bercée, je sais te désirer
Ma liberté, longtemps je t'ai gardée
C'est toi qui ma aidée à larguer les amarres
Devant tes volontés, je n'ai pu résister
Je t'ai  quittée cette nuit  pour Free
Sans me méfier, poings liés, je t'ai trahie.
T'aurais je meurtrie pour une nouvelle prison, nommée Free?






Ça c'est de la sublimation doublée de vantardise, je n'ai pas réussi à quitter, pour le moment sefere, parce que même en me connectant à trois heures ce matin j'ai eu ce message:






Oups..


Suite à une trop forte affluence sur notre site, nous ne pouvons donner suite à votre demande.
Merci de renouveler votre demande ultérieurement.


J'ai cette faculté insensée de pouvoir me réveiller avec moins de cinq minutes d'erreur à l'heure programmée, par ma volonté, je souhaitais  entre trois et quatre,  à deux heures cinquante cinq minutes, j'étais éveillée, et ai dû réveiller l'homme qui s 'obstine à partager mon lit, il était prévenu et était, à priori d'accord.  Sinon je dormais ailleurs.  Ce message alors s'est alors affiché, encore et encore.  Résignée et ayant pitié de mon mari, j'ai  pour le moment renoncé, depuis à heure aléatoire je tente ma chance afin de toucher le  nirvana


Mon homme m'a dit, se retournant dans le lit,  véridique


Tu es une femme absolument merveilleuse!


Preuve qu'il dormait, d’ailleurs.


Je lui ai répondu


Ou alors résolument épouvantable non?


j'sais pas


Il dormait déjà un peu moins.







Deux euros pour conquérir enfin ce téléphone des pauvres, moi qui ai renoncé à tout portable l'année où je subventionnais trois jeunes étudiants alors que j'avais LE millénium, la mariée était assez maquillée pour me tenter.Je changerai aussi le forfait de  Valentin, en prévoyance de son exil,  à moins de vingt euros, la liberté n'est pas chère payée. Tout  réveil était ,est et restera judicieux. demain vois tu, je partirai à l'aube, je sais que tu m'attends....


mardi 10 janvier 2012

Jamais trois sans...

En moins de six mois nous aurons remplacé trois appareils de gros electro ménager, à la campagne, lave linge, mort de sa belle mort et de maltraitance ( dessus de lit ancien blanc, pesant des tonnes..), four claquant lors d'un orage et mon lave-vaisselle, qui s’arrêta, net, dimanche dernier. Je lui suis grée de ne pas s'être arrêté lors d'une réunion familiale, mais fus désarmée,  il marchait tellement bien.

Fiche d'identité


Nom: lave vaisselle
Espèce: Miele
Age, neuf ou dix ans, réflexion faite plutôt douze ans, je n'en sais rien!
Caractère: pas compliqué, a toujours marché, même sans sel, sans produit rinçage et parfois sans produit lavage adéquat (j'ai honte)
Résistance: à tout, porte claquée, cycle interrompu, machine pleine à craquer, tout
Usage:  quoi? C'est fait pour laver non? Il lavait, deux ou trois fois par jour, cycle court, chaud ou froid, rapide ou long!

J'ai alors réfléchi à  feux mes lave-vaisselle, de maison principale à maison de campagne, j'ai des lave- vaisselle depuis la naissance de Camille (donc 31 ans, bientôt!). A l'époque, nous achetions tout et n'importe quoi, après quelques déboires j'ai changé de stratégie.  Mon premier lave-vaisselle, Arthur Martin, fit  mes délices un an ou deux!  La porte ne résista bêtement pas, à Camille, tout petit,  dix huit mois,qui s'asseyait sur la porte ouverte, lorsque je le vidais. le lave vaisselle  se mit à fuir, porte cassée, serpillières en permanence devant l'appareil, bavoirs de lave-vaisselle!

Nous le remplaçâmes par notre premier Miele,  avant la naissance d'Alice, il y a donc environ 27ans, je ne sais plus quand j'ai recherché son frère jumeau lorsque cette perle nous lâcha, mais je sais qu'en 27ans, deux lave vaisselles seulement, lavèrent les monceaux d'assiettes pleines de purée, coupelles avec  des traces de  crème de marron, cuillères au Nutella, et milles autres choses encore. A chaque  mise en marche, je remerciais l'inventeur génial qui a tellement allégé la tâche de toute les femmes.

Et, je me prépare, sereinement, mon compte en banque lui est moins serein,  à acheter mon troisième lave-vaisselle Miele, (je ne suis pas sponsorisée, dommage!)  J'ai écarté tout tiroir à couvert, hors de question que je passe des heures à ranger des couverts sales, les paniers des vieux lave vaisselles sont convertis en range-crayons-de-couleurs, par la suite, je ne suis pas prête, encore une fois à bouleverser mes habitudes.Une fois le moins pire des modèles choisi, je m'adapte, constatant,qu'il est muni d'un programmateur,  je cours chez EDF, les contrats Tempo seraient ils pour moi? Depuis je me suis battue avec des commerciaux qui ne voulaient pas me vendre ce contrat, le rendant encore plus désirable à mes yeux.  J'ai gagné cette bataille, et ai obtenu ce contrat "en voie d'extinction" gagnerais je des sous, au bout?  Pas sûr!


Depuis quelques temps, je passe respectueusement devant l'ancêtre de ma cuisine, un micro onde, qui a 17ans, je l'ai acheté juste après la naissance de Valentin, un  Whirpool, marqué encore Philips, je pensais alors acheter du consommable, fait on encore des micro ondes aussi fiables?








lundi 9 janvier 2012

Petit carnet.

Cette nuit, réalisant la somme des trucs assommants que je n'ai toujours pas faits et qui restent à faire: appeler mon banquier, changer de contrat EDF pour la campagne... Et bien d'autres choses encore qui ne sont jamais plaisantes même si elles ne présentent, à priori aucune difficulté, j'ai décidé d'ouvrir un petit carnet pour y noter ce que je dois faire et barrer au fur et à mesure ce que j'ai fait, en général je me contente d’établir ce type de liste que pour le travail ménager (avant l'invasion des Huns, grand ménage de printemps, ou un déménagement  par exemple).


J'éprouve toujours de coupables joies à établir la liste des grands rangements ou des grands ménages, je  crois que je savoure d'avance le plaisir de biffer tout  ce qui n'encombrera plus ma conscience: nettoyage four (il suffit parfois de programmer..), lavage frigo,  plinthes, interrupteurs et prises, dessus de portes, téléphones, manettes, claviers .... Rien n’échappe alors à ma frénésie de pouvoir sur mon entourage matériel.

Je nettoie donc j'assume.  Je suis particulièrement performante dans les tâches ménagères si elles me permettent d'échapper à des contraintes me demandant de la réflexion ( changement de contrats  par exemple). Tout travail physique est préféré à n'importe quel travail intellectuel,  l'énergie demandée par la réflexion étant la plus contraignante.

 Cette nuit,  sachant que la fin du sursis  que je m'étais octroyé arrivait et constatant que j'ai de plus en plus de mal à  faire effectivement  les démarches que je trouve ennuyeuses, même si nécessaires, je me suis promis de retrouver le vieux petit carnet à spirale tout corné que j'avais fauché à un de mes enfants ne s'en servant plus "au cas où".  Revenant du super marché, j'ai saisi mon téléphone et ai commencé à régler les affaires urgentes qui traînent depuis des mois. La menace du carnet m'a suffi. cette fois ci.  Je sortirai néanmoins ce petit carnet bleu et jaune, afin que sa vue m'inspire encore assez de crainte  pour que je biffe mentalement les tâches effectuées avant même d'y inscrire quoi que ce soit.

Les changements nécessaires de contrats de portables et box ont été repoussés légitimement dans l'attente des nouvelles proposition de Free.

Le déclic de l'action est chez moi le plus difficile à obtenir, une fois que j'ai commencé un type de travail quelle que soit sa nature j'écume tranquillement ce qu'il reste à faire sans sourciller devant la montagne à gravir.

                                           Dessin venant du blog "De tout un petit peu"


vendredi 6 janvier 2012

Journée marmotte.

L'hiver j'hiberne volontiers, j'avais des projets aujourd'hui, rien de très urgent, rien de très important. Ce matin  démarrage poussif  dès mon premier café,  je crois que je venais de boire le second lorsque  j'ai reçu le premier des longs coups de téléphone  de la matinée, Alice puis Charlotte, l'heure du déjeuner était presque arrivé. Je n'ai rien fait de l'après midi, le temps était figé, froid et bâché, pas de lumière, j'ai perdu mon temps, tout en dressant toutes les choses qu'il serait souhaitable que je fasse. Vers seize heures j'ai décidé enfin de faire des listes des trucs à faire, les traces écrites m'obligent davantage, je commencerai lundi matin, promis, heureusement je n'avais pris aucune résolution car cette procrastination m'aurait  sinon donné un horrible sentiment de culpabilité.


Dans une lueur de lucidité je me souvenue  que je ne suis pas faite pour vivre dans cette région, lorsqu'il n'y a pas de soleil ni de chaleur, un jour ou deux, je m'engourdis,  je regrette souvent que la vie  m'a conduite loin de de mes palmiers natals.

Cette procrastination m'est nécessaire aussi pour accepter que les choses ne se passent pas toujours comme je l'aimerais,  les souvenirs de la première grossesse d’Alice me reviennent en mémoire, nos longs coups de téléphone quotidiens, les espoirs et les inquiétudes, les coups durs qu'elle surmontait à chaque fois. Je sais aussi que  probablement tous mes projets seront un peu suspendus à ces appels, que je serais incapable de faire un quelconque projet sans avoir dans la tête l'hypothèse de devoir adapter mes projets selon les circonstances.


Ce chemin d'hiver débute seulement et déjà j'ai entendu plusieurs voix me confiant qu'elles attendaient déjà le printemps. Lundi j'accrocherai de la lumière dans ma tête et de la chaleur dans mon coeur et essaierai d'ignorer les nuages qui me paralysent et me précipitent sous ma couette, la procrastination est  positive lorsqu'elle ne dure pas trop.




                                  Petite route, en Auvergne (photo de Camille)

jeudi 5 janvier 2012

La jupe (la rupture n°4)

 J'ai treize ans, je suis, en troisième,  c'est le printemps, mon collège se termine. Les religieuses nous ont permis d'avoir des jupes  bleu marine, non plissées, le bonheur, enfin on va arrêter de me déguiser, l'espoir. Les religieuses, très pédagogues ont expliqué à nos mères qu'afin de nous préparer à nos vies de jeunes filles, il serait judicieux de nous faire porter des jupes droites. Par  pur hasard,  les jupes droites sont à la mode.

Maman me surprit agréablement en achetant un coupon de laine bleu marine, très foncé, le modèle qu'elle avait sélectionné  me convenait,  une simple jupe droite, enfin je ressemblerai à quelque chose,  déjà mes cheveux m'arrivent à mi dos, et les gars se retournent sur mon passage.

Tout alla bien jusqu'au dernier essayage où maman décida de la longueur de la jupe, LE problème de l'ourlet. Maman voulait me faire un jupe à mi mollet, comme en portait les vieilles, c'était hors de question et je le lui dis, très fermement, et la prévins que je referai moi même cet ourlet s'il ne me convenait pas. Ne m'écoutant nullement,  maman termina l'essai et me renvoya, le lendemain elle  déposa sur la chaise  de mon bureau la jupe terminée, mille fois trop longue.

Mon coeur se mit à battre très fort, je l'entendais  dans ma poitrine, le soir, j'étais sensée travailler dans ma chambre au premier, en bas,  j'entendais le journal télévisé que mes parents écoutaient.  Sur la pointe des pieds, je suis allée dans la chambre de maman, prendre des ciseaux, du fil et une aiguille. J'évaluais "à la louche" la longueur à enlever et  coupais sans hésiter cette large bande de tissu "en trop".

Sacrilège horrible.


Je me souviens très bien de mon émotion et aussi de ma détermination,  j'enfilais une aiguillée ensuite et entrepris de refaire l'ourlet. Lorsque j'essayais ma jupe, je me suis bien rendue compte qu'elle avait un léger quelque chose dans l'ourlet, mais dans l'ensemble j'étais ravie de cette jupe, contente de moi, j'étais, enfin moi.

Tremblante, je décidais aussitôt de montrer à mes parents ma nouvelle jupe, je n'étais pas dans la provocation mais dans l'honneteté.

Je me souviens du silence entourant ma descente des escaliers, ma mère étouffa un cri et ne dit rien. Mon père ne devait pas savoir quoi en penser, en tout cas, il ne dit rien non plus. Le lendemain je suis allée à l'école, les jambes légères. Maman rectifia l'ourlet par la suite , mais ne m'en parla jamais, j'ai porté cette jupe des années, pour une fois, j'ai fait très attention à ne pas abîmer un vêtement.

Alice m'a dit que ma mère lui a parlé de cette jupe pour lui montrer à quel point je fus une enfant difficile. Peut être. Par la suite maman me laissa davantage choisir mes vêtements, sauf l'horrible robe avec laquelle je rencontrais mon mari, (robe que j'ai gardé en ex voto) et ma robe de mariée, pour laquelle je me suis battue pied à pied, hors de question que l'on me déguise en communiante prête au sacrifice alors que je voulais être une jolie jeune femme.  Je portais au final une superbe robe, parce que j'avais réussi à avoir la robe de mes rêves, sauf pour le décolleté, qui n'existait pas, mais je n'ai évité l'encolure ronde ras du cou  qu'en menaçant ma mère d'échancrer moi même, les ciseaux, c'est mon affaire!

Maman fut une excellente couturière, mais qui ne faisait jamais que ce qu'elle avait envie, sans jamais tenir compte de l'avis des personnes qui devaient porter les vêtements, enfin elle faisait mine de nous écouter et de prendre notre avis, mais son avis était supérieur et nous nous rangions à ses raisons, de même elle fut peut être une excellente mère, enfin, à son idée, sans tenir compte de la personnalité de ses enfants.


Je ne le savais pas, et maman non plus,  huit mois plus tard, mon frère aîné se suicidera, avertie de manière étrange durant l'été, je ne voulais croire à cet augure, je fus terrassée, mais pas surprise, pouvait on vivre dans ce monde? Je faillis, moi aussi, en mourir.

Premier succès, le coiffeur (la rupture n°3)

 Enfant je fus blonde, avec des très jolis cheveux blondinets comme ont les enfants généralement , maman décida, un jour de septembre de m'emmener chez le coiffeur afin de me couper mes cheveux, j'avais trop de noeuds, la plage, le soleil. Le coiffeur à mon grand désarroi, me fit une coupe de garçon, à peine plus longue que celle de mes frères. Je m'alarmais.

Cela repoussera!  me disaient ils, tous en choeur, je suis tellement jolie les cheveux courts, un visage d'ange!

J'allais entendre des années durant cette antienne, cela repousse, je suis si jolie les cheveux courts. J'étais tellement désagréable avant et après ces scènes de torture coiffeurs, que maman espaçait au maximum les  séances chez le coiffeur. Selon elle, je faisais tout un "cirque" pour rien.  Je pleurais en fait beaucoup, à la maison, avant et après, mais restais relativement docile chez le coiffeur et ne disais rien.

Fin juin, j'ai onze ans, depuis, je crois au moins cinq ans, maman me déguise la tête en garçon, je hais cela. Je pensais qu'elle me laisserait au moins les vacances d'été tranquille et espérais profiter de mes mèches qui commençaient à recouvrir mon front. Mais un jeudi, le rendez-vous  fut pris, je dus suivre ma mère, qui m'emmena chez un coiffeur d'homme très gentil, un vieux monsieur que je n'osais contrarier lorsqu'à la fin, il me montrait dans un miroir ma nuque rasée, en me disant

Cela te plait? Tu es contente?

Je pinçais les lèvres, il me jugeait, probablement, très timide, je ne voulais pas le peiner.


Maman me laissa entre ses mains, en ayant dit:

Très court, comme d'habitude, elle si jolie ainsi!


 Le coiffeur commença à me couper les cheveux, qui tombaient autour du siège, mes yeux se brouillaient, la radio était à fond, je ne pus, à mon grand désarroi, empêcher mes larmes de couler,j'espérais que le bruit couvrirait mes larmes,  mais le coiffeur s'en rendit compte et s’arrêta net, il  coupa la radio en me disant:


Qu'est ce qui ne va pas petite?


C'est un peu comme s'il avait rompu un barrage, je fus torrent, hoquetant, je lui  dis tout, mon refus d'être déguisée en garçon, mon horreur des cheveux courts, tout! Il ne se moqua pas de moi, ni me réprimanda, pensif, il me dit:

Mais tout cela, tu l'as dit à ta mère?


Alors je lui racontais, vraiment,, je crois que je lui ai fait de la peine, il ne souriait plus. Il  reprit alors ses ciseaux  et continua en silence à me couper les cheveux, m'ayant simplement  répondu

Je parlerai à ta mère.


Lorsque maman vint me chercher, je lisais un magazine en l'attendant, le coiffeur avait un autre client, il s'interrompit et me dit

Petite va attendre dehors je dois parler à ta mère.


Qu'est ce qu'elle a fait, encore des bêtises?


Oh, non, ne vous inquiétez pas!


Je sortis,  cinq minutes plus tard, maman me rejoignit  furieuse, maugréant, me traitant de "faiseuse d'histoires" me menaçant d'en parler à mon père. Je baissais la tête coupable et me taisais, j'avais mal fait, et le savais, j'avais rompu le pacte du silence.

Quelques jours avant  la fin de l'été suivant,  maman me prévint qu'on ne me couperait plus les cheveux, mais que je devais me débrouiller toute seule pour me coiffer,  démêler mes cheveux, me débrouiller avec des poux si j'en attrapais et un tas d'autres malédictions. Je n'en croyais pas mes oreilles, de bonheur, le reste ne m’atteint pas.

Trois ou quatre ans plus tard, j'avais les cheveux, aux fesses, et les ai gardé très longtemps si longs, plus jamais n'eus une coupe courte. Je déteste toujours aller chez le coiffeur, n'y vais jamais.

Maman me dit encore, aujourd'hui, et je m'en fous:

Tu était si mignonne avec tes cheveux courts!

Mes dix ans (la rupture n°2)

 Les instants choisis pour évoquer mes ruptures seront des ruptures de vêtements, d'autres instants  pourraient être évoqués, mais je pense que la façon dont maman nous "objetisait"  niant notre corps, nos désirs,  lorsque nous étions enfants étaient les plus significatifs,  car concernant notre image, je ne suis pas psychologue, mais je crois que si on ne s'aime pas physiquement enfant, on a du mal à s'aimer autrement, et si notre mère maltraite notre image, en lui imprimant sa toute puissance,  elle nous dénigre, elle refuse de nous accepter tel que nous souhaitons et nous maltraite, sans que nous sachions pourquoi.


Pour Noël, maman nous "habillait" allez comprendre pourquoi, je déteste m'habiller après. Une année maman avait acheté de superbes coupons de velours, lourds, l'un vert bouteille, l'autre d'un horrible rose sale "bois de rose"  disait alors maman, qui semblait boire du sirop en le disant, cela n'augurait rien de bon pour moi.

Ma soeur ainée, avait le choix, naturellement, elle choisit le coupon vert, je tentais vaguement et maladroitement de lui suggérer que le rose lui allait mieux à son teint de blonde et au bleu de ses yeux, mais elle resta inflexible. Ma mère adorait les yeux bleus, moi, je n'étais pas jolie, j'avais de yeux marrons, mon frère cadet avait de magnifiques yeux bleus, j'en conçus longtemps  une haine des yeux bleus, maman  me dit encore


Que veux tu, les yeux bleus sont si jolis, j'aime les yeux bleus!

Depuis fort longtemps, je me fiche de la couleur des yeux des gens, je pourrais avoir des petits enfants aux yeux vairons ou encore verts ou roses (enfin fuchsia, pas vieux rose, pitié!) cela m’indifférerait. Le coupon vieux rose (rose vieux bonbon) m'échut. Et ma mère, à mon grand effroi, me déguisa aussitôt en un énorme bonbon géant, rien ne fut trop beau pour ce bonbon, col en guipure, crème, forme improbable, montée sur ce col,  immonde, je fus obligée de porter ce chef d'oeuvre à Noël, appela mon ange gardien au secours et grandit au plus vite afin de ne jamais remettre cette  oeuvre unique.


Arrivée, là, je dois vous dire que je ne couds pas, et me comprends très bien!

Mes sept ans! (la rupture n°1)

Maintenant, j'ai envie d'essayer de raconter les "failles" de mon enfance


En ce mois de janvier, où deux de mes frères se sont suicidés à dix ans d'intervalle, j'ai parfois l'humeur vagabonde pas rigolote, sauf qu’en fait maintenant j'aime vivre et veux vivre. 


Il faut décider de la première photo, j'ai choisi celle de mes sept ans, alors qu'en fait, j'ai des souvenirs datant de mes deux ans, je vivais dans des villes étranges, des situations difficiles, cela fixe les souvenirs.


  Mes sept ans, me paraissaient importants, on m'avait  tant dit de l' âge de raison et j'en avais déduit que j'aurais aussi le droit à mon image, enfin je ne pensais pas en ces termes, mais de pouvoir chosir un peu ce que je voulais être. Maman se plaignait toujours que je fus une enfant difficile, aimant ou n'aimant pas les superbes petites vêtements qu'elle confectionnait, mais n'ayant jamais l'idée, non de me consulter, elle le faisait mais de m'écouter, enfin de m'écouter vraiment. Un enfant s'impose rarement face à sa maman.


Pour mes sept ans, la journée allait être spéciale, j'aurais une tenue neuve, un cartable neuf et surement des  cadeaux dont je n'ai aucun souvenir, l'important pour moi, n'était plus là, mais dans la considération que mes parents, et maman surtout  qui réglait ma vie, me portait.

J'avais été consultée pour ces vêtements, tout ce que maman me proposait, m'horrifiait, moche jupe  en grosse toile blanche avec des dessins géométriques vert et marrons,  petite blouse passe partout qui me convenait, je me suis battue en vain, pour ne pas avoir cette forme "trapèze", je voulais une jupe qui tourne, en vain aussi pour éviter la double rangée de croquet marron et vert,  je n'aimais pas le marron et pas ce vert là, un vert un peu cru.

Maman m'avait assuré, "tu verras une fois terminé ce sera ravissant!"


J'ai du refouler mes larmes et faire semblant d'aimer. Je fus obligée de la porter pour la première fois le jour de mes sept ans, alors qu'un jeune appelé m'aidait à grimper dans le camion militaire ramassant tous les gosses du plateau à Yaoundé, les larmes coulaient sur mes joues, mon père et ma ma mère me regardaient monter, je ne me suis pas retournée, je ne devais pas les décevoir.

Il existe, chez maman, une photo, on y voit une jolie petite fille, les cheveux  courts "à la garçonne" habillée de façon très sixties, avec un sourire crispé. Je la récupérerai, un jour, ou pas.

Le jeune homme, quel âge avait il? dix huit ou vingt ans, me dit:


Qu'as tu petite, pourquoi pleures tu?


Parce que  c'est mon anniversaire, aujourd'hui  j'ai sept ans!


Mais c'est génial d'avoir sept ans, bon anniversaire! Qu'est ce qui ne va pas, tu devrais être heureuse!


C'est ma jupe, puis-je lui souffler en éclatant en sanglots


Elle a quoi ta jupe, elle est jolie!


Les gars ne comprennent jamais rien, cela ne m'étonnait pas j'avais déjà trois frères à la maison.


Elle est horrible, je la déteste maman m'a obligé à la porter, aujourd'hui!


Je suppose que ce très jeune militaire devait me trouver compliquée, ils géraient une situation insurrectionnelle dans le pays  et une petite fille pleurait car sa jupe était vilaine. Il me regarda de nouveau et me dit!!

Ca ne vaut pas le coup de pleurer, car si ta jupe est moche, toi tu es une jolie petite fille!


Il avait raison, d'ailleurs, j'étais une jolie petite fille et cela aussi m'aida à vivre, enfin à survivre.

Par la suite, je n'ai porté cette jupe que le moins possible, essayant de porter le même short tous les jours, en toile  bleu dur, je n'aimais guère les shorts, mais adorais cette couleur, j'ai prétexté que monter dans un camion en jupe était incommode et autre billeversée afin de ne pas peiner ma mère.