jeudi 31 décembre 2009

Réveillon Waterloo


 Le 31 décembre est un jour très particulier, de fête obligatoire, bilans et cotillons sont de rigueur. Je déteste le « réveillon » et tout ce que cela implique,  rigoler et faire semblant d’être heureux et d’aimer tout le monde me rend vraiment complètement misanthrope.


Je ne me rends donc à aucune soirée, ni au restaurant, ne prend pas plus ma voiture pour klaxonner et réveiller les abrutis qui dorment, d’ailleurs bien souvent à minuit, je suis au lit.


Pas de déguisements à prévoir, simplement un pik nik grand luxe pour ceux qui ont la malchance de rester avec moi, ce soir là. Et de m’entendre maudire sur la nullité des programmes télé, j’adore râler, et vraiment c’est une soirée tellement débile qu’il est très facile de s’adonner à ce loisir simple.


On commence par critiquer le président, qui nous assommera de ses bons vœux c’est certain, l’air jovial ou presque il tentera maladroitement de  cacher la dette de la France, la crise internationale et les impôts nouveaux que l’on nous fera ingurgiter, c’est bon pour la planète...


Puis on aura le droit à la speakrine  décorée comme un sapin de Noël et qui pense exercer le métier de journaliste en débitant les  platitudes d’usages, bien souvent livrées sur un plateau d’huitres perlières, ouvertes par l’AFP :
-Les vœux du prez (2)
-Entre foie gras et saumon, le choix des français (reportage chez les Duchmol à l’appui)
-un peu de caritatif : soit le réveillon des SDF , soit celui d’une maison de retraite, si on a vraiment mauvaise conscience les deux.
-Prévention routière
-Et deux minutes d’international, faut pas nous gonfler la tête.
Je ne décrirai pas plus le reste de la soirée car vous avez, je suppose compris, je déteste vraiment ces fêtes prêt à porter sans amour ni imagination. Je fais un petit effort pour mes plus jeunes enfants qui n’ont pas l’âge de déserter mon cynisme  malvenu.  Je ferai une mousse au chocolat en dessert, ils adorent cela.


Avant de vous coucher débranchez votre téléphone et mettez votre portable au fond de la panière à linge sale, portes fermées, cela devrait aller. Demain,  je serai à nouveau  de bonne humeur, j’adore le premier janvier, allez savoir pourquoi !


Je préfère ouvrir une page que fermer un livre. A demain, et que votre soirée  soit douce et belle, néanmoins ne me tenez pas rigueur d’être un peu (trop?) Waterloo, ce soir.

mercredi 30 décembre 2009

Ecologie folie?


Billet d’humeur aujourd’hui, enfin de mauvaise humeur comme tous ceux du genre.  Mauvaise humeur d’apprendre que ces couillons de dirigeants avaient réussis  à projeter une taxe carbone encore plus injuste que ce que je croyais. Je pensais que tout le monde allait payer la taxe carbone (excepté les agriculteurs et les routiers). Je hurlais déjà intérieurement  car il est évident que selon que vous vivez dans le Jura ou à Nice, la taxe carbone frappe de manière parfaitement injuste, injustice que le versement d’un chèque vert  pouvait encore accroitre.

Je bouillais car l’électricité n’était pas assujettie à cette taxe, avec finalement un préavis de moins d’un an pour les particuliers. Je bouillais car je savais les routiers exonérés de cet impôt..


Les  1018 sites industriels les plus polluants» (raffineries, cimenteries, cokeries...) étaient exonérés
Que le transport aérien était lui aussi exonéré (l’industrie du tourisme  n’est pas le symbole de nos gaspillages insensés ?)






Ainsi plus de la moitié des émissions  échapperait à toute taxe. Quadrature du cercle taxer, vouloir réduire les émissions mais sans toucher aux industries (emplois) ni vraiment aux modes de vie, le public devrait pourtant donner l’exemple aux particuliers qui accepteraient mieux alors d’être mis à contribution (éclairage public, sur- chauffage des bâtiments, arrosage des somptueuses pelouses dans le sud, clim outrancières …)

Je soupçonne fortement l’écologie d’être un business de plus en plus juteux, se servir de vrais problèmes pour continuer à alimenter notre société de consommation….


Aujourd’hui deux poêles à bois complètent le chauffage de notre maison (parties ouvertes que lorsque nous sommes très nombreux) dont un dans la salle à manger sur lequel je pourrais plus ou moins cuisiner. Je songe à compléter encore cette installation, rêve d’un poêle cuisinière dans ma cuisine et d’une salamandre dans le salon. Mais je rejette fermement tout ce qui fait appel soit à l’électricité (pompe à chaleur) soit dépendant d’industrie (chaudière bille/granulés  de bois, susceptibles d’êtres facilement taxés eux aussi)


A quand un impôt portes et fenêtres ?
Il était temps que les sages se réveillassent! (excellent billet dans le blog changement climatique)

mardi 29 décembre 2009

Jusqu'au bout de la nuit


Bonne nouvelle pour les fêtards



                                          (bonne nouvelle aussi pour les parents...)

Les  boites de nuit pourront fermer à 7h du matin, contre 4h actuellement avec l’obligation de ne plus servir d’alcool après 5heures1/2. Ils termineront leurs soirées par une soupe à l’oignon (beurk) ou bien avec un p’tit dej café-croissants.

Formuler des vœux pieux c’est bien mais inefficace, lorsque j’étais jeune j’adorais sortir en boîte, je ne carburais pas vraiment au jus d’orange (enfin, si mais avec de la vodka) et me faisais raccompagner par des cavaliers qui fumaient comme Luke y Luke avant la prohibition et sifflaient du coca uniquement désinfecté au whisky.

Je pourrais à présent occulter ces soirées, les nier en exigeant de mes enfants qu’ils fassent une broderie-partie pour les filles et jouent au scrabble pour les gars les jours de fête (soyons fous, ils auraient droit à une choppe de cidre doux !). Dire que je pourrais, veut simplement dire que je pourrais essayer.   Mais les fêtes qu’ils organisent ressemblent étrangement aux fêtes d’autrefois et de toujours. Alors je leur demande simplement : pas de tournée de bars, pas de mélange d’alcool, de préférence dormez là ou vous faites la fête….

Cette décision gouvernementale présente plein d’avantages : Les jeunes ne seront plus obligés de prendre leurs voitures pour transférer leurs soirées en cours de nuit, parce que la boîte ferme. Donc, ils  feront moins de kilomètres de nuit bourrés (enfin plus ou moins alcoolisés)

Eventuellement certains parents ou jeunes non fêtards pourront  prendre un café  à la fermeture, et  tous auront le temps de reprendre leurs esprits avec café à l’appui, avant de prendre le volant, qui parfois vole la vie.

Bien gouverner demande de ne pas être trop angélique mais très pragmatique.
Les différentes réglementations assassinent les boites de nuits, restos ,café…  Perte économique sèche, les touristes vont ailleurs. Les folles nuits de Paris représentent aussi des emplois. Il n’y a plus de folles nuits à Paris. Paris c’est fini.

Les touristes délaissent cette capitale devenue couche tôt, rigole-pas,  les frontaliers vont jouer ailleurs, n’hésitant pas à rouler des heures pour se défoncer jusqu’au bout de la nuit, personne ne sortait gagnant dans ces réglementations de plus en plus rigides. Le nombre de jeunes tués en rentrant de soirée est une gangrène qui à elle seule justifie d’essayer autre chose !



 Ambiance de broderies-parties d'une lady!   :)

 

Et pour le réveillon, vous fête quoi ?

lundi 28 décembre 2009

Se révolter à en mourir


 Comme tout le monde j’ai peu le temps ou la tête pour m’occuper de mon blog ces temps ci, et pourtant, depuis trois jours, une petite sonnerie retentit dans ma conscience, entre foie gras et bûche. A l’heure des bilans que la France dresse tous les ans à cette époque ci de l'année,de banalités en pseudo buzz, que de futilités insipides en guise de bilans. Aujourd’hui nous oublions la chance que nous avons de vivre dans une démocratie au XXI siècle.

Et d'entendre des journalistes pinailler pour des sottises sans interêt me devient insupportable. Quelle importance finalement donnée à des peccadilles en France dans une indifférence complète du reste du monde. Notre démocratie ne se mérite plus, mais à oublier l'essentiel ne risquons nous pas de le perdre ou de nous perdre?

Quelle chance j'ai de vivre en France, quelle chance j’ai d’être une femme, libre, dans mon pays. Serais je capable de mourir pour essayer de changer mon pays?





L’Iran est là, manifestations après manifestations, la révolte gronde, bien des iraniens meurent faute de devenir libres. Mourir, en 2010, pour donner à son pays une chance d’avenir. Nous assistons à ces drames sans vraiment nous sentir concernés en vaquant à nos occupations réveillonnales de fin d’années.

Au fait que faites vous pour le réveillon ?
Au fait vous êtes vous inscrits sur les listes électorales ?

samedi 26 décembre 2009

De l'art difficile d'envahir


Autre point de vu, autre vision des choses. Les envahis, mes chers parents, appréhendent chaque année nos débarquements. Pourtant, tous, nous faisons un effort. Ce noël-ci, d’ailleurs, nous avons à peu près esquivé les sujets qui fâchent. Personne n’a claqué de portes, personne n’a donné de claque non plus, et aucun plateau de monopoly ne fut  renversé. On s’améliore.
La cohabitation reste un art difficile, que nous prenons certes beaucoup de plaisir à pratiquer, mais difficile. Il y a ceux qui, stoïques, acceptent de céder la « bonne » chaise haute et de mettre leur bébé dans la vieille chaise trentenaire  sans ceinture, « qui n’est pas cassée, juste déboîtée », qui mériterait cependant d’être jetée.
Ceux qui se garent désormais plus loin de la porte d’entrée, ne fument pas dans la maison, ont arrêté de critiquer le chien qui lui continue de puer et d’aboyer le matin…
Certains dorment désormais avec leur chat pour ne pas gêner ceux qui ont une progéniture. D’autres vivent reclus dans la cuisine jusqu’au lever des moins matinaux.
Il y a ceux qui ont appris à ranger portables, chaussures, et clefs de voiture. Ceux qui ont appris à supporter le froid. Ceux qui ne disent rien quand on leur pique la  meilleure machine à laver. Ceux qui se dévouent pour aller faire des courses ou passer l’aspi. Ceux qui ont arrêté d’espérer un coup de main pour le service à table et qui le font en silence.
 Parce qu’il faut pas croire, les parents se plaignent toujours autant mais tout le monde s’est à peu près plié aux règles de la maison, et aide désormais, presque sans râler. Même Hubert, qui se fait entendre parce qu’il a douze ans et que c’est l’âge.
Le partage des salles de bain se fait en silence, chacun adaptant ses horaires. Certains se sont gentiment délocalisés dans celle éloignée des chambres. Et même les bains des petits se font à la chaîne mais sans histoire.
Tous nous faisons un effort. Moi aussi. Et j’ai conscience malgré tout d’être à nouveau en bonne place pour être élue « femme la plus chiante de l’année ». Titre attribué par mes jeunes frères, à juste mérite il faut le reconnaître, sans aucune méchanceté mais honnêtement. Titre dont Victoria risque d’hériter un jour, avec son si doux caractère.
Malgré ces progrès flagrants, les envahis se plaignent. Ils nous demandent de rapporter au plus vite tout ce qu’on leur emprunte d’une fois sur l’autre, mais se désolent de nous voir arriver avec. Râlent. de voir leur maison pleine.

 Mais rêvent encore devant des maisons plus grandes parce qu’ils adorent ça !


Alice


 nb de LW: Alice, est ma petite chérie, fille cadette, presque parfaite
Nous rêvons de maisons plus grandes et encore plus remplie, certes, mais nous le valons bien!

jeudi 24 décembre 2009

La nuit





La nuit de Rameau, extrait des "Choristes"

Nuit d'espérance et de compassion, nuit de pardon.

les envahisseurs, deuxième épisode


Hier après midi,  débarquement de Grande chérie, Charlotte, son mari Grégoire et leurs deux petits garçons, Pierre, 4 ans et Sasha, 2 ans. Le débarquement fut rapide et efficace. De gros sacs fourre tout, ayant tous une seule mission, eux même équipés de sous sacs, remplissent tous leurs engagements :
Gros sac, monceau de cadeaux déjà emballés, gros sac affaires de montagne…  Si Charlotte devait emporter une vache, elle achèterait le sac qui va bien, mettrait la vache dedans,  et hop, ni vu, ni connu dans le coffre de son break.

L’un de ses sacs contenait dans un sous-sac,  des spécialités culinaires importées du monde entier, et de déposer sur ma table une boite d’un kilo de thon à l’huile, du très bon thon me dit elle en voyant ma mine déconfite. Si on ne le mange pas à 20, qui le mangera ? Il est décidé depuis que le thon attendra l’été.
Son efficacité me laisse dubitative, ou diable a-t-elle été chercher ce gène là ? A  peine une demi heure après son arrivée, elle se joignait à nous pour pâtisser, sortant d’un sac à malice ses fiches de recettes qu’elle avait aussi emporté !



Puis vint l’heure du diner des enfants, séance acrobatique que j’évite soigneusement depuis quelques temps. Les  affrontements y sont longs et douloureux. Greg fut hier soir de « service ». Voyant arriver Pierre dans le salon, je pensais Sasha au dessert et entrais imprudemment dans la cuisine pour entendre Sasha avoir un énorme  hoquet  et son père lui dire :
« Cela, je te le déconseille fermement »

Doucement j'ai  rebroussé chemin et refermé les portes.
Il est vrai que depuis qu’un de mes ainé ai fait une légère anorexie dont on mit six ou sept ans à se remettre j’ai abandonné toute pédagogie, et laisse les enfants s’alimenter comme ils le souhaitent, certains se nourrissaient exclusivement de bouillies et de compotes jusqu’à deux ans , passant ensuite directement au steak frites. Guillaume fut l’un deux, aujourd’hui encore ses habitudes alimentaires sont fort curieuses.
Il recouvre presque tout de râpé, ainsi un curry, donnera un tas de curry, recouvert de fromage, du riz (avec du Maggi) et son idéal est de pouvoir accompagner le tout d’un tas de  rillettes  déposé sur le marly  de son assiette : le trio gagnant : râpé, Maggi, rillettes…
 Hier soir devant la tablée médusée, il se servit ainsi une bonne assiettée de velouté, normal dans le quel il posa une énorme part de quiche, légèrement plus étrange. Je me demandais comment il allait pouvoir manger ainsi,  sans avoir préalablement mis en petits morceaux  sa quiche, Les autres se posaient des questions plus métaphysiques genre tu aimes vraiment cela ? Et de rire…    A son accoutumée, Guillaume  se sortit fort bien des quolibets et de son assiette. Pour survivre dans une tribu il faut à la fois être assez tolérant et résistant. Les cadets sont fort bien équipés et entraînés.




                    Noël durable 
                      sapin alcolo, et aussi, écolo de Falcon


Deux autres vagues d'arrivées sont prévues aujourd'hui  puis
 ce soir commence une longue et douce nuit.

mercredi 23 décembre 2009

Même si

Même si tu n'étais plus là.

L'IRL me grignote, et pourtant même si, même si, je étais plus là, la vie est indestructible, cela fut surement le ciment qui me permit de me construire et de vivre




La maison se remplit, les enfants rient, et moi je survis, Lhom est là, celui qui me permet de continuer à vivre...

Pourquoi tant et tant d'enfants, pourquoi une tribu, à moi, qui suis si perso, si je ne peux survivre, je meurs.

Et franchement avec mes enfants, petits et grands j'ai tant et tant de raisons de vivre que je ne puis réfléchir à tout ce qui me tirait vers les tréfonds. Deux exemples précis? deux blagues sorties à table, pendant, une tribulation douloureuse, des feux qui fument au ménage à faire (mais où est donc cette souris empreinte olfactive?)

Valentin me dit:

Deux œufs sont cassés dans une poêle, le premier dit:

"Qui est là, à cuire, avec moi?"

le second:

"Tiens un œuf qui parle, bizarre..."

Celle d'Hubert, franchement très dure:

Une dame voit un chien dans une boulangerie et dit à sa maitresse:

"Il est étrange votre chien"

la femme répond

"C'est normal, c'est mon enfant"

Je vous ai dit, ma tribu n'est absolument pas fréquentable.......

à demain, les envahisseur, épisode 2   :)

mardi 22 décembre 2009

les envahisseurs, épisode premier



Cette année, c’est grand rassemblement de la tribu chez moi, super, super, super, super, super….

Avant hier, tome 1, premier débarquement. Avec petite chérie, Alice, gendre second, Théo, Victoria, leur amour de petite princesse, et Guillaume qui co-voiturait.

Neige et frimas ne les ont pas arrêté, que nenni, ils avaient chaussés de grandes houppelandes et gavés leur monture à donf afin qu’elle puisse franchir cols  (même celui de l’homme mort) et descentes verglacées.


Vers seize heures  grand débarquement, en moins de temps que je ne le mets à l’écrire, ma ravissante entrée ressemblait à un campement de gitans. Sacs de plastiques épars, bottes au milieu de flaques de boues et  neige collées. Bagages hagards. J’assistais navrée, à la désolation du saccage complet. Il y avait :

-Le fond de frigo d’Alice, gamme qui allait  de la compote de poires non déversée aux framboises décongelées fort peu civilisées
- Les amas de pochons, ceux qui sont les affaires rendues à belle sœur, la perceuse et ses mèches qu’il était urgentissime de rendre à Lhom et autres babioles rendues à leurs propriétaires, mais en l’état amassées en un tas informe difficile à dompter.
-Les biberons et matériel de la petite princesse pour la cuisine
-Les couches et produits de la petite princesse qui squattent ma salle de bain
-Les vêtements trop petits de Victoria, citadine à l’étroit dans son F3 (un mètre cube de vêtements taille 6 mois, normal il y a deux gardes robes, changement de saison oblige !)
-Le linge, sec ,mais pas trop à mettre d’urgence dans ma chaufferie, qui transite par la véranda
-Le matos de bébé, rendu à Grande chérie, qui  a son F5 qui explose, dans une autre mégapole,  un bout de grenier lui est dévolu.
-les monceaux de cadeaux, déjà emballés.

Mais il y avait aussi Guillaume, étudiant, qui lui déposait, des gros sacs de fringues à laver. Dans la véranda, pièce contigüe de la buanderie chaufferie. Son ordi et ses multi périphériques  qui attendent, là, sur une table, ça ne te gène pas trop maman, faut pas être si maniaque, et le monceau de cadeaux, tous à emballer  (donc à cacher, en urgence)…

De l’entrée au grenier les enfants ont marqué  ainsi leur territoire.




La maison, absorba et résorba ces intrus en deux ou trois heures. Ya un biberon dans la cuisine, je suis sure qu’il y a un bébé qui habite chez moi.

Cette nuit, à minuit puis à 5 heures j’ai eu confirmation, il y a un bébé qui habite chez moi. Je ne sais même pas pourquoi les parents de cette enfant branchent  un babyphone pour ses rares et courtes siestes, son phone à elle est très performant. Dans ma tête j’élaborais alors tous le planning de la journée, ménage, décos, cuisine de fou..  Ce matin alors que j’énumérais les tâches à faire en buvant mon café.
Alice me dit :« Je sais pas pourquoi on ne mange pas tous les Noël pareil, si c’est pour concurrencer la maman de Grégoire, ce n’est pas la peine t’y arriveras pas »
Lhom conclut : «  Je vais faire les courses et acheter des  trucs déjà prêts ». Les gens de ma famille sont sympa, ouf !

Cette année, grande chance, à Noël, ma tribu se réunit dans leur maison.


lundi 21 décembre 2009

Foire à la chaussette célibataire



Je ne sais pas chez vous mais chez moi, c’est fou. Chaque mois, inexorablement, de pauvres chaussettes se retrouvent esseulées. Qu’en faites-vous ? Chez moi, nous les gardons précieusement car d’expérience, une fois de temps à autre, ressort de je ne sais où une chaussette que l’on croyait  à jamais perdue.

Itinéraire d’une chaussette à la dérive. La plus part du temps, j’accuse fermement le propriétaire de la dit chaussette de ne pas l’avoir mise à laver avec sa collègue, restée sous un bureau, dans un lit, dans le  fond d‘un sac de sport au chemin des écoliers, ces petites là, s’égarent fort souvent. Il arrive plus rarement que le sort cruel les égare dans le tambour de la machine où elles se trouvent fort injustement noyées au fond d’une housse de couette.
Les recherches parfois mises en route sont extrêmement fructueuses pour un tas d’autres trucs, peine point perdue. Machines tirées, placards vidés puis rangés. Mais las, on voit réapparaitre parfois avec effroi certaines choses qui étaient fort bien là où elles étaient (insignes sportifs, cravates achetées en soldes...)







J’ouvre ici une parenthèse, rendez service aux siamoises,  attachez les, pliez les, juste du haut du rebord que leurs sorts soient liés à jamais.  Je vois encore des miniatures pointures 17 mises esseulées, et moi navrée ne retrouver leurs compères…  Je les étends par deux, pour les bb, et lorsque je ramasse ma lessive  ramasse systématiquement ces fugueuses par deux, les plie ensemble, avant de les mettre dans la corbeille du linge à plier ;  cela fait gagner un temps précieux à la mère indigne, certes,  mais organisée que je suis.

Que de préambules pour exprimer la vérité, nos tiroirs, paniers à linge, sont souvent squattées par de pauvres petites. Seules.

Guillaume, la fierté, de son père et sa mère a eu une idée géniale. Organiser lors d’un rassemblement de la tribu une foire à la chaussette célibataire. Annoncée tambour battant sur le forum familial, elle a suscité beaucoup d’intérêt dans la famille:

« Attendez, si vous la faites sans moi, je ne vous parle plus »

Fille aînée, mariée à monsieur gendre premier,  gendre idéal sauf pour le rangement de ses chaussettes, revendiqua la propriété, sans rien avoir vu, de  toute chaussette non déclarée  Waterloo. En effet Grégoire fut un temps mon désespoir: sa mère parfaite et bosseuse, elle, ramassait ses affaires égarées et les lui postait si nécessaire. Mon service est plus expéditif sauf si il y a mort d’homme, donc doudou de bébé: tout  ce qui est oublié est cherché puis retrouvé par le proprio, lors d’un passage suivant.

Il y eut ainsi la suspicion d’une adoption sauvage d’une  chemise adorée par Greg, retrouvée,  bien plus tard, dans la grange au ping-pong. La surprise de Yann de voir son maillot porté par un cadet (après  une année passée dans les panières piscine et sans que jamais aucun avis de perte ne fut publié !)

Le week end de la foire à la chaussette fut donc organisé par Guillaume; à l’heure dite, Guillaume siffla le rassemblement et tous vinrent avec leurs pochons,  le grand déballage fut fait dans le salon, les explications aussi.

« Comment c’est toi, qui a cette chaussette, mais elles sont à moi, ce sont mes préférées »

 Il y eut réellement 1/3 de retrouvailles sérieuses et quelques accordailles hasardeuses fruits de l’imagination de Lhom blasé, finalement si elles sont à peu près pareilles pourquoi s’emmerder. (Je sais, en principe je ne le dis plus, mais je peux encore l'écrire, non ? Et puis il s’exprime ainsi). Lhom vérifie cependant que le mariage décidé soit heureux, harmonies préservées.


L’expérience fut conviviale et réussie. Les retrouvailles aussi. Bien des chaussettes furent ré appariées. Des mois ont passés depuis cette réunion conviviale,  à quand la prochaine foire à la chaussette célibataire ?

samedi 19 décembre 2009

Un peu de beauté dans ce monde de brutes.....



Cadeau que m'a fait Valentin, en me faisant découvrir cette vidéo, cadeau que je partage avec joie!

vendredi 18 décembre 2009

Froid sans toit

Le temps glacial et la neige font remonter en surface comme de vieux débris le cas des mal-logés, et particulièrement des SDF. La cohorte des morts sans noms  est une blessure de notre société, blessure qui ne sait, heureusement, pas cicatriser.





Sans toit, ni loi, film merveilleux d'Agnès Varda (chanson Joan Baez)




" SDF" terme générique qui recouvre bien des situations différentes qui en les compressant au maximum concerne  encore environ  cinq ou six  populations très différentes, mais non étanches.

1) Le problème des travailleurs pauvres est certainement celui qui est le plus scandaleux, car à priori facile à résoudre. Il est vrai que le prix des locations est tellement exorbitant, que beaucoup de gens ne peuvent régler leurs loyers même avec des APL. Pour cela il faut une volonté politique, d’abord pour expulser des HLM les locataires qui n’y ont rien à faire (revenus trop élevés, personnes à la retraite gardant de précieux F5, pour 2 personnes) Ce ménage est difficile à faire mais nécessaire, et parallèlement construire. Construire, oui, mais de manière différente. Le niveau de prestations donné même par les HLM est tellement élevé que le coût de revient et de maintenance est prohibitif. (Revoir peut être certaines normes de confort, et d’équipement, surtout dans les parties collectives sujettes à des détériorations anonymes). Les espaces de vie doivent être davantage conformes aux attentes des locataires (taille des cuisines par exemple agrandies, suppression de l’entrée)

Les charges de ces logements doivent être également étudiées afin que cette population au budget très limité, n’explose pas son avenir en chauffage, électricité… Pudiquement je ne parlerai pas trop de tous ces organismes de crédits faciles qui sans état d'âme expulsent bien des gens sur les trottoirs de la consommation.La liberté d'emprunter doit être encadrée sérieusement car les progrès faits pour gérer les surendettements ne représentent qu'une goutte d'eau dans un océan de misère.

2 )Il y a ensuite une population de" vrais" sans abris, qui ne veulent pas et ne peuvent pas être logés ni dans des foyers d’accueil ni même dans des HLM d'où ils sont rapidement exclus lorsqu'ils en intègrent. (bruits, animaux, alcool, hygiène) Ceux-là, nul ne veut les voir, nul ne peut accepter leurs choix de vie, leur choix de ce qui nous apparait comme une non-vie. Ils préfèrent mourir sur le trottoir qu’être encagés. Il y a eu une expérience de cellules de vie mises à disposition, je crois, dans une forêt de la région parisienne, des abris en durs, à cout extrêmement réduits, devenant bien souvent d’une saleté repoussante, nous choquant dans ce désarroi intime qui nous y est démontré. Je pense alors à toute l’action des missionnaires en Afrique et ailleurs, détruisant huttes et cherchant à exterminer un mode de vie qui leur était insupportable. Respecter la liberté de l’autre passe peut être à accepter que des adultes dotés de leurs raisons fassent des choix de vie qui nous paraissent peuplés de dérives et d’absences.




3) Une minorité de « routards » souvent  bien organisés dans leurs vies, renonçant à beaucoup de choses pour sauvegarder leurs libertés. Ceux-là réintègrent parfois la vie « ordinaire » au gré d’une rencontre où simplement la lassitude aidant. Ils évitent eux aussi les foyers où trop d’insécurité, de saletés, de détresses humaines hurlent dans la nuit. Mais ils se débrouillent  souvent pour trouver des squats,pas trop pourris.

4) Environ 30% des SDF ont des maladies mentales. Scandale parmi les scandales, peu ou pas de structures pouvant les accueillir (là aussi problème de budget d'investissement puis  de fonctionnement pour des établissements jugés dignes, un peu la même problématique  que celle  des prisons.) Manque criard également de personnels volontaires pour les encadrer. La déficience des familles, à bout de souffle bien souvent, ou elles même écrasées par leurs propres problèmes jette ces malades à la rue. Cette population-là est la plus désarmée face aux perversités ordinaires de l'homme, donc la plus exposée à tous les crimes.





J’ai fait très longtemps de l’accueil de SDF, en ville, au sein d'une organisation caritative, et fus particulièrement touchée  par les jeunes, les très jeunes SDF, très fragiles, sans défenses,   incapables de se charger d’eux même. Les très jeunes, majeurs dès 18ans, dont on ne doit donner aucun renseignement aux parents qui téléphonent. Pas même leur dire si on les a vus… Saleté de majorité à 18 ans, saleté de respect de la vie privée, même si vous êtes en train de vous laisser mourir. J’ai eu ainsi plusieurs fois des parents, grands-parents au téléphone, désespérés ils recherchaient leurs enfants, voulant au moins régler leurs dettes, pour les aider….

Je vous en supplie madame, je vous en supplie

Mais au sein d'une association, on ne doit rien dire, sinon la confiance que parfois les errants nous accordent peut être ruinée, et les dégâts, plus grands encore. En stricte vérité il a du m'arriver une fois ou deux de donner un renseignement, pour que la  personne au téléphone cesse de pleurer. Saleté de vie.

Plus une société  se" perfectionne" plus elle laisse des gens sur le bas-côté. L’intolérance devenant de plus en plus grande face à ce qu’elle ne peut plus voir. Autrefois, il y avait dans chaque village, les « cas ». Le simplet que l’on faisait bosser pour la soupe, et dormait dans un réduit ; le vieil alcolo qui hurlait tous les soirs à la lune de se taire... La famille de « bons à rien » qui ne valant pas grand-chose arrivait plus ou moins à survivre aux abords de village dans une masure en bricolant de larcins et de menus travaux.Cette société là a disparu. La tolérance avec.

5)J’ai pris il y a peu de temps, un car SCNF, je ne recommencerai plus jamais. En montant l’odeur âcre faillit me faire redescendre aussitôt, mais je n’avais ce jour-là pas le choix. Une femme « des gens du voyage » était assise, un peu plus loin. Elle avait payé son voyage. Un creux de plusieurs banquettes marquait le territoire odorifique infranchissable. Je m’assis beaucoup plus loin et ouvrit la fenêtre, personne ne me dit rien. Cette femme-là, sa famille, sa tribu ne pouvait pas être intégrée dans une" cage à lapins", et elle ne le souhaitait surement pas. Je suppose qu’elle vivait dans une de ces caravanes, au bord de la rivière, un peu plus loin. Hier soir, j’ai pensé à tous les gitans, et me suis demandé plein de choses pour lesquelles je n’aurai jamais de réponse.



                                               

jeudi 17 décembre 2009

Cadeau de Noël à une grand'


Les préparations de Noël varient d’une famille à l’autre et l’épineux cadeau des grandes mères, un sujet éternel, une voie sans issue.
Noël après Noël après avoir épuisé les idées de pashminas, de plaids à jeter sur un lit ou un canapé, on évite de rajouter des bibelots  dont elles n’auraient que faire, des idées modes qui arrivent comme un martien sur la soupe,  et la voie étroite des cadeaux possibles devient un désert aride.
 Maman étant plus jeune que la mère de Lhom, je réussis tant bien que mal, d’année en année  à trouver encore un petit quelque chose qui lui plaira, sans l’encombrer, quelque chose dont elle se servira. Leurs compteurs de la vie se sont  arrêtés pour elles  il y a déjà plusieurs décennies, le détachement au matériel  pour l’une et l’attachement au passé pour l’autre n’aide guère dans cette recherche au trésor.
 Lhom n’a toujours pas d’idée géniale pour sa mère, et repousse toutes les miennes d’un revers de main.  Mes enfants non plus. Mais chance, les petites cousines en ont eu, pour elles.
Le pensum absolu, pour mes gars, raconter leurs souvenirs de vacances chez leur grand-mère. Cela sera  réuni de façon plaisant dans un album. Faut bien être une nana pour imaginer cela. Pire, faire cela lorsque vous avez douze et quinze ans.
 Surtout qu’il faut faire un truc « gnangnan » dixit mes fils, on ne peut pas lui livrer les versions brutes. Genre : Comment maman nous engueulait en voiture avant d’arriver chez Granny  pour qu’on se tienne bien ; pas crier, pas frapper, pas hurler pour regarder la chaine de télé qu'on veut,oublier les Simson et Naruto. Mais où est la X box ? Pourquoi vous n’avez pas d’ordinateur ? Silence pudique sur toutes les situations catas, dissimulées, cachées, occultées....


  
Ma famille idéale, à emmener partout, même chez leurs grands mères.....

 Nervosité extrême de ma part pour qu’ils ne mangent pas comme des sauvages, ne courent pas comme des sauvages, et ne parlent pas comme des gars « normaux ». Parfois c’est bien de ne pas être trop nature. Et nature mes fils le sont.
 Une fois leurs souvenirs expurgés de tout ce qu’on ne peut pas raconter à sa grand-mère, il ne reste plus grand-chose, et c’est d’un gonflant total. Ridicule. Je leur conseillais de ne pas trop en rajouter dans le cucul, leur grand-mère s’en rendrait compte, elle a toujours eu l’ouïe fine et a eu des frères turbulents dans leurs jeunesses.
 Je sais que seuls mes plus jeunes  enfants ont dû autant râler et fulminer pour écrire simplement  quelques lignes. Les autres ce sont des familles de filles ou alors ils sont plus vieux et devenus raisonnables, sachant qu’il y a des choses inévitables, voire souhaitables. 


Je sais aussi que ce type de recueil de souvenirs de vacances familiales, heureuses,  est exactement le cadeau qui fera un plaisir immense à leur grand-mère.

Malheureusement, à chaque concours de ce genre prestation cadeau faits maison, j’panique, je sais que mes enfants ont plein de qualités mais ont un handicap certain dans ce type d’exercice. En revanche,  pour disputer des matchs amicaux, de foot, rugby,  ping-pong, badminton, partie de poker ou de billard, les gars sont là, imbattables (si, si, j’dis pas ça parce que je suis leur mère..) et très sympathiques, ils aident beaucoup également mais il faut employer le bon vocabulaire. Guillaume ne tond jamais le jardin, mais tond volontiers le terrain de foot, mon jardin,  avec même des essais de bandes de différentes hauteurs d’herbe.




vidéo choisie par Valentin, aïe, aïe, aïe ma mère, j'ai du rater un truc dans leurs éducations, ohhh, plusieurs trucs?  :)




Hier soir, j’ai demandé à Valentin d’expédier la lettre que je viens de réussir à arracher à Hubert, de haute lutte. L’an prochain mes petites nièces, vous ne voulez pas offrir plutôt une vidéo gaga tournée par chaque famille. Comment ça ?  Granny n’a ni ordi, ni x box, ni rien pour la visionner, mais c’est, le moyen âge…..

mercredi 16 décembre 2009

Valentin et la pédagogie active


  Il y a de cela des années, Valentin fut persuadé pour une petite éternité, être nul en mathématiques.

Il avait six ans, était en CE1, suite à une erreur de son instit de maternelle qui voulant leur faire « découvrir » les lettres apprit à lire, malgré elle,  à deux enfants de  trois  quatre ans, Valentin et son copain de la vie Etienne. Cette instit, toute confuse, s’en excusa auprès de nous et reçut un blâme pour avoir débordé de son « programme ». Faire découvrir n’est pas apprendre.  Le programme disait « découverte de l‘écrit » pas apprentissage de la lecture…
 Après qu’il eut crevé d’ennui quelque temps, faisant un refus scolaire, Valentin jugeant l’école trop nulle, croisait les bras, sur son bureau et durant, un trimestre entier a refusé de  faire quoi que ce soit, surtout les fiches débiles de bébé qu'il rejetait fermement ne les regardant même pas. J’étais sincèrement désolée et son instit exaspérée. Blocus total. Etienne lui malmenait son instit autrement par des questions déplacées :
  -« Comment s’écrit éléphant ? »
-« Je t’ai demandé de dessiner, pas d’écrire »
« J’aime pas dessiner, je veux écrire »
De guerre lasse, les instits  appelèrent  la « psy «  de l’école  au secours qui  testa les petits récalcitrants  et les éjecta de la maternelle. Cela fut perçu par l’équipe pédagogique comme un échec, puisque ces enfants-là prenaient de « l’avance » sur leurs petits copains. Etienne et Valentin entrèrent donc au CP  avec un an d’avance.


A six ans donc ce petit bonhomme était un apprenant parmi les autres de la magie des 4 opérations. Additions,  puis soustractions. La pédagogie active est de faire découvrir la nécessité d’un savoir par le futur apprenant avant de lui donner les outils pour accéder à cet acquis. Il eut, à la maison, des exercices à résoudre nécessitant la pose de soustractions, sans que jamais on ne lui montre d’exemple de soustraction, sans aucune  méthode donc. Valentin, posa des opérations « à sa manière » les résolvait et obtint de fort bonnes notes aux contrôles. Il avait inventé sa méthode. L’affaire dura longtemps, car il fallait que tous les « apprenant » ressentissent la nécessité de la méthode ignorée ; certains ont la comprendette un peu longuette. Six semaines s’écoulèrent ainsi.

 J’allais voir à deux reprises l’institutrice, qui bardée  de son savoir breveté « IUFM » méthode sourire, m‘expliquait  patiemment et gentiment, répétant autant que nécessaire que sa méthode était absolument géniale et donnait à tous les enfants l’envie d’apprendre. Il ne fallait pas que je  montre à Valentin, à la maison,  comment poser une soustraction correctement, je ruinerais sinon  les chances de mon enfant. La situation était bloquée, je connaissais Valentin et redoutais le pire pour la suite.  Aucun de mes arguments ne fut  écouté, furent ils seulement entendus ?


Au bout de six semaines augmentées des deux semaines de congé, l’instit donna LA méthode, dix jours  d’apprentissage et l’acquis était censé être fait. Malgré des séances de répétitions  à la maison où je pouvais, enfin, apprendre à Valentin la méthode intelligible par tous,  en essayant de le convaincre que la nouvelle méthode était la seule « labélisée école » Valentin préférait toujours la sienne plus rapide et plus sure selon lui.

Contrôle.

Valentin eut une note exécrable, les résultats étaient bons, naturellement mais la méthode, celle employée auparavant qui lui valut des 10/10  ne lui donnait pas même 3/10. Valentin fut découragé ; il y eut d’autres contrôles, il se ramassa d’autres sales notes. Ce genre de pédagogie fut appliquée par la suite  maintes fois, il fut dégoûté par quelques échecs et n’avait plus envie ni de chercher ni de comprendre. La logique des adultes lui échappait. Son opinion était faite.  Il était nul en math.

Et cela malgré mon soutien actif et un apprentissage méthodique que je lui donnais à la maison, afin de préserver ses chances d’avenir scolaire… Valentin  a 15 ans aujourd’hui, il est à présent en première, il est déçu lorsqu’il obtient moins de 16/20 en math.  En ce moment, les IUFM craignent que Luc Chatel démantèlent leurs formations, je cherche encore une statue de Sainte Rita (causes désespérées) pour y brûler des montagnes de cierges. Pourvu que l’on démantèle enfin ces usines à gaz de la pédagogie active.

mardi 15 décembre 2009

Le bidaou attaque.

On vit parfois dangereusement sans le savoir, il y a de cela quelques temps, nous vivions dans les Landes, retour à la nature, grands feux de bois, promenade en forêt et champignons…






                                                      bidaous, ou tricholomes équestres

Ces années-là, il y avait beaucoup de champignons : girolles, cèpes, girelles grises... Coulemelles, bidaou. Notre panier se remplissait et faute de grive (cèpes et girolles) nous mangions des merles (bidaous et coulemelles). Dame nature était généreuse et nous en profitions.

En fait je dis Bidaou, pour que vous voyez de quoi je parle, chez nous, le patois local disait: Bidao , tricholome équestre, appelés ici ou là aussi canari ou jaunet. Tout est dans la prononciation du "o" final si vous dites bidao, vous êtes du nord, plus au sud, lo "o" se transforme en "ou" et on ne contrarie pas les gens du sud dans les Landes...


 Quoi qu'il en soit, bidaou ou bidao, nous en mangions tant et plus.  Pâtes à la forestières, omelettes aux champignons, tourtes aux champignons….. Nous en mangions et en abusions, des bidaos comme des autres. Un peu plus tard, j’éliminais sauvagement les coulemelles de nos menus , certes les coulemelles des prés étaient inoffensives, mais des méchantes coulemelles des bois, migraient et trouvant les prairies fort sympathiques étaient plus grosses que prévues. Confusion des ramasseurs, intoxications. Car les coulemelles des bois sont toxiques, Lhom, râla, argua de sa fine connaissance de la bête, je fus impitoyable. Les coulemelles de toute façon, je n’aime pas trop, avec le jus noir rendu pendant la cuisson, leur côté limaces cuites….



                                                     coulemelles, non dentifiées, mais n'en mangez pas!


Nous avons depuis déménagé, et encore déménagé et toujours déménagé. Les bidaous sont rangés au rayon souvenir pittoresques des Landes, ainsi que les huitres dégustées avec des petites saucisses aux herbes grillées sur un bon rouge (de pas loin des Landes, naturellement, genre Médoc !)



Las ces souvenirs pittoresques viennent de prendre dans mon esprit un tour dramatique. Malgré notre inconscience collective, due à notre dangereuse vie mycologique nous avons réussi à échapper à la mort. La population des landais est vraiment surprenante, ils ont réussi pendant des siècle à consommer des tricholomes équestres sans aucun dommage et depuis quelques années des accidents surviennent.



Les bidaous sont devenus dans mon esprit en l’espace d’un week end, des champignons fortement toxiques à réserver pour une visite de votre belle mère, par exemple, à éliminer avec énergie du panier. Il m’est déjà arrivé de me rendre un peu malade avec des girolles dont je raffole, pour en avoir probablement trop consommé. Jamais avec les bidaous, bien sûr, mais ces tricholomes varient selon le terrain, ou alors recèlent une perversité qui surgit à l’improviste.


Tout est dans l’intuition du chasseur de champignons, je n’accorde pas souvent ma confiance aux récolteurs, je crains comme la peste les amis qui n’y connaissent rien, et qui vous disent innocemment, en vous passant le plat:

« je suis sure qu’ils sont bons, cela ressemblait à ce que ma grand-mère récoltait quand j’étais enfant »


Jamais je ne mange non plus de poêlées de champignons, mélangés, lorsque ce n’est pas moi qui les ai triés puis préparés. On ne voit pas ce qu’on avale et la difficulté est grande alors de repérer un intrus.






                                                      hummmm.........



Dans mon congélateur j’ai des cèpes de Bordeaux, que je servirai pour Noël;  je surveillerai la tablée pour voir si d’aucun se méfierait. Le cèpe est-il un tueur landais caché, qui se débusquerait brutalement  lors d’agapes familiales.