vendredi 12 novembre 2010

Le calendrier des pompiers.

Ce matin les pompiers ont sonné à la porte, jeunes, en tenue et souriants, comme d'habitude.

Victoria, 19 mois, dont j'avais la garde momentanément, était dans "les parages" elle me suivit avec peine dans l'entrée, en deux minutes, me voyant occupée elle a tenté deux évasions, non spectaculaires car ayant été toutes les deux étouffées dans l'oeuf.

la première fut de tenter l'exploration, en toute liberté de mon "salon", j'y mis un terme rapidement, trop dangereux, ramenée dans l'entrée, alors que je fouillais mon sac, très ordonné  :) à la recherche de mon porte monnaie, elle essaya  de se glisser dans la salle à manger, ouverte en grand, car ne servant pas, non chauffée elle est glaciale et le temps est à la grande douceur.

Les pompiers me regardèrent amusés poursuivre cette mini tornade de charme en jupon. Alice revint prendre l'enfançon dans ses bras et je pus enfin prendre un calendrier.

C'est le seul calendrier de l'année que je prends. Il y a onze ans Hubert tenta une descente sans parachute d'une fenêtre à l'étage. Dans son lit à barreaux, Alice  (13 ans) lisant une BD à côté, Lhom crut pouvoir aérer cette chambre qui en avait besoin.

Alice vit un éclair escalader en deux secondes son lit, et courir vers la fenêtre avec un playmo, il ne sait plus s'il voulait tenter apprendre à voler ou rattraper le playmo qu'il avait lâché. IL a failli mourir ce jour là, et les pompiers ont été d'une gentillesse extrême. Toute ma vie je serais reconnaissante pour ce qu'ils font, bénévoles ou professionnels. leurs vies accompagnent les nôtres dans les pires moments.

Nous avons eu de la chance. Hubert fut indemne, choqué, mais indemne.Bon pour 48 heures d'observation au CHU lointain où il fut transféré, Lhom l'accompagna à la grande stupéfaction de tous. Il s'y "colla", c'est lui qui avait désobéi à mon règlement: on n'ouvre JAMAIS de fenêtre à l'étage sans canaliser à 100% tous les petits présents. 18 mois, lit à barreaux, c'était insuffisant pour cet Indiana Jones en herbe. Mon mari marqué par cet accident est, à présent, impitoyable avec tous les manquements aux règles de sécurité internes.

La venue des pompiers me replonge chaque année dans ce souvenir, je trouve enfin mon porte monnaie, vide,  alors , je leur donna  un "petit" chèque, les pompiers lisant le montant pourtant  assez modeste en regard des services qu'ils rendent,  me proposèrent de prendre un second calendrier.




Je ne prends jamais de calendrier aux éboueurs ni aux PTT, je me fiche de ne pas avoir de courrier et estime que ramasser les poubelles est un métier certes moins glorieux que de sauver des vies, mais infiniment moins stressant et dangereux.

mercredi 10 novembre 2010

Toxic bouffe

                                        Mais pourquoi le hamburger Mac Do ne se décompose pas?

Empêcher des enfants de se faire un Mac Do de temps en temps est à peu près impossible. Toxic bouffe, qui réunit bien des cochonneries en très peu d'espace: huile hydrogénée, sirop de glucose-fructose.

La bouche en coeur les autorités s'inquiètent ensuite de la rapidité de l'augmentation des cas de diabétiques (type2 celui des vieux, qui est à présent aussi celui des jeunes).

Qu'à cela ne tienne, le reste du temps, vous leur donnez en toute bonne conscience des biscuits dits pour enfants (Kids chez Carrefour => huile hydrogénée  )

Huile Hydrogénée, graisse trans se retrouve partout, outre les barres chocolatées il y en a dans les viennoiseries et gâteaux de supermarché, les petits pains au lait même de chez Pasquier ( ils ne rassissent pas), les pâtes à tartes, des pizzas, des nuggets.. Jusqu'aux lait pour jeunes enfants (lisez l'étiquette des laits maternisés, et laits dit de croissance ou d'éveil)

Cette mauvaise graisse favorise l'obésité (donc le diabète) et aussi de graves problèmes cardio-vasculaires qui vont se multiplier chez les jeunes adultes.

Le sirop de glucose-fructose présente bien des avantages pour les industriels, peu cher, il sucre efficacement et sans que le corps ne comptabilise les calories ingurgitées, idéal pour les sodas... (coca-cola), petits pains au lait, idéal pour favoriser l'obésité et le diabète. Le but recherché est de favoriser la consommation, le corps ne sature pas, on peut  boire des litres de soda sans éprouver de signe de satiété.

Ne rêvons pas, changer du tout au tout notre alimentation est extrêmement difficile, mais par paliers, nous pouvons supprimer un à un les toxiques qui empoisonnent nos enfants. Pour les touts petits et avec l'avis d'un médecin sensibilisé à ces problèmes, je conseillerais de les passer au "lait de vache" nature le plus jeune possible. Pour nos ados, de faire des compromis, un pot de Nutella  de temps en temps et un Mac Do exceptionnellement. Il nous reste malheureusement à nous retrousser les manches et rentrer dans la cuisine!

Peut être aussi dépenser plus aujourd'hui pour se nourrir afin de dépenser moins plus tard pour se soigner.

Bonne nouvelle Findus a décidé d'ôter toutes les huiles hydrogénées avant la fin de l'année sur l'ensemble de sa gamme de produits!

Et acheter une loupe afin de scruter les étiquettes: les BN oui, les petits Prince, non.

Je reste zen et dédaigne pour les moments les additifs codés, pour mieux nous enfumer.

A lire: Toxic Food  de William Reymond.  Et même en Bio la nourriture peut être poison, de l'huile de palme, certes, mais bio....

mardi 9 novembre 2010

Houellebeck enfin consacré.

 Autrefois je n'aimais pas Houellebeck, d'ailleurs je n'ai rien lu de lui.... Alors que je lis beaucoup, je le jugeais, outrecuidant, perturbateur, iconoclaste. Je trouvais l'homme peu crédible en se posant tel un  révolutionnaire nihiliste devant tous les médias.

L'univers sombre et ténébreux de Michel Houellebeck mélange de vulgarité et  de profondeur ne laisse pas indifférent, il suscite autant de haine que d'amour, les uns l'admirant les autres le conspuant. Les médias l'on longtemps conspués.



Autrefois je croyais ce que j'entendais à la  radio ou à  la télé.. C'était il y a  longtemps.

Au fil du temps  je me suis mise à admirer cet écrivain décalé, décalé de son temps, décalé par ses opinions et affirmations, à contre- point et à contre pieds de tout ce qui  se disait, partout.Il osait dire:  

"La religion la plus con, c'est quand même l'Islam. Quand on lit le Coran on est effondré... effondré.  "

 Il fut relaxé par le tribunal où le trainait le Mrap et tous les bons sentiments gauchistes, tapez sur les curés, sur les cathos, mais pas sur l'Islam, sacré l'Islam! On le vit aussi sur l'antenne de Canal+ expliquer qu'il était :
« contre l’avortement et la liberté politique » On l'accusa alors d'être d'extrême droite.

Sa "définition" de Dieu laissa pantois tout le monde, mais Courbet  dans son "Origine du monde" avait fait la même analyse, il y a  fort longtemps.

« A quoi comparer Dieu ? D’abord évidemment à la chatte des femmes (…). A quelque chose de toute façon dans lequel l’esprit puisse devenir possible, parce que le corps est saturé de consentement et de plaisir, et que toute inquiétude est abolie (…). Dans ces moments suspendus, pratiquement immobiles, où [le] corps de [Valérie] montait vers le plaisir, je me sentais comme un Dieu, dont dépendaient la sérénité et les orages. »

  Houellebeck n'était jamais là où on l'attendait, original profondément, il arrive toujours et encore à surprendre. Ses détracteurs, jaloux,   l'accusent de plagier Wikipédia, il avoue plagier les dictionnaires dont sont issus ses mots.  

Le Goncourt a été discerné hier par sept voix sur neuf en moins de deux minutes à Houellebeck hier, rattraper la plus grande injustice littéraire française devenait une urgence. Virginie Despentes attendra.

Je ne lis jamais les prix littéraires, depuis une éternité, surtout les Goncourt, intello et tout, cela m'impressionne, et si je n'aimais pas, je n'aime pas Proust et j'en éprouve un énorme sentiment d'infériorité, comme si la musique des mots m'était interdite. Doit on lire un écrivain que l'on estime au risque de se heurter à la porte close de ses phrases?







lundi 8 novembre 2010

Brice de Nice, remake.

Brice de Nice, la vague, la mer. J'ai rencontré son cousin, Martin d'Hourtin...

En virée dans le Sud ouest, nous avons planté notre camping car, de surfeur, juste derrière la dune. Avons eu du mal d'ailleurs car la plage, quoi que désertée des hordes allemandes  les hantant aux beaux jours, est toujours préservée des campeurs indélicats. Nous avons été indélicats en contournant soigneusement les barrières, nul sens interdit ne nous en empêchait d'ailleurs.



Les dunes, le sable si fin et l'océan argent. Plantés bouche bée en haut de l'escalier, j'ai vu débarquer Martin d'Hourtin. à vélo, une vieille bécane comme on en voit plus, pull marin, jean retroussé sur les chevilles, il pédalait pieds nus, une planche de surf sur l'épaule.

Les héros ont vieilli mais n'ont guère pris de rides; Martin, environ la cinquantaine ,  son visage buriné rend difficile l'escomptage des années, chevelure brune, Martin est médocain, bouclée au vent. Il ressemblait néanmoins à son cousin Brice. Arrivé  goguenard  en haut des escaliers, il plonge dans une observation méticuleuse des rouleaux. Et attend, attend, attend. Parfois son téléphone lui donne d'autres nouvelles, d'autres plages, il hoche la tête, prononce quelques syllabes, rempoche l'importun, et reprend sa méditation.

Nous l'avons observé deux matins, puis je suis partie, dommage, en ce moment déferle sur la dune des paquets d'écumes. peut être les rouleaux sont bons, et peut être a t-il trouvé enfin, sa vague.



                                    photo de Surf report

Bienheureux Martin, bien loin des problèmes de retraites, métro-boulot-dodo, vivant peut être de peu et de pas grand chose, l'océan le fascine et le retient prisonnier, mais je ne peux m'empêcher de l'envier.

jeudi 4 novembre 2010

Je ne veux pas travailler!

Seven Nation Army de  L'Oncle Ben Soul.

Escapade de quelques jours qui me retiennent loin de cette addiction virtuelle d'internet. A Lundi!

mercredi 3 novembre 2010

Noël à la une.

La rentrée scolaire du matin des enfants  coïncide obligatoirement avec un supermarché. Voir les garçons accablés  devant un frigo vide, est un spectacle difficile à supporter.

Ce matin, direction Auchan, galerie marchande... Chariot qui grince et tangue légèrement, spots lumineux.. Et surprise, je pensais que nous abordions juste l'automne, la grande distribution a décidé qu'il était  temps de préparer Noël. Immenses rayons remplis de décos de Noël, vins, fins, chocolats, foie gras..  Je ne suis pas allée dans les rayons dédiés aux ventes évènementielles  mais je suis sure que poupées et voitures télécommandées, playmo et barbies  en débordaient de toute part.  Chaque rayon présentait un  prêt à porter, tout pour consommer  Noël, aujourd'hui  3 novembre, soit sept semaines avant la date fatidique.

J'en ai déduit qu'Halloween ne paye pas,  la greffe n'a pas pris. Il en reste quelques vagues publicités de bonbons et la traditions chez les jeunes de soirées costumées. Rien de très marquant pour l'ensemble de la population. Le martelage médiatique et les millions d'euros dépensés afin de nous  faire adopter ces traditions n'ont pas eu l'effet escompté sur l'ensemble de la population,  doper des ventes en sinistrose à ce moment de l'année, déprime du chiffre d'affaire sauf pour les pots de chrysanthèmes.


                                          magnifiques citrouilles, vues sur le blog de Loevanerell



Il est des pots de chrysanthème comme de toute chose, l'abondance tue l'envie . Jamais je n'achèterai de ces ticket-cimetière, ils sont souvent assez beaux bariolés comme des fleurs en plastique, artificiels, à l'image de notre société, parfaits!

D'année en année je me détourne ainsi de ce qui rythmait autrefois les années, les catalogues de jouets amoureusement feuilletés fin novembre ont envahis nos boites à lettre en octobre, leur intérêt est émoussé avant même d'être d'actualité.

Notre course contre la montre à la recherche du Noël unique donc exemplaire n'a pas débutée et je sais déjà que cette année encore, plus que d'habitude, je ne l'entamerai pas vraiment, ou alors  du bout des lèvres simplement pour faire plaisir aux enfants.Plus les années passent et moins j'aime les grandes cités, elles me semblent des coquilles vides sans âme, l'habitude familiale veut que nous passions Noël, à la campagne,  le plus loin possible de toute cette superficialité, nous avons énormément de chance de pouvoir nous évader souvent.

Et finalement, je me rends compte, que le message marketing pas très subliminal que m'envoyait Auchan est passé, que ferez vous pour Noël???? Avez vous pensé à votre sapin?

mardi 2 novembre 2010

Week end, d'automne.

Je n'aime pas l'automne, des nuits sans fin, l'impression de ne jamais voir de soleil, Halloween  n'est pas de ma culture, et le culte des morts ne l'est plus non plus.

Ce week end, mes performances furent assez hétéroclites et au final fort déprimantes. J'ai ourlé à la main 14 rideaux, preuve que le temps fut exécrable, et également cuisiné sans relâche pour tous les repas, allant même jusqu'à réaliser un vrai cassoulet (avec des haricots du jardin) même à base  de confit de canard. Les gars ont adoré mes rideaux, très classes et modernes à la fois. Ils n'ont pas aimé le cassoulet, ni très classe ni très moderne, le confit ils détestent!

Lhom était dans une quasi béatitude sa moitié déjantée ressemblait pour  un temps à une nana normale.

Heureusement je pus me rattraper, face aux gars,  avec crêpes, pizzas et poêlées de champignons, de retour grâce au temps pluvieux, 98% d'humidité dehors, feu dans la cheminée. .Lorsque Lhom me proposa de jouer au scrabble, j'ai cru mourir, j'aime bien jouer au scrabble d'autant plus que je gagne assez souvent. Mais: pluie+couture+thé+scrabble= mort immédiate pour moi.

Un vrai temps de Toussaint, quoi...

Je déteste le thé, la couture, et un tas de trucs comme cela.Je préfère le whisky et le poker, à chacun sa culture. Je déteste la nuit, j'ai un  besoin  vital dans mes os de soleil.

Ce week end se termine, nous repartons ce soir, vers une ville pluvieuse, froide et humide.  Je suis de fort mauvaise humeur et pense depuis longtemps que Noël est une fête de consolation, je préfèrerais une année sans Noël (neige-sapin-dinde) au soleil! A chacun sa culture, en vieillissant la mienne hurle. Je voudrais des palmiers, des bananiers,  des frangipaniers et des corossoliers   mais je n'aime pas les dattiers ni les manguiers...

Deux grands types de climats et sols et donc de pays,  sont mélangés dans mes souhaits, mais je préfère les pays des avocatiers, à ceux des jujubiers, allez comprendre, le seul point commun reste une luminosité sans faille qui aujourd'hui me manque tant.







Ah, rendez-moi mon pays  et ma savane
Et le champ de bananiers où je suis né.
Quand moi faim, moi très faim
Moi manger banane
                        
Quand moi soif, moi très soif
Moi boire vin de palme.



Quand moi gai, moi très gai,
Moi jouer tam-tam’me
Quand moi triste, moi très triste
Moi pleurer chaud’ larmes


Quand moi chaud, moi très chaud,
Moi mettre un p’tit pagne
Quand moi froid, moi très froid,
Moi bâtir cabane


Quand moi jeune, moi très jeune,
Moi prend’petite femme.
Quand moi vieux, moi très vieux,
Moi m’servir d’un’ canne.