En ce moment je suis dans une période - - - - -, pas de chance, ni pour moi, et encore moins pour mon entourage. Et pourquoi? D'abord car j'ai un égo fragile, car je suis fragile, car je ne suis ni belle, ni intelligente &co, je suis moi, en vrai toute cabossée par la vie.
Il y a une bonne dizaine d'années, voire une vingtaine, je voyais un psy, très bien, juif, cela me convenait, car à l'époque je devais vraiment déblaterer ma haine contre cette éducation idiote dont je me sentais victime, éducation catho coincée du XIX ème, ma mère avait trouvé génial l'éducation qu'elle avait reçu et elle espérait qu'à mon tour, j'en profiterai pleinement, éducation où l'on apprend aux filles à obéir, à ne pas réfléchir, à accepter tout ce qu'on nous raconte comme vérité première, et aussi accessoirement à coudre et à tricoter. Je n'ai jamais su coudre, ni tricoter, ni compris comment gérer tout le reste, et mon émotivité a pris le pas, me menant le plus souvent dans des contrées de souffrances.
Ce psy m'a suivi une année scolaire et lorsque j'ai compris qu'il ne pouvait pas grand chose pour moi, je ne suis plus allée le voir, j'en été désolée, car j'espérais, il était navré, il ne pouvait me réparer. Je ne guérirai jamais du suicide de mon frère aîné, ni de celui de mon frère cadet, je ne guérirai jamais de toutes ces blessures et il me faut depuis toujours tourner la tête lorsque mon passé me rattrape, à tout instant, sans prévenir, des souvenirs.
Ma belle soeur est morte et enterrée,depuis quinze jours, et je dois faire face à nouveau à la grande marée soulevant toutes les boues qui me plongent en enfer. Et il me faut aussi faire avec que je n'ai pas pu aller à son enterrement, car j'ai fuis cette marée, ne voulant pas me laisser enliser. Je fuis très souvent quand j'ai peur, je ne suis pas à la hauteur.
J'aimerais reconstruire ma cabane dans ma tête, celle qui laisse loin cette vase qu'elle ne sait gérer, depuis si longtemps la peste la gagne dès qu'elle s'y confronte, et je ne sais faire face qu'à la circonscrire, l'entourer de barbelés, l'enterrer, l'oublier.
Ma vie aurait été très différente si mes parents m'avaient fait aider lors de la mort de mon frère aîné, d'ailleurs s'ils avaient fait aider mon frère cadet, il ne se serait probablement pas suicidé dix ans après, mais on ne peut reconstruire sa vie, ni la vie de personne, on doit faire avec ce qu'on a tout simplement.
Ce billet est très personnel, et peut-être fort difficile à lire, j'en suis désolée, mais je vais mieux puisque je peux mettre des mots sur ce que je vis, et je me dis que sans mes cabosses j'aurais peut-être vécu une vie Ripolin, heureuse, mais sans pouvoir profiter du bonheur véritable, ces moments où on souffre moins, parfois presque pas, voire pas du tout. Ces moments où on profite de bonheurs simples, de bons moments partagés avec son mari, de réunions de famille avec ses enfants et de voir un tout petit faire ces premiers pas, ces bonheurs touts simples.
Ma belle soeur est morte et je n'ai pas su faire face, je n'ai pas su faire le pas qui aurait soutenu son mari, simplement, comme les autres, je suis restée terrorisée comme un lapin aux yeux rouges dans la lignée du fusil qui va tous les dégommer. A qui le tour?
A la vie! Comme dans cette scène d'un film qui hurle si souvent à mes oreilles. Le cercle des poètes disparus.
Carpe diem











