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lundi 7 novembre 2016

Carpe diem.

Il y a des moments dans ma vie où je me sens, belle intelligente, drôle et presque cultivée, si, si, et il  y a tous ces autres moments, où je sais que je suis un imposteur, je ne suis ni belle, d'ailleurs ça c'est vrai, ni vraiment intelligente, sinon je me débrouillerai mieux, encore moins drôle, souvent je pleure et chouine sinon je chouine et pleure, et pas vraiment cultivée, juste un vernis un peu disparate, bref, je suis presque toujours,  simplement nulle.

En ce moment je suis dans une période - - - - -, pas de chance, ni pour moi, et encore moins pour mon entourage. Et pourquoi? D'abord car j'ai un égo fragile, car je suis fragile, car je ne suis ni belle, ni intelligente &co, je suis moi, en vrai toute cabossée par la vie.

Il y a  une bonne dizaine d'années, voire une vingtaine, je voyais un psy, très bien, juif, cela me convenait, car à l'époque je devais vraiment déblaterer ma haine contre cette éducation idiote dont je me sentais victime, éducation catho coincée du XIX ème, ma mère avait trouvé génial l'éducation qu'elle avait reçu et elle espérait qu'à mon tour, j'en profiterai pleinement, éducation où l'on apprend aux filles à obéir, à ne pas réfléchir, à accepter tout ce qu'on nous raconte comme vérité première, et aussi accessoirement à coudre et à tricoter. Je n'ai jamais su coudre, ni tricoter, ni compris comment gérer tout le reste, et mon émotivité a pris le pas, me menant le plus souvent dans des contrées de souffrances.

Ce psy m'a suivi une année scolaire et lorsque j'ai compris qu'il ne pouvait pas grand chose pour moi,  je ne suis plus allée le voir, j'en été désolée, car j'espérais, il était navré, il ne pouvait me réparer. Je ne guérirai jamais du suicide de mon frère aîné, ni de celui de mon frère cadet, je ne guérirai jamais de toutes ces blessures et il me faut depuis toujours  tourner la tête lorsque mon passé me rattrape, à tout instant, sans prévenir, des souvenirs.

Ma belle soeur est morte et enterrée,depuis quinze jours,  et je dois faire face à nouveau à  la grande marée soulevant toutes les boues qui me plongent en enfer. Et il me faut aussi faire avec que je n'ai pas pu aller à son enterrement, car j'ai fuis cette marée, ne voulant pas me laisser enliser. Je fuis très souvent quand j'ai peur, je ne suis pas à la hauteur.

J'aimerais reconstruire ma cabane dans ma tête, celle qui laisse loin cette vase qu'elle ne sait gérer, depuis si longtemps la peste la gagne dès qu'elle s'y confronte, et je ne sais faire face qu'à la circonscrire, l'entourer de barbelés, l'enterrer, l'oublier.

Ma vie aurait été très différente si mes parents m'avaient fait aider lors de la mort de mon frère aîné, d'ailleurs s'ils avaient fait aider mon frère cadet, il ne se serait probablement pas suicidé dix ans après, mais on ne peut reconstruire sa vie, ni la vie de personne, on doit faire avec ce qu'on a tout simplement.

Ce billet est très personnel, et peut-être fort difficile à lire, j'en suis désolée, mais je vais mieux puisque je peux mettre des mots sur ce que je vis, et je me dis que sans mes cabosses j'aurais peut-être vécu une vie Ripolin, heureuse, mais sans pouvoir profiter du bonheur véritable, ces moments où on souffre moins, parfois presque pas, voire pas du tout. Ces moments où on profite de bonheurs simples, de bons moments partagés avec son mari, de réunions de famille avec ses enfants et de voir un tout petit faire ces premiers pas, ces bonheurs touts simples.

Ma belle soeur est morte et je n'ai pas su faire face, je n'ai pas su faire le pas qui aurait soutenu son mari, simplement, comme les autres, je suis restée terrorisée comme un lapin aux yeux rouges dans la lignée du fusil qui va tous les dégommer. A qui le tour?

A la vie! Comme dans cette scène d'un film qui hurle si souvent à mes oreilles. Le cercle des poètes disparus.



                                                          Carpe diem

lundi 21 décembre 2015

Pourquoi en parler? Je ne sais pas.

Demain, ERDF fait des "travaux" sur notre ligne, aussi, nous n'aurons pas de fée électricité, dès 8 heures du  matin jusqu à , jusqu'à que..

Et ce soir je souhaitais vous raconter une aussi minuscule histoire autant amusante qu'étrange. La maison est une maison très ouverte à l'expression des choses, des gens, des sentiments, sans tabou, sans  à priori rationnel, ni irrationnel, juste on y vit et on la regarde vivre.

Ce soir, avant l'heure du repas du soir de Victoria et Paul, j'avais décidé de dîner  avant le reste de la tribu, mon dos, en miettes émiettiées me contraint à tant de ménagements que mes agacements sont aussi nombreux que mes heures passées au lit à me morfondre d'être punie alors que.. Et alors je pense aux gens vraiment handicapés, malades et je suis obligée de me taire, enfin de moins râler, j'ai vraiment bien du chemin encore à parcourir.

Très vite Alice devant mon dîner et celui de ses enfants s'est attablée à son tour, Valentin nous a rejoint aussi, puis tout à coup  un couteau a volé.

Enfin un couteau s'est envolé, enfin, il sauté entre le plat et le sol, exactement en effectuant un salto, ou un double salto, donc, un couteau, plus précisement,  le couteau du gateau au chocolat, posé sur le rebord du plat, plat posé sur une étagère, a sauté, il n'a pas glissé,  il a sauté au dessus du plat avant de retomber, la propulsion était épatante.




Un petit silence s'est fait. Je ne sais qui s'est levé pour ramasser le couteau et le remettre dans le plat, à plat, comme il était, avant, mais nous l'avons, ensuite tous surveillé du coin de l'oeil.


Alice a refusé que je commente ce genre de truc, inexplicable devant ses enfants, et moi, je suis restée scotchée, je n'avais jamais vu de couteau sauter en l'air ainsi. Notre maison est épatante. Je n'ai aucune explication, personne n'en a, et cela n'a, en fait, que l'importance qu'on lui accorde. Nous avons tous, d'un commun accord décidé de snober la faute de goût de ce truc.

Un attentat, du gâteau ou du couteau, contre le gâteau ou le sol, sans victime ni revendication.... Pfutt!  Cela sombrera dans l'oubli, aussitôt vu, aussitôt oublié.


Demain, nous n 'aurons pas d'électricité, phénomène rationnel, les enfants attendent avec joie ce saut dans le "moyen âge",  les enfants sont naïfs parfois.

jeudi 20 août 2015

Ah, elle pleure encore, celle-là!

Oui, je pleurais encore, enfoncée dans le siège arrière de la DS,  je pleurais, nous allions au cimetière où allait être enterré, mon frère aîné et je pleurais.

Je gênais, enfin j'agaçais, ma tante et mon oncle, moitié inquiets,  moitié énervés, j'aurais dû  ne faire aucun bruit, je tentais d'étouffer mes sanglots, je 'y arrivais pas. J'aurais dû me taire, me soustraire, me retirer  sous terre être rien, enfin,  moins que rien.

Pour le monde entier, seule la douleur de ma mère importait ,et, en pleurant j'ajoutais à sa douleur, sale bête, mauvaise.

Il m'a fallu des années et des années pour admettre que, moi aussi, petite soeur, de ce frère mort à 18 ans, alors que j'en avais 14, avais le droit de souffrir, même en silence, et même en hurlant. Cette souffrance, muette,  tapie, mais si profonde,  énervait tout le monde, exaspérait, et tous l'étouffait, je devais pleurer en silence.

Je pleurais mais étouffais encore plus,

Et aujourd'hui encore, alors que j'aspire  toujours à revoir mon frère je ne puis ni parler de sa vie, ni même de sa mort, mon frère n'a pas existé, et nous ne pouvons rien en dire, en parler plus de 40 ans après sa mort, reste toujours tabou. Sa vie aussi, d'ailleurs, comme celle de mon frère cadet qui s'est suicidé, à 22 ans, ¨Patrick, il ne faut jamais prononcr les noms d'Yves et Patrick.

Chuttt, tu vas faire de la peine  à ta mère.

Mais ma mère a t-elle eu un seul instant où elle a bien voulu quitter sa seule petite personne pour daigner nous regarder, nous, ses enfants, survivants, dont Patrick dix ans encore après la mort dYves?

Non seulement j'en doute, mais je n'y crois pas.

On ne peut, toujours pas aborder quoi que ce soit, avec maman qui puisse la faire souffrir, elle a déjà tellement souffert, n'est ce pas?





Mais nous? Notre abominable souffrance, notre plaie ouverte à jamais, qui en tient compte? Personne, je le pense. En tout cas, pas elle.

Maman se sent seule victime, en aucun  cas, nullement responsable, ni même empathe avec ses enfants survivants, nous devrions lui éviter toute peine et toute souffrance à jamais, quoi que nous endurions nous même, et surtout, quoi que nos frères morts en aient eu à pâtir.

Aujourd'hui, jour de la naissance de Clarisse, j'ai tenté de lui dire les difficultés de certains de ses petits-enfants, mais aussitôt se dressa le mur de J'ai tellement souffert, n'est ce pas, épargnez moi

Je préfèrerais mourir  que l'on me mente ainsi, le mensonge est un poison court et rapide, long et influant, nul n'en échappe. Vivre en se mentant  ainsi tue tous nos proches, j'aimerais épargner mes enfants et petits enfants, plus que je fus épargnée moins qu'ils n'épargneront leurs proches.

Et tout ce noeud, car seulement je tentais de lui expliquer les épreuves qui arrivaient à certains de ses petits enfants, petits enfants, dont elle est, théoriquement proche,  afin qu'elle y  soit attentive, et puisse tenter de les aider, je crois qu'elle les aime, mais aussi ce serait bien qu'elle les comprenne, les aide.

Je me suis rétamée, comme d'habitude, plus que rétamée, gamellée, ramassée en miettes broyées.

Pfuttttt, quelle indécrottable gnocchi, je suis.

mardi 4 août 2015

Le vide-grenier.

Si j'étais bloggueuse sérieuse j'aurais pris des photos, mais je suis dans la vie avant d'être dans ce blog, en général, et de plus en plus souvent, j'oublie au fond de mon sac ou  je ne  sais où, ma vie de blogueuse lorsque je vis la vraie vie.

Le réveil ce matin était réglé sur 5h55, je déteste devoir me lever tôt, en général je me réveille très tôt, mais le fait de devoir le faire fut pour moi, une obligation pénible, simplement, il était  6h 10, lorsque nous avons démarré la voiture chargée la veille. Et le rituel amusant des vides greniers  a repris,dès mon arrivée sur les lieux et les hésitations sur les emplacements donnés.

 Aujourd'hui, je vidais ma came avec une copine, 10 mètres linéaires de stand, pour nous et une longue journée pour papoter et prendre le temps entre deux vraies amies, deux vieilles amies, celles qui n'hésitent pas de parler de tout et de rien, de ne pas faire semblant, de rigoler et ausi de s'inquieter simplement sans jamais juger l'autre.

Dès potron minet, le coffre à peine ouvert les pros m'assaillent, je  vends pas mal avec eux, la plus part d'entre eux sont cleans et ils ont bien le droit de vivre de leur métier, moi, ce n'est qu'un passe temps mettant du beurre dans les épinards, pour eux, il n'y aurait ni beurre, ni épinards s'ils ne pouvaient faire d'affaires.

L'immense majorité des trucs que je vends sont classés par mon homme chéri comme juste "bennables", c'est à dire zou pour la déchetterie.

 J'ai toujours quelques objets improbables sur mon stand, objectifs de vente, ridicules, mais amusants que je me fixe, J'ai vendu aujourd'hui tout mon Longwy, cassé, réparé,  ainsi que le porte revue en fer forgé invendable selon mon homme....







Les trucs "bennés" sont détruits, ce que je vends a une seconde vie.

 Aujourd'hui, j'ai fixé mes deux objets challenges pour mon prochain vide grenier, un truc qui sera l'objet mystère, vendu 2 euros, et un autre truc, qui a bien plus de valeur, mais parfaitement démodé, je tente de le vendre 10 euros. Pour réussir mon défi, je vais devoir laver avec une brosse à dent l'horreur que mes enfants souhaitaient détruire à coups de pétanque et surtout tenter de mettre en valeur l'objet mystère, vendu, je le rappelle pour deux euros.

Tout cela n'est pas qu'un simple jeu, et je videgrenieétise très sérieusement, il y a tous les échanges, les gens qui tentent de vous anarquer, je crois même que l'on m'a volé un bracelet d'Afrique du Nord, et cela me peine, mais je sais aussi il y a tant de personnes honnêtes et si gentils, ces pros qui attendent gentiment que vous les aidiez et qui vous aident à leur tour, et l'immense majorité des particuliers adorables, Parfois des gens qui ont peu de moyens et à qui on fait des prix riquiqui, plus que, mais de toute façon, n'est-ce pas, on vend ce dont on ne veut plus.

J'ai fait une super vente, en rentrant mon mari a ri, lorsque je  lui ai dit, que sans souci, aujourd'hui, j'ai gagné quatre plateaux de fruits de mer, Je sais bien qu'ils ne sont que théoriques, mais je sais aussi que ma journée fut bien plus riche que ces quatres promesses de dîners fabuleux.

mercredi 15 juillet 2015

Cédric.

Notre vie en ce moment si fatigante si riche, mais finalement pleine de vies, vies des scoutes en camp, vies de mes petits enfants, vie bruissantes de bruits, de minuscules joies et de si petites contrariétés, notre vie a été assombrie en fin d'après midi, un nuage de tristesse a envahi nos coeurs.

Un coup de fil de Guillaume nous a appris la mort de Cédric, ami de Camille, témoin de son mariage. Cédric qui venait camper ici, il y a douze ans,  dans la salle à manger pour tenir compagnie à mon fils seul dans cette immense bâtisse, Cédric qui a été présent depuis si longtemps dans notre famille, comme un satellite familier, Cédric qui devait venir ce week end à la maison a préféré finalement mourir que vivre.

Cédric est né dans une mauvaise époque pour lui, grand érudit, littéraire à en crever, il acceptait gentiment toutes nos excentricités, nos ignorances, il acceptait même que si peu de gens aimaient ce qui lui permettait de respirer dans notre monde de brutes.

Notre société est sans pitié, mais y a t-il jamais eu une société tolérante? Je l'ignore, une société qui permette que les gens ne soient pas tous sur le même moule et qui s'enrichit de ces différences? J'en rêve, depuis si longtemps, mais cela relève de l'utopie, et au fond de moi, j'ai le sentiment que Cédric n'était pas fait pour notre monde, hélas.


Ce soir, bien-sûr mes pensées vont vers lui, vers sa famille, ses amis, et j'espère de tout mon coeur qu'il a enfin trouvé, "là haut" la sérénité, une forme de bonheur à laquelle il aspirait. Cédric qui écrivait dans sa solitude des romans qui ne trouvaient éditeur et vivait en distribuant des publicités dans les boîtes aux lettres. Cédric en a eu assez, et a appuyé sur la touche "Echap" et il n'y aura pas de "GameOver".




Le nuage passera vite chez nous, il y aura des souvenirs, une tristesse devant tant de gâchis, et un terrible aveu d'impuissance.

Notre quotidien est toujours animé, ce soir, deux petits sont atteints de Hauboss, enfin de varicelle, l'un a deux ans et l'autre six, nos journées seront encore et toujours animées, trop pour que je m''interdise à penser à l'avenir de ce si charmant blondinet, sera t-il, un jour lui aussi un écrivain en détresse? Ou encore de cette ravissante demoiselle, se fera t-elle trahir par son amoureux? Ils auront à jamais en viatique le trésor d'enfances heureuses, ce viatique devrait les aider pour vivre à jamais, je l'espère et je crois.

mardi 7 juillet 2015

Admis, mention BIEN.



J'ai eu si peur, je n'osais cliquer pour ouvrir la page, j'avais l'impression d'ouvrir, peut-être, la fosse des pendus, cette nuit j''ai encore repassé mon bac, j'espère pour la dernière fois. Il était ce matin, 8h 50.  Cette nuit, j'ai passé une fois encore,  pour la dernière fois, je l'espère une épreuve du bac.

Je ne sais où j'étais, mais je savais où je devais aller, le bac se déroulait dans un lycée aménagé dans une ancienne caserne, la caserne de l'Orangerie, je connaissais, c'était dans la vieille ville, mais pourquoi me suis je trompée de bus? J'arpentais alors le bord de mer, j'étais sur une route d'un quartier résidentiel, fort loin de la cité. 

Il était huit heures, jamais je n'arriverai à temps.

J'ai marché longtemps, au moins dix minutes avant d'atteindre un quartier moins excentré, chance j'ai réussi à monter dans un bus allant dans  la vieille ville,  puisn courant dans les rues je demandais mon chemin, et je suis enfin arrivée à la caserne de l'Orangerie.

Je suis d'abord entrée dans une salle fort sombre, où des étudiants planchaient déja, il était 8h 50, affolée j'expliquais j'avais si peur de déranger la jeune femme présidant l'examen. La prof, tailleur bleu-marine, lunettes et chignon serrés me souria puis me désigna une salle à côté, et me dit

"Ne vous inquietez pas, vous êtes encore dans les temps, et pour de la philo, vous pourrez rattraper"

Je suis alors entrée dans la salle désignée, celle ci était éclaboussée par endroit d'un soleil, trop chaud, des tables ça et là, des étudiants un peu dispatché au hasard.

Présentant ma convocation et ma CI, il était 8h53, j'avais encore du temps.

J'hésitais puis choisis une petite table, toute seule, à l'ombre, comme sur toutes les tables disponibles, il y avait un petit tas de couleurs sur un coin.

Les couleurs étaient les sujets, quatre couleurs, bleu, jaune, vert et rouge, quatre quirlandes en lettres de plastique un peu brillant, mou, un peu comme des jouets de bain pour les bébés,  quatre guirlandes composant chacune une phrase, bateau, sur laquelle il nous fallait composer.

Sans les lire toutes, je choisis la guirlande bleue

Faut il aimer pour être heureux?

Mon rêve pris fin, je me suis réveillée.

 Ce matin, Hubert a obtenu son bac, mention bien, il a eu 17 en philo, mais lui avait choisi un thème merveilleux , inspiré "De  divinatione" de Cicéron, "Peut-on prévoir l'imprévisible" ou quelque chose dans ce goût là.

Hubert  a obtenu 17/20 en philosophie, et une mention bien, au bac,  haut la main, avec presque 15/20 de moyenne générale, malgré son 5/20 en français écrit l'an dernier, et vive la vie, mais il me reste un fond d'angoisse assez fort pour cet andouille de Valentin...

A t-il eu sa licence ou pas, un suspense un peu intense, mais de toute façon on fera avec ou sans.



lundi 1 septembre 2014

Et bonjour madame Fée Restaurant!

                                             
Hier soir, peut être ou alors avant hier soir, chez Alice se tint à peu près ce dialogue.

Victoria (5 ans)  déguisée en fée surprit son petit frère de tout juste 26 mois, qui avait oublié certains détails de leur vie nantaise, Victoria a retrouvé ses jouets d'antan, enfin d'avant au moins  le mois d'août. 

Paul interloqué de voir des ailes dans le dos de sa soeur la prévint

Victoria, t’as un papillon mort sur le dos! 

J'imagine sans peine la moue de dégoût de sa soeur et aussi son désappointement, quelques minutes plus tard, et j'imagine, quelques explications aussi, Paul ayant compris que sa soeur était une fée, tenta un grand coup

Fée donne moi un Mac Do


Au dire d'Alice, leur mère, Paul mentionne si souvent cette enseigne qu'elle se demande s'il n'est pas sponsorisé, Paul est un magnifique petit gars, blond et déluré, il ne passe nul part sans être remarqué, remarqué comment? Ca dépend de son humeur, des gens et de leur compréhension des enfants.

Victoria sans se laisser impressionner répliqua aussitôt

 Ca va pas? je suis pas une fée-restaurant! et puis y’avait pas de mc do au temps des chevaliers! Et puis on salue en s’inclinant pour dire bonjour aux fées. 

Disons le tout net, Victoria sans être féministe, se déguise en fée, ne se laissera jamais marcher sur les pieds, elle a de qui tenir bon sang ne saurait mentir.



                                          Le point de vue de Victoria sur les relations hommes-femmes


Petit Paul, honteux et tout confus, enfin tentant de l'amadouer et désireux d'apprendre le code compliqué des fées lui répliqua aussitôt

Alors comment je mange?

Son aînée lui répondit

II te faut une femme

La petite sait que les hommes ont bien du mal parfois pour se débrouiller seul, imaginer Paul se nourrir seul a dû la glacer d'horreur  des knakies même pas chauffés et autres trucs d'hommes préhistoriques, pour le moins.

Paul répliqua aussitôt:

Fée veux tu être ma femme?

Paul voulant jouer et  devant avoir faim, état semi permanent chez ce petit bonhomme qui happe toute calorie à sa portée, la brûlant dès qu'elle est avalée

Mais non! les fées n’épousent pas les chevaliers! Les chevaliers épousent des chevalières.

Paul réfléchit à peine un instant et lui dit

Ok, veux tu être ma chevictoria?

Victoria fit mine de ne pas avoir compris et détourna la conversation sur les preux chevaliers et les fées, deux mondes incompatibles, vraiment.

Je ne sais pas si Paul a obtenu un xième goûter, mais je sais  qu'il devra faire bien des progrès avec les nanas.

Et bonne rentrée demain petits et grands!




                     Les femmes et les hommes du point de vue du petit Paul monde idéal, pauv'gars

jeudi 28 août 2014

Erreur de manip!

Parce que mon ordi rame, Hubert est de retour, n'y voyons aucun mal, mais lorsque Hubert est à la maison, surtout après une absence, ma connection est minable, parceque mon ordi rame et que je discutais avec mon mari, juste assis à côté de moi, j'ai, par erreur, effacé une page complète de commentaires.

Je crois qu'une page de commentaires représente 100 commentaires. J'en suis vraiment désolée. L'humour de la vie veut que mon mari voulait justement lire mon blog et que je tentais de l'en dissuader, vainement, il me disait alors combien il admirait le fait que je tienne ce blog et cela m'ennuyait profondément, car si j'aime partager, je n'estime pas mériter ces compliments et j'ai commis alors un acte manqué, voulant effacer des spams, j'ai effacé une page de commentaires publiés, en cliquant avec agacement car la vitesse lente de mes actions m'agaçait.

Je m'en veux car certaines discussions, ici ou là était franchement intéressantes. Des pros pourraient récupérer, vous avez compris je suis loin d'être performante.






J'arreterai là mon auto flagellation mais vous présente mes sincères excuses.

Et là, je devrais aller engueuler Hubert car il nous laisse pas vraiment de débit, style le gars qui se fait couler un bain au rez de chaussée alors que ceux des étages pleurent pour simplement se brosser les dents!

mardi 13 mai 2014

Article cynique.

Ayant beaucoup réfléchi, je crois que je suis effectivement cynique.

Qui appartient à l'école philosophique grecque d'Antisthène et de Diogène. (Les cyniques [Ve-IVe s. avant J.-C.] méprisaient les conventions sociales et affichaient leur indépendance d'esprit.) Larousse

Depuis quelques jours, les médias nous reparlent de la petite Fiona, enfant martyre, disparue il y a juste un an, son corps n'a pas été retrouvé et tout le monde la bouche en coeur espère que ces nouvelles fouilles entreprises aujourd'hui permettront de  le retrouver. La mère et le beau père de Fiona ont "oublié "l'endroit où ils l'ont enterré.

Depuis le premier jour, j'étais persuadée que Cécile mentait, je ne sais pas trop pourquoi, cynisme, sans doute. Cette enfant ayant disparu dans la ville où j'habitais encore, j'avais suivi l'affaire, après sa mort, Fiona a été mise nue dans un sac poubelle, afin d'être enterrée dans la forêt d'Aydat, de nuit.

Dans une forêt la nuit, l'obscurité est totale et à moins de connaitre parfaitement les lieux, ou d'être habitué à des expéditions nocturnes à la campagne, et équipé de lampes frontales, personne ne peut repérer un endroit propice pour enterrer discrètement quelque chose, il faut être hors de vue de la route, creuser avec une pelle une fosse assez grande, malgré les racines, la terre tassée, la difficulté est énorme.  Le Point

Ce matin en entendant les espoirs de la grand mère, de l'avocat de Berkane Makklhouf, je me suis dit que je devais être la seule cynique de France, car depuis fort longtemps je pense que cette enfant a été jetée dans une benne à ordures.  Céline et Berkane sont peut être allés au lac d'Aydat, ils ont constaté l'impossibilité d'enterrer de nuit, sans équipement, cette enfant. Fiona était nue, dans un sac poubelle, alors en rentrant à Clermont, Céline a obéi à Berkane quand il lui a dit de s'arrêter  devant des bennes d'ordures, il est sorti, a pris le sac et l'a déposé dans une benne, Céline torunait la tête ailleurs. Ils sont rentrés sans rien dire et depuis n'en ont plus jamais parlé.

Pourquoi suis je la seule cynique? Comment cela a t-il pu arriver? Il faudrait peut être que je prie pour que mon cynisme soit démenti, et que l'on retrouve une petite tombe, comme tout le monde j'en serai soulagée, et peut être gagnerais-je quelques points d'espoir dans l'humanité.

"Derrière tout cynique se cache un sentimental" Louis l'Amour



dimanche 4 mai 2014

Ouf, c'était hier.

Ouf c'était hier et c'est fini.

Tout s'est très bien passé et c'est le principal, il n'y a eu ni accroc ni accrochage, il faisait beau  et maman, comme toujours avait fait les choses "bien", il y avait des fleurs partout, et elle avait  fait mettre par le traiteur les petits plats dans les grands. Avec soulagement, nous avons subi une séance photo ligth quand on connait l'amour de  maman pour les photos posées,  j'en étais fort surprise, j'ai pensé qu'elle devait être bien fatiguée.

J'ai retrouvé avec plaisir  un de mes oncles et sa femme, ainsi que deux ou trois  cousins que je n'avais pas  vu depuis presque quarante ans, si ce n'est aux enterrements. Maman voit pourtant  beaucoup sa soeur, mais peu son frère, pour je ne sais quelle raison,  ils s'entendent assez bien et ne vivent pas si loin.

Avec amusement j'ai contaté que mon oncle  Georges qui nous paraissait vieux il y a 38 ans, car déjà un peu chauve et un peu rondouilllard n'avait alors que 37 ans. A 75 ans, il n'est pas tellement plus chauve ni vraiment plus bedonnant, pas beaucoup plus vieux, ou alors c'est nous aussi qui vieillissons, cet oncle n'a que 13 ans de plus que mon mari, c'était un écart énorme de génération, aujourd'hui, c'est une petite différence d'âge.

La partie artiste de la famille est restée artiste, les fous de mécaniques adorent toujours les belles voitures, les gens ne changent pas vraiment. Les réunions de famille comme celle ci sont toujours un peu incongrues, elles réunissent des gens qui ne sont pas vus depuis des décennies, des qui se croiseraient peut-être dans la rue sans se reconnaitre et qui si si ce n' était les liens du sang ne se parleraient qu'à peine parfois s'ils étaient voisins.

Comme d'habitude j'ai failli ne pas reconnaitre ma soeur, enfin, je la reconnais souvent par déduction, Ce n'est pas X, ce n'est pas Y  Ah ça doit être Christine. Ma soeur  a toujours aimé changé de tête, d'un petit carré chatain d'il y a deux ans elle est passé à des boucles mi-longues blond cendré, de grosses lunettes et la reconnaissance faciale est plus difficile, surtout quand on l'a connu des années en rousse. Heureusement elle s'est approchée de moi alors qu'indécise je restais à me demander qui était cette femme, une cousine? Une femme d'un de mes cousins?

Comme d'habitude les hommes se sont occupés et ont occupé la jeunesse avec une partie de pétanque diabolique, histoire de voir qui sont les plus forts, chance les forces des deux familles en compétition étaient à peu près égales. Greg et Charlotte sont toujours très organisés, Charlotte avait prévu avec raison, du ravitaillement spécial enfant et Greg prenait la jeune troupe en main pour des jeux inventés, parties de foot,-rugby dans la piscine désaffectée, Mes neveux et nièces avaient eu la bonne idée d'apporter des jeux de société pour terminer la journée.

Nous sommes partis lorsque mes jeunes qui restaient prenaient en charge la commande pizzas. J'ai honte de ne pouvoir retourner lundi et mardi afin d'aider à ranger, maman est trop âgée pour faire grand chose et je crains fort que les choses restent en l'état très longtemps, elle part en croisière dans une dizaine de jours. Je lui téléphonerai demain,  et pourrais aussi lui demander si elle a trouvé une organisation suffisante, si elle le souhaite nous pourrions passer en son absence.


Maman parlait hier de faire uen fête pour les cinquante ans de la maison, je ne sais pas si cela se fera, je ne sais pas si on peut recoller des morceaux d'histoires, des  gens aux enfances fracassées qui se sont soignés  loin  les uns des autres, en cherchant chacun à oublier le malheur à leur façon.  On l'a tous oublié, je crois, mais il suffit parfois d'un pas grand chose, pour que cela remonte et nous explose à la figure.

Le mas de maman fut très beau, beaucoup de gens sont frappés par sa beauté lorsqu'ils viennent pour la premier fois, moi, je n'y vois guère qu'une  maison qui a la scoumoune, pourtant ce fut là où s'est  donné  la fête pour mon mariage, peut être un jour, verrais je cettte maison autrement.


vendredi 2 mai 2014

La bonne grand-mère.

Ainsi donc, demain, nous allons chez maman fêter ses 80 ans, avec bien du retard, j'y vais les pieds en arrière, déjà j'ai mal à la gorge, je sens une angine qui monte et je m'agace de tout, je déprime, cela ne va pas, j'ai peur.

Peur de tout et surtout de multiples rien, de pas grand-choses donc, mais lorsque on accumule les pas grands choses  parfois cela devient des montagnes.

J'ai tout fait pour ne pas y penser cette semaine, m'étant donné un défi ménage, ranger et laver, tout,  de fond en comble dans la cuisine, sachant que nous avions aussi démeublé le petit salon, histoire de le cirer et que les choses lorsqu'on les range sont comme des Mikados, impossible d'en bouger une seule, il faut tout faire, ou ne rien faire.

Mon homme a fuit mon hyper-activité ménage en entreprenant la peinture de la buanderie, jamais peinte depuis des siècles. A présent, mis à part la cave, il a vraiment repeint toute la maison, encore que la chaufferie, il faudra que je lui en parle...

Faire le ménage est un travail que j'aime bien, cela peut être long, épuisant mais les choses ne sont jamais décevantes, à la fin tout est en place et propre. Hubert visitant la cuisine et la buanderie, nous a dit

C'est marrant, on dirait qu'on vient d'emmenager, tout est rangé et il y a de la place sur les étagères!

Ce matin, je me suis empressée d'acheter des trucs pour remplir les vides de mes étagères du placard aux provisions.

Mais, aujourd'hui j'avais programmé de me reposer, et c'était sûrement une mauvaise idée, le repos laisse grossir les noeuds dans l'estomac, les noeuds au cerveau, aussi, pour demain  je ne sais pas comment je vais m'habiller ni quel temps il fera,  mais j'ai préparé un sac pour mes petits enfants.

Je sais que chez maman, il n'y aura pas grand chose pour les petits, rien pour les amuser et au début rien à manger de bon,  il y a trois semaines, maman pensait leur faire servir le même menu que celui des adultes, j'ai imaginé la tête de mes petits enfants,  devant leur "Tian de légumes et son petit coulis de tomates à la menthe fraîche" ou  "La  salade fraîcheur de la mer" et l'ai convaincue que  c 'était gaspillage et qu'ils préfèraient des choses basiques,  des trucs vraiment comestibles. Ce jour là, j'ai  alors décidé d'emporter un sac avec des petites surprises.

Il y aura du chocolat, car finalement Pâques ce n'est pas si loin;
Il y aura des ballons de baudruche car Perrine adore cela, et  son petit cousin aussi.
Il y a encore des épées à bulles, je crois que nous aurons du vent, et ces épées- là devraient faire de grosses bulles toutes seules, je sais que devant le mas, près de la vieille piscine, les bulles voleront très bien.
J'ai encore acheté des pistolets à eau, mais ce seront mes dernières cartouches et ne les sortirai que si le temps le permet en fin déjeuner.

J'en ai pris bien sûr de trop, car il y aura peut être quelques enfants qui auront envie de ces bricoles.

J'aurais aimé pouvoir profiter des enfants,  je sais que je n'en aurai pas le temps, le déjeuner est placé autrement dit je serai coincée. J'ai horreur des repas qui durent des heures et je serai patiente, enfin j'essaierai, j'ai horreur des bêtises convenues que l'on dit à ces repas de famille et je ne dirai rien, enfin j'essaierai.

Alice au téléphone m'a dit

Tu n'as qu'à penser à Agnes Jaoui et Jean Pierre Bacri...

Nous avons la même affection pour  " Le Goût des autres",  " On connait la chanson" ou bien sûr "Un air de famille". leurs familles mises en scène sont les mêmes que la notre.

Après demain je serai contente, ouf ce sera fini, peut être que je serai heureuse d'avoir passé de bons moments ou simplement d'avoir évité le pire, chez ma mère, en famille, le pire n'est jamais à exclure. Je croise les doigts.

La thèse sur rien, dans On connait la chanson






mardi 22 avril 2014

Allez, faites vous plaisir!

On me dit "prout prout" mot d'une élégance infinie pour désigner, je crois, le fait que je ne considère pas tout style de vie enviable ni même parfois acceptable.

Vous ne souhaitez pas rencontrer le copain de votre soeur, quinquagénaire, type que votre aînée, tout juste divorcée,  a rencontré sur internet, copain dont vous avez eu les premières photos en direct, photos que me montra ma soeur toute émoustillée,  le jour du mariage de mon fils ainé, Yann. J'ai vu alors des photos d'un gars, l'air sympa, barbu, à poil dans une baignoire de mousse, vous dites, Shokking, on vous rétorque Prout prout!  Douze ans plus tard, j'ai accepté le compagnon de ma soeur, il n'est strictement rien pour moi, mis à part qu'il évolue dans l'environnement familial du côté de chez ma mère.

De même, vous ne souhaitez pas admettre toute jeune fille , fut elle hyper sympa comme votre fille à vie, car vous ne savez pas si elle sera votre fille à vie, on vous dit réac tendance fashiste, alors que vous pensez surtout ne pas engager ces jeunes plus loin que ce qu'ils ne peuvent le faire à cet instant, en vrai.


Vous êtes choqué par ces gens qui répudient leurs compagnes ou compagnons d'un seul SMS, voire d'un message via l'AFP, on vous dit réac, vous pensez mufles.

La délicatesse est prout-prout, la politesse réac. Soyons, cool, soyons sans responsabilité, ne nous fâchons jamais avec nos familles, on se fiche de ce qu'ils font, on se moque de leur éthique, restons Zen. La zennatitude, est géniale, un truc hérité de l'autre siècle, seconde moitié du  XX ème.

Aujourd'hui beaucoup d'adultes ne sont responsables de rien, ils vivent pour eux, sans aucun souci, mis à part celui de leurs petits bonheurs, ne s'inquiétant même pas vraiment de l'avenir de leurs enfants, ni d'ailleurs de celui de leurs parents. La conscience ne culpabilise pas, on compatit pour les souffrances lointaines d'un peuple, on donne un peu aux restos du coeur, on est moderne, on reste zen.

Alors parfois j'ai envie de devenir anachorète, maladie grave qui me mettrait à l'abri de ces dégénérescences  de l'âme que je ne veux accepter. J'aurais dû rompre définitivement avec ma famille, cela eut été plus clair, hélas, j'ai eu peur de faire encore plus de peine à ma mère. Mais de fait, je crois que j'aurais mieux fait, les faux semblants vous retombent toujours sur la gueule, un jour ou l'autre.


Théoriquement je devrais aller dans dix jours,  à une pseudo réunion de famille pour les 80 ans de ma mère qui ont eu lieu il y a plus d'un an, mais qu'elle n'a pas voulu fêter l'an dernier, trop fatiguée pour cela, mais pas pour partir en  croisière. Maman devrait je le crois, se contenter de partir en croisière, elle préfère et il me semble que cela lui convient  mieux.

Ma soeur ainée, Françoise et mon jeune frère Jean Pierre s'entendent bien avec ma mère et vivent pas trop loin de chez elle, j'ai bâti une vie très différente, et ne  m'entends pas du tout avec mon ainée et pas trop avec mon cadet, je me suis fait une raison, on ne choisit pas sa famille et eux, ne vous choisissent pas non plus. L'accepter serait maturité.

Mais ma mère ne veut pas renoncer, ses 80 ans, elle y a droit. Peut être mais à quel prix?

Je me demande si je pourrais louer pour ce type d' occasions, à la journée, une pseudo Penelope Waterloo, née Bérézina, un leurre, un doublon, un sosie. Cela suffirait à ma famille, ils savent que je vis, ils n'acceptent pas que je ne me laisserai plus jamais manipuler, coincer, même pour faire plaisir, car de fait, je ne ferai pas plaisir, je ruerai, à un moment ou à un autre, à moins d'avoir l'âme anesthésiée.

Mais on attend de moi que je vienne, que je pose sur des photos, que je souris même, et que je me taise, surtout que je me taise et évite même de penser, ça dérange.


Après la mort de mon père il y a trente cinq ans, maman  a laissé tomber beaucoup de valeurs qui étaient les siennes, peut être étaient elles siennes par contrainte et que la facilité d'accepter tout et n'importe quoi était plus dans son tempérament. Cette apparente tolérance est un piège, je ne le sais que trop bien, j'en constate les ravages tous les jours autour de moi.

Maman invite sans barguigner les copains et copines de ses petits enfants, même ceux qui ont tout juste 20 ans, les enfants issus de premières unions de leurs compagnes ou compagnons, diluant le tissu familial, le noyant dans une approximation, donnant l'exemple même d'une grand mère tolérante alors que je ne vois que celui d'une grand mère indifférente. De fait je n'en veux bien sûr nullement aux enfants, ni aux jeunes, ils sont les premières victimes de cette permissivité.

Les gens qui n'ont pas su créer de familles, s'en fabriquent et acceptent n'importe quel assemblage étrange pour éviter la solitude, ils aimeront aussi faire la fête avec des soi disant "amis", on exige seulement des gens qu'ils soient consensuels et de bonne humeur. L'indignation devant se sanctuariser dans le pré carré de Stéphane Hessel, le bonheur se diluant dans une philosophie de super marché dans un monde où l'apparence seule compte, et où le leit motiv lancinant est

Allez faites vous plaisir!


Je hais cette expression, je ne veux pas du plaisir, je veux du vrai bonheur, même si on rame parfois pour en avoir des petits bouts, même si on doit faire des choix pour cela, même si ce n'est pas toujours facile. Je ne suis pas consensuelle.


Pour moi, le consensus semble être un processus d'abandon de toutes ses croyances, de tous ses principes, de toutes ses valeurs, et de toutes ses politiques. Donc c'est quelque chose en laquelle personne ne croit et à laquelle personne ne s'oppose. - 

Margaret Thatcher






mardi 15 avril 2014

Faut il tuer Lola?

Faut-il tuer Lola? Aujourd'hui à 15:16

isa


Just Alice herself !
Just Alice herself !
Lol! Ça ressemble à une blague mais Lola il y a.

En novembre dernier nous avions recueilli Oscar, minuscule escargot s'ébattant joyeusement dans ma salade, qui fut adopté par la classe de Victoria puis relâché dans la nature avant les vacances de Noël.

Victoria était très déçue de n'avoir pu le garder et souhaitait en trouver un autre. 

Mais de fait, en nettoyant mes poireaux, c'est une limace que j'ai trouvé. Une toute petite limace. J'ai essayé d'abord de la noyer, j'avoue. Mais elle s'est accroché à la bonde et est ressortie. Victoria l'a vue et aussitôt nommée Lola.

On l'a mise dans un bocal de confiture avec quelques fanes de navets et du vert de poireaux. Mais il est clair qu'elle y est à l'étroit.

Pour Oscar nous étions allés creuser un peu de terre dans un chemin pour créer un terrarium, et j'avais dû en déloger quelques opportunistes cherchant à se faire adopter eux-aussi, surmontant un irrépressible dégoût. Je ne recommencerai pas pour Lola qu'on se le dise. Je ne veux PAS d'une énorme limace dans la maison susceptible d'être libérée par Paul quel que soit mon degré de vigilance. Yeurk!

Mais faut-il tuer Lola? Victoria m'en voudra à mort. Et puis quel exemple pour Paul à qui je tente vainement d'expliquer qu'il ne faut pas écraser les petites fourmis (ni tenter de chasser les pigeons/poules etc...). 

Faut-il la relâcher en pleine 'nature', ce qui veut dire dans le chemin près de chez nous alors qu'il s'agit d'un insecte nuisible...

Faut-il la garder encore? Mais jusqu'à quand? (yeurk!) A-t-on droit de vie ou de mort sur les insectes? 

Inutile d'espérer que les enfants l'oublient pour m'en débarrasser discrètement. Voulez-vous adopter Lola? dommage que Paul n'aille pas encore à l'école!


Tous ceux qui me suivent depuis quelques temps, savent  que Victoria est la fille aîné d'Alice qui est elle même ma seconde fille et quatrième enfant, Victoria, petite fille adorable, chipie et précoce, a eu cinq ans il  a trois semaines, elle est végétarienne convaincue depuis plus de deux ans. Paul son frère aura deux ans dans trois mois, mais de fait il ressemble tant physiquement qu'intellectuellement à un gosse de trois ans.

Ce message a été posté par Alice, aujourd'hui sur notre forum familial, forum dont les seuls membres sont  mon mari et moi même, nos descendants et alliés, avec en seul membre de plein droit extérieur Maxime. 


Penelope  Re: Faut-il tuer Lola? Aujourd'hui à 16:19

penelope


The best Scribouilleur ever
The best Scribouilleur ever
Les limaces ne sont pas des nuisibles, justes des emmerdeuses, je relâcherai Lola. 

Les limaces font partie de la bio diversité, je les détruis si j'en ai trop dans le jardin, mais je ne les ai pas personnifiées tuer une limace qui a un nom est non seulement cruel mais constestable d'un point de vue éthique.

Si tu penses que c'est plus facile de la relâcher chez nous, pas de problème, je n'utilise pas d'insecticide, on évitera les fraisiers.



 Camille Re: Faut-il tuer Lola? Aujourd'hui à 16:25

Pierre


Légende de la scribouille
Légende de la scribouille
mets du sel dessus et attends ! ^^

tu peux aussi essayer la bière, le tabasco et le vinaigre blanc ;-)

ou sinon tu la relâches mais moi, à choisir....

 Et ce soir je me suis fait la réflexion,  aboutissant à une vérité bien connue des publicitaires que seul ce qui est nommé a une vie, ainsi lorsqu'on veut attirer l'attention sur  un enfant malade il se prénomme Théo ou Emma, pas un petit enfant de cinq ans, ainsi  lorsqu'on nomme un bébé que l'on attend il a déjà une vie, une vraie vie dans notre tête, pas une théorie.

Je me souviens des tollés de protestations lorsqu'on a su que des associations voulant aider les mamans  en souffrance après avoir  subi une IVG volontairement, proposaient de donner un prénom à ce bébé qui ne naitra jamais.  J'utilise sciemment ces mots, subir une IVG, je pense que l'immense majorité des femmes préfèreraient ne jamais devoir faire cela. De nos jours 30% des femmes en France ont subi une ou plusieurs IVG.

L'affaire de Gerson qui bouleverse les extrémistes de la laïcité dure et pure, m'a remis en tête ces chiffres, morts sur les routes? 3000 par an, IVG, 230 000 par an.

Les embryons victimes d'IVG sont ils des "vies en devenir" ou des bébés à naitre, des vraies petites vies? Cela dépend peut être d'un simple prénom.





                                         Pas plus gros qu'une limace.

samedi 1 mars 2014

A Maxime.


Merci Maxime d'être venu à la maison, depuis trois ans, je savais ton retour ici improbable, nous sommes trop loin de tout et grande joie, hier, tu étais de nouveau parmi nous, chez nous qui est aussi chez toi. Et ce matin m'est revenu tes vacances, ici , parenthèses pour nous tous de ce monde si dur.

Lorsque nous nous sommes installés dans cette maison, Guillaume et toi, la connaissiez mieux que quiconque, nous essayions bêtement de l'amenager, vous la découvriez, bien vite aucun recoin ne vous était inconnu.

Je crois que le premier tu avais trouvé le sac de vinyles dans ce qui était encore un grenier, et tu avais alors sorti des merveilles insoupçonnées, avec Guillaume vous  essayiez tous les disques les uns après les autres sur la vieille "chaîne", qui était à sa place de toujours à droite de la cheminée du salon, certains disques  avaient mal vieillis, d'autres étaient de pures merveilles.

Nous avons écouté plus d'un été Giorgio, musique lancinante dont nous nous saoulions plus que de raison, parfois tu tentais de me faire écouter "La Maison Bleue" de Maxime Le Forestier à qui tu dois, je crois, un peu ton prénom mais je ne pouvais pas cacher mes larmes dès les premières notes de  "Mon frère", je ne le peux toujours pas. Le temps ne nous insenbilise pas.

Tant de belles de douces choses, me sont revenues, les soirs d'orage où lorsque la véranda devenait piscine nous faisions éclater du pop corn  qui sautait dans toute la cuisine, on faisait mine d'avoir oublié de mettre un couvercle...

Vos parties de capes et d'épées donnaient lieu souvent à un spectacle aussi raffiné, que parfois trop compliqué, des histoires d'honneurs et de duels, Guillaume a toujours été un preux chevalier et il vous avait entrainé dans son monde. Ce monde de preux, qui vous a poussé à nous  demander d'acheter la maison lorsque nous l'avions visité pour la première fois, mon mari et moi et vous quatre, toi, Guillaume, Valentin et Hubert. "On l'achète, on l'achète " criiez vous,sitôt embarqué pour le retour  à l'arrière de la voiture. 

Vous n'étiez même pas rentrés dans la maison mais vous vous étiez poursuivis, avec des épées de bois, sautant de murs en cours et cela vous avait comblé et vous étiez certains que cette maison était la maison qu'il nous fallait. Votre avis a bien pesé dans la balance de notre décision emportant notre raison, nous voulions une maison  plus pour les enfants que pour nous. Cette maison pouvait abriter bien des rêves.

 Les étés, vous tiriez pour les réunions familiales des feux de joie,  en prime time, le 14 juillet, du feu d'artifice municipal que nous apercevons de la maison, votre  feu d'artifice nous remplissait de fierté, le monde vous appartenait. Nous remplissions année après année  une brouette de bouteilles rangées, dans la première grange afin que vous puissiez organiser cette petite fête, vous étiez d'abord chaperonnés par Camille puis Guillaume et toi en maitres d'oeuvre.

Parfois il est difficile de renouer les fils, d'autres fois c'est simplement une évidence. Et j'écoute, aujourd'hui,  Giorgio mais nous ne t'avons pas dit, la vieille platine ne marche plus depuis deux ou trois ans, un de nos amis, Nicolas que tu connais, nous a promis de s'en occuper, je crois qu'il faut que nous la lui portons à réparer dès qu'il reviendra en vacances, près de chez nous,  il parait que ce n'est pas grand-chose, les pas grand-chose sont parfois très importants.

mercredi 29 janvier 2014

Me réconcilier avec ma mère.

Si vous détestez les sujets "privés" cela ne vous intéressera pas. Mais, de fait, mes préoccupations sont variées et si ces derniers temps j'ai beaucoup parlé de la vie politique, aujourd'hui j'ai envie ou besoin, je ne sais pas de traiter  ce sujet, tout à fait privé, mais qui, finalement est universel.

Dans mon timing, je m'étais dit Me réconcilier avec ma mère en début d'année.

A strictement parlé je ne suis pas fâchée avec ma mère, donc le truc de la réconciliation n'est pas d'actualité, mais je n'ai plus envie de lui parler, c'est tout.

Depuis plus d'un an, je ne lui parle pas, pas du tout, faire semblant c'est pas mon truc.

Enfin, cela vous parait pauvre explication, mais c'est un peu comme si la dernière corde de mon coeur me liant à elle a cédé. Si je reprends langue avec elle, sincèrement cela serait plus par sentiment d'obligation, car je suppose que ma mère souffre de cet état de fait, mais franchement, moi, je m'en porte mieux.

Ne plus dormir pendant trois semaines car ma mère me pourrit la vie avec ses exigences pour venir à la maison, sans comprendre ni accepter mes contraintes, je ne veux plus.
Etre couverte de honte et avoir envie de la tuer, car elle me coince dans un dîner de baptême organisé à la maison avec le curé pour  me contraindre à être "plus gentille" avec elle, me terrifie.

Ai je le droit de vivre les événements familiaux sans avoir ce poids qui m’entraîne dans l'angoisse, les pleurs, les ennuis?

Ma mère pense que puisqu'elle est ma mère, c'est normal. Moi, j'ai décidé il y a plus d'un an, que j'ai le droit de vivre ma famille sans qu’elle la squatte et me mine.

Lorsque je me suis mariée, dans la tradition féminine, les femmes se retrouvaient pour se plaindre, plus ou moins en saintes couronnées du devoir de supporter  leurs hommes. J'ai refusé de participer à ce lynchage qui ne me plaisait pas, je trouvais cela minable et hypocrite. Mon homme et moi, c'est mon homme et moi, et cela ne regarde pas les autres.

Se rajoute au passif, le bête sentiment de la jalousie, jalousie larvée, parfois jalousie déclarée. Je n'en veux à personne mais ne me sens pas liée à ces bêtises, chacun mène sa vie, au bout d'un temps, à chacun le lit qu'il s’est fait. Les choix de vie sont différents, avec des inconvénients et des avantages qui en sont inhérents.

Je me suis mise  d’années en années encore plus en dehors des chemins familiaux, et n'y suis jamais rentrée. Soyons clair, je n'y entrerai jamais, ma mère le sait. Il faudrait néanmoins que je reprenne l'initiative et lui reparle.

Je pressens cependant que ma mère bien que contrariée par cette situation  en est soulagée, l'an dernier elle a fêté ses 80 ans à Pâques, date que j'avais suggéré, elle ne m'a pas invité, nous ne nous parlions plus depuis quelques mois, mais un simple mot, et nous serions allés, mon homme et moi seuls afin de ne pas envahir. Maman se sent contrainte par notre présence. Depuis toujours elle a du mal avec moi, elle me reproche d'être ce que je suis.

La situation est navrante. Pourrais je l'améliorer? Honnêtement je ne sais pas. Je n'ai plus envie ni de la faire souffrir, ni souffrir à cause d'elle. Dois je toujours souffrir d'avoir cette femme comme mère? Ma mère doit elle supporter à vie de m'avoir comme fille?

                       
                                                                            Sanae Alami

mercredi 27 novembre 2013

Le Père Noël se nomme Amazon.

 Je n'achèterai pas  le Petit éloge de l'anarchisme, Dieu créateur m'a pourvu au départ d'une énorme capacité  de jugement moral et de créativité en toute liberté,  ainsi qu'une résistance assez poussée aux  tentatives de manipulations dont nous sommes de plus en plus victimes, je pourrais vous poser quelques questions afin que vous jugiez votre propre degré de résistance, mais là n'est pas complètement le propos de ce billet.

Comme le gouvernement m'a gavé avec l'interdiction faite à Amazon de livrer gratuitement les livres, interdiction non appliquée encore, j'ai fait toutes mes courses de Noël ou presque chez Amazon, afin de soutenir personnellement cette entreprise, très florissante je n'en doute pas, mais qui m'est fort utile.

Lundi la factrice m'a livré plein de colis de chez Amazon et j'eus la stupéfaction de découvrir que j'avais acheté deux liseuses Kindle, très stressée par les coupures de courant, les mots de passe à réinitialiser car j'avais changé d’ordinateur, j'avais bien remarqué que la facture était plus élevée que ce à quoi je m'attendais, mais la commande était longue, truffée de jeux  de X Box, de livres, de jouets et je la ratifiais en ayant juste vérifié l'intitulé des objets commandés, point leur nombre.

Mon mari était hilare, j'étais affligée, encore plus affligée en découvrant une boite de Play Mobile qu'il ne me souvenait pas d'avoir commandé. Ce matin, j'ai cliqué sur le centre de retour Amazon et ai eu l'agréable surprise que je peux retourner les achats erreurs jusqu’au 14 janvier 2014, ce retour est gratuit et il me suffit d'indiquer ce que je veux retourner  afin d'imprimer l'étiquette pour l'objet, si on dispose d'imprimante, je dispose d'une imprimante, enfin, en théorie.

Soucieuse de ne pas rajouter d'erreur aux erreurs, j'examinais les factures jointes aux objets, la  boîte Play Mobile avait bizarrement l'adresse de Charlotte, ouf, ce n'était donc pas une erreur, enfin, pas une erreur de ma part.

Il fallait alors affronter mon imprimante qui, hier, a refusé de scanner, j'appréhendais cette étape, je n'ai jamais su me servir de mes imprimantes, j'exécute fidèlement ce qu'il faut mais, soit il ne se passe rien, soit elles manquent, de papier,  ou  d'encre, ou encore le papier bourre, parfois mon ordinateur ne reconnait pas mon imprimante et parfois l'imprimante snobe l'ordi. Ce matin, stoïque j'ai serré les dents, ai appliqué à la lettre les indications d'Amazon, ne réussissant pas à exécuter le processus ordinaire, il restait une porte de secours,  style alt+ctl+je ne sais quoi, je plaquais fermement les touches et le miracle fut, l'étiquette s'imprima.  Le processus enclenché, je suis sortie immédiatement de la pièce à cause du mauvais karma, lorsque j'ai entendu un vacarme de la pièce d'à côté j'ai estimé à juste titre que cela signifiait la fin de l'opération.

Un peu plus tard, la factrice a sonné trois fois, pas certaine que je l'entende, ouvrant la porte elle me tendit, rigolarde,  un paquet long, rond, très très long, un gros tube ... Je n'avais pas commandé de tente, inquiète j'ai appelé mon homme. Il supputait et s'amusait discrètement de mon inquiétude. Il a moins rigolé pour déshabiller le colis, langé serré et scotché de tous les côtés, j'étais au supplice, le tube ouvert, je pus constater avec joie, qu'une partie était bourrée de papiers froissés, que mon mari  ôta et nous avons aperçu alors les rouleaux de papier cadeau que je n'avais commandé qu'avec retard vu que.. Çà c'est une autre histoire.

Dieu créateur a oublié de me donner certaines aptitudes afin de faire face aux aléas de la vie moderne et même pas moderne, je ne sais pas faire marcher d'imprimante, ni programmer un four, je ne sais pas lire un horaire, de toute façon je n'arrive pas à lire les nombres de plus de trois chiffres sans espacement, pour les capacités de ce qui me sert de cerveau,  il n'y a pas de touche échange?






jeudi 10 octobre 2013

Survivre par effraction

J'ai toujours su, que vivre n'était pas facile, de mes plus lointains souvenirs, nulle tendresse, nulle sécurité, mais un monde dur où je devais feindre et apprendre au plus vite, sinon, mourir.

Mes parents ne se sont jamais rendus compte à quel point notre quotidien était une horreur absolue, un vernis de paix sous un volcan de guerre, eux  savaient, naturellement la guerre, mais ils pensaient, probablement que nous étions trop petits pour savoir que nous étions menacés, enfin nous étions peut être pas menacés, mais toute petite je pensais  pouvoir mourir dans l'instant, sans savoir pourquoi, ni comment, je savais ma vie en suspens.

Je n'ai aucun souvenir de paix ou de sécurité mais de flashs d'un monde menaçant, où je ne vivais que par chance, je ne pense pas que mes frères et soeur partagent mes souvenirs, les souvenirs disent les psy sont individuels, forgés selon la personnalité, parfois souvenirs fabriqués Psychotémoins, parfois notre sélection de souvenirs ne se fera qu'à l'échelle de notre sensibilité.

Il m’apparaît à peu près certain, à présent, que très sensible, imaginative, empathe et je ne sais quoi, ma sélection personnelle de souvenirs n'est pas obligatoirement le reflet de ma vie quotidienne, mais elle résulte de mes pires vécus, m'ayant tant marqués que j'ai occulté le quotidien, sans relief, non par souci de faire mousser quoi que ce soit, mais par crainte que ces événements traumatisants ne se renouvellent, ou étant incapable de les surmonter.

Toute petite, je n'avais pas classé ma mère dans la catégorie de "mère protectrice" elle me paraissait souvent apeurée, parfois insouciante, notre environnement étant , dans des époques de guerre, extrêmement angoissant. Ne pouvant trouver refuge vraiment auprès de ma mère, j'ai tenté, je crois de me protéger toute seule.

Une des conséquences ultérieure fut que j'en ai voulu très longtemps à ma mère, mon père étant absent, de n'avoir pas su me donner une enfance sécurisante. Lorsque je rentrais en France, je bavais devant les enfances paisibles passées entre la maison et l'école des autres petites filles, qui n'avaient jamais entendu de tirs dans leur quartier, jamais été obligées de se barricader la nuit, jamais craint pour leurs vies.

Si j'avais été moins fragile, je n'aurais pas vécu sur le ressenti mais sur le réel, vie pas toujours facile, matériellement, à l'époque l'Afrique était encore sauvage, mais nous n'avions pas de comparaison avec la France et nos assiettes étaient toujours pleines, nos lits à l'abri. Je suppose que d'autres enfants auraient retenu d'autres choses que l'inquiétude de ma mère lorsqu'on entendait feuler, plusieurs soirs de suite,  pas loin de notre case, était ce un guépard ou une panthère? Mon père était absent, nous l'entendions lorsque nous dînions  dans la cuisine, certes il n'y avait pas de fenêtre à la cuisine mais les claustras en dur, empêchaient elles toutes bêtes d''y entrer?

Les souvenirs de notre enfance sont étranges, j'envie les gens qui ont des souvenirs comme des madeleines tièdes, j'envie les gens qui ne se souviennent que des bonnes choses, parmi mes enfants aucun n'a la même image de la vie à la maison, leur personnalité, leur vécu strictement personnel, différent de celui des autres ont façonné leurs souvenirs.


Et puis, il y a des gens comme mon homme qui ne se souviennent de rien.



mardi 8 octobre 2013

Tu comprends, elle, elle travaille.

Mon mari a osé une seule fois me dire une chose pareille, ça tombait mal, Valentin venait de naître, il me réveillait les bonnes nuits cinq ou six fois, les mauvaises j'arrêtais de compter à 20. Valentin est mon sixième enfant, j'avais emménagé lorsqu'il avait deux mois, car mon homme prenait un nouveau poste.

Un jour de d'octobre, entre deux absences, mon mari  m'informa des dates de ses congés, ces dates ne me convenaient pas du tout, son adjoint s'octroyait "la" meilleure période,enfin celle que je voulais aussi, et alors que d'habitude je suis très magnanime,  j'hésitais, mon mari me dit soudainement, pour emporter ma décision, me sachant très loyale, ordinairement;

Tu comprends, ils n'ont pas le choix, elle, elle travaille.

Si vous n'avez jamais vu de furie, vous n'avez aucune idée de la transformation que j'ai subi, illico, je venais la semaine précédente, me voir refuser une seule journée de cantine pour mes deux plus jeunes enfants scolarisés, car je "ne travaillais pas", il eut fallu que je pleure auprès d'une assistante sociale  pour témoigner de mon épuisement nécessitant un peu de repos, naturellement je ne l'ai pas fait, jamais je n'aurais quémandé un "passe droit" .

Un matin de cette semaine là, après une mauvaise nuit, conduisant au radar, dans un brouillard complet, j'avais éraflé tout un côté de la voiture en accompagnant les enfants à l'école, crevée et voyant que rien n'était en péril je ne me suis même pas arrêtée, je vis les regards stupéfaits des autres conducteurs, vous comprenez, j'étais toujours seule avec les enfants,et un rétroviseur de plus ou de moins ne m'affectait pas outre mesure. Valentin  était insomniaque, à six mois quand on est insomniaque, on le fait savoir, haut et fort.

Je ne "faisais rien", donc je n'avais droit à rien, pire mon mari travaillait, gagnait bien sa vie, je soignais mes gosses, et m'en occupais autant que je le pouvais j'avais tout faux. Après ces éraflures, et ayant eu un peu peur, j’arrêtais néanmoins d’accompagner parfois mes enfants à l'école le matin, Alice bossait super bien et Guillaume s'en fichait, ils ont eu quelques matinées de congés supplémentaires. Yann et Camille étaient autonomes pour leurs trajets heureusement.

Une amie médecin, qui me suivait pour surmenage et dépression légère, enfin coup de blues, ne savait plus quoi faire pour m'aider. J'avais juste besoin d'un peu de vacances, de vraies vacances.

Lorsque mon mari était revenu et m'avait interrogé sur le côté assez grunge de la voiture, je l'avais prévenu que s'il me faisait une seule remarque, je partais en lui laissant la garde de TOUS les enfants, la voiture roulait, elle avait même un nouveau rétroviseur, il n'y avait pas péril en la demeure.

Mon mari planait sur son petit nuage, son job était super génial, crevant et plus que prenant, enfin après cinq années de Paris il s'éclatait, j'en étais très heureuse pour lui, mais cependant, j'avais besoin, moi aussi, d'oxygène. Quelques jours après son retour, mon mari rentra avec le planning des congés, il me le montra en me disant que je pouvais choisir, normal il était le boss, je choisis, pour les premières vacances, des dates, il se renfrogna. Je le questionnais alors, avait il du boulot à ce moment là? Une réunion importante, un truc, quelque chose?

Non, me dit il, mais mon adjoint voulait ces dates, tu comprends, elle, elle travaille.

 J'ai  entendu

Toi tu ne fiches rien, tu es toujours en vacances 

Je n' avais rien à faire de son adjoint, renseignements pris, sa famille habitait la région depuis toujours, ils avaient deux enfants et sa femme bossait. Je sentis le piège se refermer, si je cédais cette fois là, j 'aurais toujours à prendre les dates qu'ils nous laissaient, moi, j'étais toujours en vacances. Je  décidais alors de prendre les dates que je voulais, puis par la suite, laissais une fois sur deux, le premier choix à "la femme de son adjoint"

Moi, je ne travaillais pas, mais c'était un choix, comme le travail de cette femme était un choix, nous  supportons tous les conséquences de nos choix de vie, je tins bon, nous avons eu les dates que je choisissais et par la suite, ainsi que je l'avais dit, nous choisissions une fois sur deux nos dates.

Vous comprenez, moi, je ne travaillais pas^^^^