samedi 30 juin 2012

Une furtiva lagrima



Je n'ai pu m'empêcher de voir de nouveau et encore et encore cette vidéo, que j’adore, elle symbolise pour moi, l'enfance souffrante, pas celle qui souffre par manque de moyens mais celle qui souffre par égoïsme des parents, et Dieu sait que, dans notre monde occidental, cette souffrance là, moins visible est trop présente.

Merveilleuses interprétations de Nathalie Portman, la little princess qui utilise son arme, de destruction massive: la séduction par naïveté et duplicité, survivre pour elle est à ce prix et ce grand balourd de Jean Reno  tueur professionnel qui laisse son coeur chavirer au point d'en mourir, pour la sauver.

J'ai oublier de citer le réalisateur de cette merveille, qui essaie de cacher dans son corps difforme trop de sensibilité et d'intelligence: Luc Besson et le  ténor immortel qui interprète Una furtiva  lagrima (air extrait de L'Elixir l'Amour de Donizetti) ,  Luciano Pavarotti


vendredi 29 juin 2012

Mon homme est le plus fort.

Les gens normaux ne plantent pas leurs deux véhicules en même temps. Parfois ils peuvent les abîmer  légèrement en se garant, mais pas les défoncer totalement, surtout si l'un est garé, classiquement devant la maison et l'autre à environ 50 mètres de là, dans une grange fermée à peu près à dix mètres en contrebas, la grange étant dans l'alignement de la maison, la voiture ayant de plus accompli un virage de 180°....


Mon mari, ce matin en rentrant d'une course, s'est garé devant la maison et a oublié tout simplement de tirer son frein à main, il a  eu le temps de faire le tour de la voiture et d'arriver devant la porte de la maison pour assister à un spectacle extraordinaire.

 La voiture a tout doucement démarré puis s'est mise à dévaler la pente. Par chance, elle a évité la maison des voisins qu'elle a frôlé de peu,  puis accomplissant un magnifique virage en tête d'épingle, prenant de plus en plus de  vitesse, elle a explosé les portes d'une grange, sous les yeux de mon mari ébahi , la voiture ne s'est pas plantée de grange, derrière cette porte, il y avait notre camping car. Les bâtiments de la  ferme ont je dirai environ cinquante mètres de longueur, le partner a choisi  d'enfoncer ces deux minuscules mètres  de la largeur du fourgon.


Les vieilles portes de la grange ont explosé,. Les deux véhicules sont bousillés, le garagiste qui est venu les récupérer avec une dépanneuse à bien dû rigoler.

John  n'a pas songé à prendre des photos, dommage , car l’évènement restera dans les annales familiales, et je sais que l'on dira très vite "Mamina exagère, vous savez bien les enfants, mamina exagère toujours!"


Je bégaie depuis qu'il m'a raconté cet accident, la voiture aurait pu tout aussi bien écraser une de nos petite voisine, ou s’encastrer dans sa cuisine.... Avoir frôlé de si peu un drame par simple étourderie est inacceptable pour mon cerveau qui bugge depuis.

Je bégaie et bafouille, mon stress est énorme, fonctionnant à vide, car heureusement il ne s'est rien passé, le matériel  n'étant pas le plus grave. Depuis que je vis avec mon mari je dois toujours m'assurer qu'il ait ses papiers sur lui lorsque nous sortons, qu'il ferme les portes....  Sa distraction est légendaire répondant à mon inquiétude qu'il alimente ainsi malgré lui.


Alice et Guillaume ont explosé de rire lorsque je leur ai raconté cette histoire, Camille a du lui,  me réconforter, je l'avais appelé en premier, et j'étais catastrophée. Je suis toujours catastrophée, ce genre d'accident me déstabilise complètement.

Mariannette pourrait me dire encore que nous devrions porter des casques de chantier à la maison, je crois, parfois qu'effectivement ce serait plus prudent.


jeudi 28 juin 2012

Il panique!

Il a paniqué, mal dormi, chaleur et stress devant ces mots qui sont trop gros, trop lourds pour lui.

Ce matin, il s'est levé après moi, je n'ai guère dormi, elle panique, aussi, et il n'avait pas faim, envie de rien.  A sept heures et demi lorsqu'il m'a dit qu'il voulait réviser les "prépositions", j'ai enfin admis la vérité, il est inquiet.

Ce matin il passait son épreuve de français pour le brevet.

Enfant qui, depuis la maternelle est voué aux échecs (pas le jeu, auquel il joue fort bien d’ailleurs), angoissé aussi par les remarques  de certains instits, pas tous, heureusement, inquiet par ses résultats épouvantables depuis qu'il a quatre ans, en moyenne section, il y a des évaluations. Je ne critiquerai pas ce système, il m'a obligé de réaliser au plus tôt l'handicap de Hubert, son cerveau ayant des connections étranges, chose fréquente dans la famille, mais rarement poussé à ce point fort élevé.

Je ne crois pas que j'aurais mis toute la machine de guerre en place si je n'avais pas eu ces alertes si tôt, Hubert est mon septième enfant et il est à la fois difficile d'admettre que son enfant a un sérieux problème et de prendre les décisions qui demandent tant d'efforts de la part de tous, enfant, instits, éducateurs et nous parents, afin d'y faire face.

Hubert a bénéficié du tiers temps handicapé, on dit tiers temps, on ne stigmatise pas.

Le grand lycée qui a abrité son collège le prend au lycée, le tiers temps ne l'a pas mis sur le sable. Hubert est très scientifique bien que très dyslexique, il nous faudra louvoyer encore quelques années afin qu'il trouve son chemin.

Ce matin, quand Hubert à sept heures et demi, cherchait le chapitre traitant des "prépositions" , j'ai su son désarroi, ses yeux brillaient, je l'ai réconforté, il a bien plus travaillé qu'aucun de mes autres enfants, bien plus que mon aînée, ayant eu son brevet à moins de quatorze ans,  Charlotte a eu d'autres obstacles dans sa vie, mais pas celui ci.

Hubert, relit, à présent,  les formules de math, cet après midi, il devrait cartonner, sauf s'il panique!





Ah, au fait, mon fils passe un tiers temps, enfin un tiers temps handicapé et le mot handicapé n'est pas une insulte, pas plus que, nana, noir, belge,  paysan  vieux, sourd ou  aveugle
 et je ne sais quoi, il recouvre  des réalités différentes, Hubert n'est handicapé que de l'écrit, on a de la chance,  mais en aucun cas ces mots mettent les gens dans des cases, cases  spéciales, ou pas, , on a tous nos différences, et on est tous dans des cases différentes qui peuvent nous engluer, j'en suis persuadée, et tous nos richesses aussi!

Mes cases? Nana fragile de famille de suicidés, intelligente mais border line,  toujours à jouer à l'équilibriste sur le fil, tiendra t-elle, aurait elle dû avoir tant d'enfants? Sont ils des béquilles à ce manque inhérent à sa personnalité? Que cherche t-elle à combler, que veut elle prouver?  Je pourrais continuer des pages, est ce important? Est ce 
enrichissant?

mercredi 27 juin 2012

Ne plus savoir où donner de la tête.

Car on l'a perdu, simplement, entre le code de Valentin, son inscription en seconde année de prépa celle en seconde année à la fac, le brevet d'Hubert, son inscription en seconde, ne pas oublier de rendre les livres d'Hubert au collège et aller chercher ceux de seconde à la PEEP, ne pas oublier non plus d'acheter les livres de Valentin chez Gibert,  les chercher ailleurs si nécessaire.

Oublier volontairement de parler de l'appartement de Guillaume  à Barcelone, à Lhom, éviter les complications, si possible.

Se casser la tête sur le PH de la piscine ainsi que son TAC et de leurs influences sur les produits et de celles des produits sur la peau des baigneurs et des organismes en général. Perdre deux heures ainsi, terminer par perdre toute la boite de test, qui a plongé malencontreusement s'échappant d'une poche.

Savoir qu'on a perdu la tête et l'accepter aussi, avoir les arrières-grands  qui haïssent le prénom du bébé d'Alice et s'en moquer, adorable prénom pas donné dans les années cinquante, ni soixante, ni même les deux décennies suivantes.. En même temps Jean Philippe c'est révolu, non? Accepter et s'en moquer.

Préparer en cachette deux listes de soldes, les avouées et les inavouables,  savoir qu'on aura pas le temps, et trouver cela pas important du tout.  Je ne fais de toute façon que rarement les soldes, et dans ce cas là, j'avoue dévaliser les magasins, donc je ne  fais  que rarement les soldes.

Il me semble avoir oublier tant de choses dans ma liste. Liste où je me noie pour passer le temps, attendre de pouvoir rencontrer ce petit bébé et se réjouir d'avance, ce petit braillard là, tonique sera une future recrue de l'équipe de foot de Guillaume, car Guillaume sera responsable de l'éducation footbalistique des fils et de filles aussi s'il veut, Théo sera son conseiller principal (ou l’inverse, après tout!).


Mais savoir que ce week end ce sera presque la pause d'été, enfin presque seulement,  il y a encore plein de cases à cocher, alors l'été comme enfant je l'imaginais, ne sera pas encore pour de sitôt.

Demain les croassements des corbeaux me réveilleront vers cinq heures et j'aurai peur de me rendormir, et de louper l'heure du réveil d'Hubert, demain Hubert passe son brevet et c'est mon dernier enfant, j'ai préparé son sac avec lui, la petite bouteille d'eau et le pochon de mouchoirs trouvant leurs places, le goûter refusé,   les cases se cochent, un jour, tous les jours seront des jours d'été, ou presque.





Il est né!

Le bébé d'Alice est né, ce matin à sept heures trente, presque trois kilos sept, superbe bébé sûrement, j'ai hâte de le voir mais je dois patienter jusqu'à samedi!


mardi 26 juin 2012

Piscines qui tuent.

Aujourd'hui, on a retrouvé les corps sans vie, de deux petits garçons dans une piscine,  piscine alibi de meurtre ou lieu réel d’accident, je ne sais pas.

Il y a presque trente ans, je me vante, Yann a failli mourir noyé dans la piscine du mas de maman, piscine, au pied de la maison qu'elle n'avait voulu entourer car "c'était moins joli", Yann avait quatre ans, et il a  échappé vraiment à la surveillance de  mon amie qui en avait la garde, à ce moment là.

Mon amie a récupéré, le plus sage des petit gars du monde, pyjama dégoulinant, ayant péniblement nagé sous l'eau en s'étouffant pour atteindre l'escalier, et dire:

J'ai ouvert la bouche pour crier,  il y avait de l'eau alors je l'ai fermé et  j'ai marché jusqu’aux escaliers pour  sortir de l'eau.

Ce soir là, sa vie a failli s'arrêter, la mienne aussi ainsi que celle de mon amie. Il est sorti, il a réussi à atteindre les escaliers et à remonter.

Suite à cet accident, j'ai voulu offrir à maman, une barrière pour sa piscine,  barrière qu'elle refusait de mettre prétextant un manque d'argent, maman a refusé, j'ai insisté, insisté et insisté des mois, maman a toujours refusé.  Il lui paraissait que les gosses devaient obéir, et que si on faisait attention rien de ne pouvait arriver, même devant l'évidence de cet accident. Il lui paraissait surtout que sa maison serait bien moins jolie, avec sa piscine au pied, entourée.

 Un accident n'est pas toujours évitable, Yann était le gamin le plus sage au monde, intelligent calme et tout,  ce soir là, sans la surveillance d' adulte pendant à peine quelques instants,  il avait juste voulu récupérer un truc  au bord de la piscine, babiole que le vent avait emporté sur l'eau, il avait quatre ans.

Mon amie s'était absentée, son fils, jumeau du mien de quatre ans au bras, pour le soigner d'une écorchure et Camille, turbulent,  deux ans, à la main. Yann jouait sagement dans une chambre. Une minute ou deux d'absence, l'idée d'un tout petit d'aller récupérer un jouet au bord de la piscine  et le drame. Enfin le drame moins une seconde, j'ai toujours pensé que la Vierge a eu pitié de lui, de moi, de nous. Stupide pensée ou pas.

Je n'ai jamais pardonné à maman qui avait perdu deux fils de refuser que je paie une barrière pour cette piscine. Je lui en ai toujours voulu,  je lui en ai encore bien plus voulu, lorsque quelques années après cet accident, juste après la naissance de l’aîné de mon jeune frère, elle me demanda de payer cette protection alors que je n'allais plus, depuis longtemps chez elle. Choquée, j'ai refusé,  la vie de mes enfants avait elle moins de valeur que celles des enfants de mon frère?

Depuis plus de douze ans j'ai des piscines chez moi, les deux piscines construites ont toujours été pensées avec barrières, que ce soit pour  la sécurité de mes enfants, ou celle de mes neveux ou des enfants de mes amis, ou" pire" de petits galopins venant se baigner en mon absence...... Les ados squatteurs peuvent y plonger, mais pas des enfants trop petits pour ouvrir barrières et enlever des bâches.

Le lendemain du mariage de Charlotte, j'ai découvert vers onze heures trente, ma piscine découverte, barrière ouverte,  Hubert n'avait pas trois ans. Ma colère fut immense, à la mesure de ma fatigue.Le comblement de la piscine fut évoqué au prochain manquement, la vie de nos enfants ne me permet aucune complaisance ni compromis.




                               Un soir, une piscine.

lundi 25 juin 2012

Début de vacances.

Hier soir Valentin de retour de Paris  nous a rejoint à la campagne, mort de fatigue, naturellement. Le voyage du retour en car s'est déroulé dans un silence que nul ne troublait si ce n'était par des ronflements, Valentin m'a dit avoir dormi en moyenne trois heures par nuit, logique, son planning était chargé: faire du tourisme, assister aux oraux des secondes années,  rigoler avec les copains, visiter Paris et on recommence!


A peine arrivé les pieds sous la table, crevé et affamé, il a englouti silencieusement une assiettée puis m'a dit:

Il n'y a pas à dire, Maman, tu cuisines vachement bien!
Merci , tu es gentil!
Non c'est vrai, ça à Paris ça vaut au moins douze euros, l'assiette!


Cette référence m'a fait sourire, le rêveur Valentin a acquis un sens de l'argent  qui se manifeste parfois de façon surprenante.

Et il est parti se resservir de la ratatouille au four, essai réussi, avec du rôti de porc à l'ail et aux pommes de terre, mon homme avait choisi de se baigner d'abord,  les laissant s'installer  à table en nous criant de ne pas l'attendre, je ne sais pas trop s'il a trouvé de quoi dîner après le passage de mes deux criquets pèlerins.


Les jeunes depuis comatent, grandes nuits et siestes entrecoupées de séances de jeux et de baignades, les vraies vacances. Hubert cependant n'étant pas encore en vacances traîne avec lui un livre, même pour aller goûter à la cuisine, livre-alibi, refuge derrière lequel il se cache pour éviter nos remarques et avertissements.


L'heure est aux bilans, les garçons ont beaucoup changé cette année,  ils ont gagné en maturité et autonomie, Hubert a réussi à se prendre en charge dans sa scolarité, et Valentin  qui se laissait complètement prendre en charge en septembre dernier, a pris l'habitude de tenir à peu près l'appartement et géré le quotidien.


A la fin de la semaine le brevet sera passé, le bébé d'Alice sera né, aussi, Alice est à J+3 et ces prolongements la mettent sur du charbon ardent. Dans une semaine, l'été pourra vraiment commencer.