lundi 5 septembre 2011

Rentrée en prépa.

Valentin, rentre en prépa, il a fait sa rentrée ce matin, pas trop stressé, ils sont évalue t-il une cinquantaine  d'élèves dans sa classe, ont cours tous les matins du lundi au samedi à de huit heures à  midi, ayant en général une seule heure pour déjeuner, ils sortent en théorie à dix sept heures sauf le mercredi à 19h (normal de 17à 19 il y a deux heures du sport). Il leur faut encore rajouter les colles et vingt à vingt cinq heures de travail personnel.

Les  classes préparatoires sont toutes conçues ainsi, ayant déjà eu des aînés étant passé par cette case, cela ne nous surprend pas. S'ils tiennent le choc et intègrent une école, ils vont avoir la sensation merveilleuse d'y être toujours en vacances, et du boulot à la sortie. Valentin avait fait ce choix de passer par des classes préparatoires, choix  qui doit resté strictement personnel, on entre ne prépa un peu comme on se  prépare pour une compétition de haut niveau, toute sa vie sera presque exclusivement occupée pendant deux ans par cet apprentissage intensif.

Dimanche matin, vers dix heures, ayant passé la tête par l’entrebâillement de la porte de la chambre des gars, j'ai eu un premier choc, plus de jeans ou de tee shirt par terre, pas de BD traînant, rien, même le bureau était parfaitement rangé. Sous la fenêtre étaient empilés les sacs de voyages, sacs de cours, et autres bagages, en ordre au carré. Manifestant ma surprise, Hubert alors seul à ce moment là dans la pièce me dit:

C'est normal, c'est Valentin qui a dit de tout ranger, alors on a tout rangé!


Mes ordres sont moins efficaces que ceux de Valentin sur Hubert. La journée se passa entre nuages et soleil, puis nous sommes revenus en ville, dans notre appartement au pied du lycée. Valentin, à peine revenu, défit systématiquement ses bagages. Second choc de la journée, d'habitude ses affaires restent en regret des vacances passées longtemps avant de réintégrer leurs étagères. J'ai compris alors que Valentin sachant qu'il aurait peu de temps disponible, préparait méticuleusement ce qui pouvait l'être.

Nous avons passé la fin de matinée à trier ses affaires de lycéen, voire de collégien, jusqu'alors il voulait tout garder. Sans état d'âme, il en jeta une grande partie ne conservant que quelques souvenirs de ces années passées. Valentin a changé ces derniers mois, sont statut personnel dans sa tête est passé de la presque enfance au presque adulte. Le lycée étant si proche, il  a hésité un temps à y déposer sa candidature, il ne voulait pas rester "comme un scolaire" chez nous mais acquérir un vrai statut d'étudiant.

Ce soir je téléphonerai à Guillaume qui a fait également sa rentrée à l'autre bout de la France, prendrai des nouvelles de mes cinq petits fils scolarisés qui ont tous changé d'école, mes enfants ayant déménagé. Demain Hubert reprendra à son tour, le chemin de l'école. Une nouvelle année démarre pour tous.

dimanche 4 septembre 2011

La der des der!

Ce message est destiné spécialement à Valentin 15ans,  petit cousin , qui attendait depuis cette fameuse soirée que j'en parle enfin sur mon blog. A mon avis dégoûté par l'ambiance que je fais régner ici,  il a fui depuis bien longtemps, mais j'ai repéré la tendresse de sa maman dans un com.

Nous avions eu lundi la soirée pétards et fusées, restes de fêtes passées, mardi matin, la joyeuse troupe ayant lu mon billet, à ma grande surprise, est partie en ville chercher de quoi alimenter leur boite aux trésors pyrotechniques. Marc, a son permis, une voiture et un peu d'argent ce qui aide bien pour la réalisation de leurs projets. Ils sont revenus de leur expédition affairés, ont déballé leurs achats sur la table, vidé la boite, trié, rangé, jeté ce qui ne marchait pas, rajouté trois briquets, et longtemps cogitèrent, papiers et feutres de couleurs en main, pour établir un plan d'attaque. Les rôles étaient répartis, les aînés burent des bières à l'apéro, les bouteilles vides sont essentielles au lancement des fusées.

La fin d'après midi passa en préparatifs.

Et la soirée arriva enfin. Mardi soir, les cinq gars, mirent en place leurs pétards et fusées, laissèrent un peu de temps à la nuit pour tomber, puis commencèrent. Nous nous faisions une soirée d'adieu à l'été, la der des der, juste pour nous sept. Ils allaient d'un pétard à l'autre, décomptaient soigneusement afin que tout fut synchro. Les fontaines jaillirent, les fusées volèrent. Dix minutes de bonheur, de légèreté, d'insouciance.


Un bonheur pour trente euros, cela valait largement toutes les soirées cinéma, le sentiment d'être libre et créateur de rêve.

Je me suis promis de remplir leur boîte, afin que les étés ne se finissent jamais sans que la tradition Waterloo-Bérézina ne soit respectée.



samedi 3 septembre 2011

Dire l'indicible.

Parfois on vit l'indicible et on ne peut le dire, les années passent et on est toujours là, ligoté, afin de ne faire peur à personne.

Hier, avec mon mari, nous avions choisi de regarder "Boulevard du palais" . J'aime bien cette série, je souhaitais la regarder, mais le début  du film montrait un homme qui se jetait d'un pont sous un train et mourait, mutilé, amputé de ses deux jambes.


Mon frère, Patrick, s'est jeté sous un train, mes rares proches, qui savaient  l'état de mon frère, mort, me demandèrent de ne jamais demander de détails. je n'en ai jamais demandé. Il y a de cela, environ trente ans, mais le temps, qu'est ce, face à la douleur?






Hier je suis sortie de la salle télé, malade, mon mari ne comprit pas, pour lui ce temps était si lointain, pour moi, les cicatrices font si mal encore.

Je suis allée voir un psy, longtemps, et nous convînmes, navrés l'un de l'autre qu'il ne pouvait ressusciter mes frères et que je devais vivre avec leurs morts, violentes, par suicides, et construire, bâtir et aller de l'avant.

Le premier truc, aller de l'avant, je savais, sinon, moi aussi je me serais suicidée, le second, mon instinct l'avait accompli  boucher les trous que laissaient les morts par des naissances. mais, cela ne remplace rien, ne console en rien.

Dans ma faille de famille on s'est finalement séparés les uns des autres,  les séries américaines dont je me repais si souvent sont infiniment moins terribles que ce que fut le destin de ma famille. Chacun porte des histoires difficiles mais la violence qui m'habite est alimentée par un feu de l'enfer, seule la rencontre avec mon mari parut mettre un point final à ma malédiction d'Antigone.

D'Antigone, je passai à Hamlet,, je comprends avec la désespérance d'Hamlet, et aussi celle de  la douce d'Ophélia, mais préfère à jamais le sort d'Ophélia. Se sentir, pire se savoir coupable est un enfer, même avec tout l'amour des survivants.


What If (Seulement Si)


Ici, je reste debout seule


Avec ce gros point dans mon coeur
Et il ne partira pas
Dans ma tête, je retourne dans le passé
Au début du commencement
Me demandant ce qui t'a fait changer
Bon, j'ai essayé,
Mais j'ai dû tracer la ligne
Et reste cette question qui continue de tourner dans ma tête


[Chorus]
[Refrain]


Si seulement je ne t'avais jamais laissé partir,
Serais-tu l'homme que j'ai connu ?
Si j'étais restée,
Si tu avais essayé,
Si nous pouvions seulement retourner dans le passé
Mais je pense que nous ne le saurons jamais
Tant de routes à prendre,
Quelques unes de joie
D'autres de chagrins d'amour,
Tout le monde peut perdre son chemin,
Et si je t'avais dit que nous pouvions retourner dans le passé,
Au début du commencement,
Saisirais-tu cette chance et que changerais-tu du passé ?
Penses-tu à comment parfois c'était ?
Pries-tu pour que je ne m'éloigne jamais de tes cotés ?


[Chorus]
[Refrain]


Si seulement nous pouvions tourner les aiguilles du temps
Si je pouvais changer le passé serais-tu encore mien ?
Car j'ai essayé,
Mais j'ai dû tracer les lignes
Et reste cette question qui continue de tourner dans ma tête,
Si seulement je ne t'avais jamais laissé partir,
Serais-tu l'homme que j'ai connu ?
Que ce  serait-il passé si je n'étais jamais partie ?
Car je continue de t'aimer encore plus que je ne peux le dire
Si j'étais restée,
Si tu avais essayé,
Si nous pouvions retourner dans le passé
Mais je pense que nous ne le saurons jamais
Nous ne le saurons jamais.








Antony and the Johnsons - Hope There's Someone







Une musique merveilleuse, une voix qui n'est pas sans rappeler les performances vocales des castrats.  Tout autre chose qui nous emporte si loin.....  Et de ces interrogations qui sont universelles.



J'espère qu'il y a quelqu'un
Qui prendra soin de moi
Quand je mourrai, si je meurs


J'espère qu'il y a quelqu'un
Qui libèrera mon coeur,
Agréable à porter quand je suis fatigué.

Il y a un fantôme à l'horizon
Quand je vais me coucher
Comment puis-je m'endormir la nuit ?
Comment ma tête va-t-elle se reposer ?

Oh, j'ai peur de cet endroit intermédiaire
Entre la lumière et le vide
Je ne veux pas être celui qui sera
Laissé là, laissé là.


Il y a un homme à l'horizon
Qui aimerait que j'aille me coucher.
Si je tombe à ses pieds ce soir,
Acceptera-t-il que ma tête se repose ?


Alors me voici, espérant ne pas me noyer
Ou être paralysé dans la lumière
Et, mon Dieu, je ne veux pas aller
À la frontière du barrage.


J'espère qu'il y a quelqu'un
Qui prendra soin de moi
Quand je mourrai, si je meurs.

J'espère qu'il y a quelqu'un
Qui libèrera mon coeur,
Agréable à porter quand je suis fatigué.

vendredi 2 septembre 2011

Tu te soignes?

Cette remarque me suit depuis quelques jours, j'ai certes le droit d'être malade, mais à condition de me soigner, ce qui attesterait de ma volonté de guérir le plus vite possible. LHom, incapable de prendre ne serait ce qu'un cachet de paracétamol à moins de sentir aux portes de l'hôpital est  le plus acharné.

Penelope, tu prends quoi? Tu te soignes au moins?


Mes vagues Oui, oui  ne les ont pas, à juste titre, convaincu. Heureusement mon extinction de voix me dispense de téléphoner à ma mère qui elle, exigerait le passage chez le sorcier, médecin de son état. Maman est persuadée que pour guérir il faut voir son médecin et prendre plein de médicaments, évidemment avec ma nature conciliante et obéissante, je suis persuadée que l'on guérit naturellement à condition cependant de pouvoir se reposer lorsque  la "crève" reste dans la catégorie, crève banale saisonnière. Il n'y a, d'ailleurs, plus de saison, autrefois je n'étais jamais malade en été!

Je pourrais bientôt me venger de mon homme et le poursuivre de mes assiduités médicamenteuses, ce soir, il éternue, tousse et renifle. Dès demain je lui imposerai des potions magiques. La prochaine fois il me laissera peut être tousser tranquille! Car demain, naturellement j'irai mieux, aujourd'hui j'ai pris des potions magiques.




Combien de temps?

Le cheminement des pensées est vraiment mystérieux, de fil en aiguilles, mon inconscient me mène sur des sentiers escarpés où je n'ai pas envie d'aller.

Pourquoi suis je allée sur You Tube? Enfin, sauf que je suis allongée, ma crève ne cède pas de terrain, et je m'impose un repos (avec ordi, faut pas déprimer quand même!), comment et pourquoi suis je allée écouter de vieux tubes?

Et pourquoi obstinément je revenais sur "Tu t'en vas?" trouver une vidéo pas trop dégoulinante est une mission impossible, mais en même temps qui connait encore ce vieux tube? Carlier  dit que c'est de la bonne "bouse" j'adore Guy Carlier, si tendre à en crever!









Lhom, inquiet de mon excès de romantisme, est venu me voir, m'a dit de me méfier, cela dégoulinait et que je vieillissais enfin, ça, il ne l'a pas dit, sinon, il se risquait à des représailles! Il m'a juste recommandé d'être prudente.


Et j'ai compris que je ne veux plus me séparer de mon mari, même pour quelques jours, trop séparés dans le passé peut être? La conscience en fin d'été de notre fragilité est plus aigue chez moi, chaque fin d'été ces questions taboues reviennent dans mon esprit, de combien de temps disposons nous? Comment survivrais je au pire? Pour lui, je ne m'inquiète pas trop, bizarrement, je le crois plus affectivement indépendant que moi et surtout bien plus raisonnable.


Je n'ai plus envie de partir seule, partir même pour  entourer Charlotte, sans lui, me parait monstrueux, lorsque je m'éloigne il me faut, à présent, avoir la certitude de pouvoir revenir sans qu'horaire d'avion ou trop de trains me retiennent. je suis devenue dépendante, je ne le voulais pas, si mon homme me lit, qu'il n'ait surtout pas la bête impression que je l'aime, ça n'a rien à voir, enfin, j'espère "amoureux dépendant" est un piège immonde. Tout au plus, vieille habitude! Non?


Bon, à mon avis, je suis malade! sinon j'imagine, j'espère, que sinon je verrai les choses autrement, et adorerais partir pour mieux revenir. Heureusement, la maman de Greg, va remplacer la mère défaillante (moi) et je reste!   :)

jeudi 1 septembre 2011

L'invité surprise.

La maison a ses invités, officiels et aussi des invités surprises, beaucoup, parfois ceux ci sont indésirables La toux qui a gagné toute la famille fut rapportée en passagère clandestine, indésirable entraînant aussi  laryngites, bronchites et un cortège de bobos.

Pas très grave, juste ennuyeux en temps normal, un peu plus ennuyeux trois jours avant cette rentrée scolaire que l'on est tous sensé entamer en pleine forme, bronzés et l'oeil éclatant des énergies retrouvées, un chuya encore plus pénible  alors que je dois me rendre auprès de Charlotte enceinte et allongée qui n'a vraiment pas besoin de  se mettre à tousser. Carrément intruse détestable car un jeune hébergé, ici  est atteint de mucoviscidose.


Je me morfond à l'idée de lui refiler ce souvenir de vacances, m'assure qu'il prenne bien sa méga dose d'antibiotiques quotidienne mais sais hélas que contre un virus, les antibios font l'effet d'un emplâtre sur une jambe de bois. Je me demande parfois  s'il serait judicieux d'exiger un certificat de santé au moins promis sur l'honneur  des hôtes de passages et puis me raisonne, tous les ans ce jeune attrape une cochonnerie à la maison, et il revient quand même.

L'auberge espagnole est vivante, sympathique mais  dans son va et vient incessant d'estivants qui en fait son charme le côté pile de la médaille recèle son lot de chaussettes sales oubliées, lampes cassées d'un coup d'oreiller malheureux et virus  malencontreusement rapportés    .

Autrefois j'aspergeais tout d'eau de javel ou de vinaigre blanc, j'essayais de bouter hors de mes murs les miasmes indésirables, les miasmes résistaient. Aujourd'hui, les enfants ont grandi, le cocon s'élargit et la vie  devient moins aseptisée.

Hier soir un superbe orage a éclaté et la foudre est tombée dans le pré, ce matin j'ai recompté les vaches afin de vérifier qu'aucune ne fut foudroyée. Ni les arbres, ni la piscine n'ont servi de paratonnerre, mon four a grillé ainsi qu'un vieil ordinateur, je n'ai pas encore vérifié tous les appareils. La maladie est un peu comme la foudre elle frappe où elle veut, on s'attend  à certains dangers venant d'arbres majestueux et un je ne sais quoi dans l'herbe l'a attirée. Accepter de ne pouvoir tout prévoir, pire accepter de savoir ne rien pouvoir prévoir et s'en remettre au destin n'est pas inné , encore moins chez moi que chez beaucoup.

Prendre du coup la vie comme elle vient, savoir que tout est fugace, Mephisto me le rappelle encore le soir, sur ma terrasse.