Un petit message, qui ne sera le billet d’aujourd’hui, j'ai décidé en effet quoi que je pleure et ai peur, de continuer à vivre à l'image de mon amie, exemplaire et de son fils, qui lutte contre la mort sur son lit, à l'hôpital nord de Marseille.
Parfois un tout petit coup de fil bouscule des vies, hier à six heures et demi, une amie m'a dit que Maxime est à l’hôpital, dans une grande détresse respiratoire. Maxime est un jeune homme fabuleux, comme souvent le sont les gens qui dès leur tendre enfance luttent pour vivre. Maxime est "muco", ses parents ne savaient pas que dans leurs gènes se cachaient un invité ennemi, celui de la mucoviscidose.
Maxime est l'ami d'enfance de Guillaume, j'ai oublié le pseudo que je lui ai donné, ici. A t-on besoin de pseudo pour se cacher quand vous luttez pour vivre? Maxime a vingt et un an depuis une semaine.
Il est en réa, il se bat, il est conscient, serein et ne souffre pas, sa maman m'a téléphoné ce matin à huit heures et demi, on a pas pleuré, enfin pas trop, vraiment, même très peu. Si vous savez prier, priez, sinon simplement avoir une pensée pour tous ces jeunes qui trouveront peut être du soulagement à quitter notre monde.
Si Maxime gagne encore cette bataille et le connaissant, je l'espère, il sera en "pool position" pour une greffe poumon coeur.
J'écrirai un billet, normalement cet après midi, mais cacher cela m'était impossible, même la factrice ou la boulangère seraient au courant, faire semblant, je peux un peu, pas trop.
jeudi 12 janvier 2012
mercredi 11 janvier 2012
De la stratégie (commerciale) de l'enviable.
Proposer un produit génial, gratuit ou presque, proposer la VA, le mystère de l'offre jusqu'au jour J:
Les sanglots longs de l'hiver bâchent mon univers.
Débris de mélancolie, xylophéne la vie
Ma liberté t'aurais je oubliée?
Captive, je suis de Free
Free, Free, tu m'as enfin écoutée.
Bercée, je sais te désirer
Ma liberté, longtemps je t'ai gardée
C'est toi qui ma aidée à larguer les amarres
Devant tes volontés, je n'ai pu résister
Je t'ai quittée cette nuit pour Free
Sans me méfier, poings liés, je t'ai trahie.
T'aurais je meurtrie pour une nouvelle prison, nommée Free?
Ça c'est de la sublimation doublée de vantardise, je n'ai pas réussi à quitter, pour le moment sefere, parce que même en me connectant à trois heures ce matin j'ai eu ce message:
Oups..
Les sanglots longs de l'hiver bâchent mon univers.
Débris de mélancolie, xylophéne la vie
Ma liberté t'aurais je oubliée?
Captive, je suis de Free
Free, Free, tu m'as enfin écoutée.
Bercée, je sais te désirer
Ma liberté, longtemps je t'ai gardée
C'est toi qui ma aidée à larguer les amarres
Devant tes volontés, je n'ai pu résister
Je t'ai quittée cette nuit pour Free
Sans me méfier, poings liés, je t'ai trahie.
T'aurais je meurtrie pour une nouvelle prison, nommée Free?
Ça c'est de la sublimation doublée de vantardise, je n'ai pas réussi à quitter, pour le moment sefere, parce que même en me connectant à trois heures ce matin j'ai eu ce message:
Oups..
Suite à une trop forte affluence sur notre site, nous ne pouvons donner suite à votre demande.
Merci de renouveler votre demande ultérieurement.
Merci de renouveler votre demande ultérieurement.
J'ai cette faculté insensée de pouvoir me réveiller avec moins de cinq minutes d'erreur à l'heure programmée, par ma volonté, je souhaitais entre trois et quatre, à deux heures cinquante cinq minutes, j'étais éveillée, et ai dû réveiller l'homme qui s 'obstine à partager mon lit, il était prévenu et était, à priori d'accord. Sinon je dormais ailleurs. Ce message alors s'est alors affiché, encore et encore. Résignée et ayant pitié de mon mari, j'ai pour le moment renoncé, depuis à heure aléatoire je tente ma chance afin de toucher le nirvana
Mon homme m'a dit, se retournant dans le lit, véridique
Tu es une femme absolument merveilleuse!
Preuve qu'il dormait, d’ailleurs.
Je lui ai répondu
Ou alors résolument épouvantable non?
j'sais pas
Il dormait déjà un peu moins.
Mon homme m'a dit, se retournant dans le lit, véridique
Tu es une femme absolument merveilleuse!
Preuve qu'il dormait, d’ailleurs.
Je lui ai répondu
Ou alors résolument épouvantable non?
j'sais pas
Il dormait déjà un peu moins.
Deux euros pour conquérir enfin ce téléphone des pauvres, moi qui ai renoncé à tout portable l'année où je subventionnais trois jeunes étudiants alors que j'avais LE millénium, la mariée était assez maquillée pour me tenter.Je changerai aussi le forfait de Valentin, en prévoyance de son exil, à moins de vingt euros, la liberté n'est pas chère payée. Tout réveil était ,est et restera judicieux. demain vois tu, je partirai à l'aube, je sais que tu m'attends....
mardi 10 janvier 2012
Jamais trois sans...
En moins de six mois nous aurons remplacé trois appareils de gros electro ménager, à la campagne, lave linge, mort de sa belle mort et de maltraitance ( dessus de lit ancien blanc, pesant des tonnes..), four claquant lors d'un orage et mon lave-vaisselle, qui s’arrêta, net, dimanche dernier. Je lui suis grée de ne pas s'être arrêté lors d'une réunion familiale, mais fus désarmée, il marchait tellement bien.
Fiche d'identité
Nom: lave vaisselle
Espèce: Miele
Age, neuf ou dix ans, réflexion faite plutôt douze ans, je n'en sais rien!
Caractère: pas compliqué, a toujours marché, même sans sel, sans produit rinçage et parfois sans produit lavage adéquat (j'ai honte)
Résistance: à tout, porte claquée, cycle interrompu, machine pleine à craquer, tout
Usage: quoi? C'est fait pour laver non? Il lavait, deux ou trois fois par jour, cycle court, chaud ou froid, rapide ou long!
J'ai alors réfléchi à feux mes lave-vaisselle, de maison principale à maison de campagne, j'ai des lave- vaisselle depuis la naissance de Camille (donc 31 ans, bientôt!). A l'époque, nous achetions tout et n'importe quoi, après quelques déboires j'ai changé de stratégie. Mon premier lave-vaisselle, Arthur Martin, fit mes délices un an ou deux! La porte ne résista bêtement pas, à Camille, tout petit, dix huit mois,qui s'asseyait sur la porte ouverte, lorsque je le vidais. le lave vaisselle se mit à fuir, porte cassée, serpillières en permanence devant l'appareil, bavoirs de lave-vaisselle!
Nous le remplaçâmes par notre premier Miele, avant la naissance d'Alice, il y a donc environ 27ans, je ne sais plus quand j'ai recherché son frère jumeau lorsque cette perle nous lâcha, mais je sais qu'en 27ans, deux lave vaisselles seulement, lavèrent les monceaux d'assiettes pleines de purée, coupelles avec des traces de crème de marron, cuillères au Nutella, et milles autres choses encore. A chaque mise en marche, je remerciais l'inventeur génial qui a tellement allégé la tâche de toute les femmes.
Et, je me prépare, sereinement, mon compte en banque lui est moins serein, à acheter mon troisième lave-vaisselle Miele, (je ne suis pas sponsorisée, dommage!) J'ai écarté tout tiroir à couvert, hors de question que je passe des heures à ranger des couverts sales, les paniers des vieux lave vaisselles sont convertis en range-crayons-de-couleurs, par la suite, je ne suis pas prête, encore une fois à bouleverser mes habitudes.Une fois le moins pire des modèles choisi, je m'adapte, constatant,qu'il est muni d'un programmateur, je cours chez EDF, les contrats Tempo seraient ils pour moi? Depuis je me suis battue avec des commerciaux qui ne voulaient pas me vendre ce contrat, le rendant encore plus désirable à mes yeux. J'ai gagné cette bataille, et ai obtenu ce contrat "en voie d'extinction" gagnerais je des sous, au bout? Pas sûr!
Depuis quelques temps, je passe respectueusement devant l'ancêtre de ma cuisine, un micro onde, qui a 17ans, je l'ai acheté juste après la naissance de Valentin, un Whirpool, marqué encore Philips, je pensais alors acheter du consommable, fait on encore des micro ondes aussi fiables?
Fiche d'identité
Nom: lave vaisselle
Espèce: Miele
Age, neuf ou dix ans, réflexion faite plutôt douze ans, je n'en sais rien!
Caractère: pas compliqué, a toujours marché, même sans sel, sans produit rinçage et parfois sans produit lavage adéquat (j'ai honte)
Résistance: à tout, porte claquée, cycle interrompu, machine pleine à craquer, tout
Usage: quoi? C'est fait pour laver non? Il lavait, deux ou trois fois par jour, cycle court, chaud ou froid, rapide ou long!
J'ai alors réfléchi à feux mes lave-vaisselle, de maison principale à maison de campagne, j'ai des lave- vaisselle depuis la naissance de Camille (donc 31 ans, bientôt!). A l'époque, nous achetions tout et n'importe quoi, après quelques déboires j'ai changé de stratégie. Mon premier lave-vaisselle, Arthur Martin, fit mes délices un an ou deux! La porte ne résista bêtement pas, à Camille, tout petit, dix huit mois,qui s'asseyait sur la porte ouverte, lorsque je le vidais. le lave vaisselle se mit à fuir, porte cassée, serpillières en permanence devant l'appareil, bavoirs de lave-vaisselle!
Nous le remplaçâmes par notre premier Miele, avant la naissance d'Alice, il y a donc environ 27ans, je ne sais plus quand j'ai recherché son frère jumeau lorsque cette perle nous lâcha, mais je sais qu'en 27ans, deux lave vaisselles seulement, lavèrent les monceaux d'assiettes pleines de purée, coupelles avec des traces de crème de marron, cuillères au Nutella, et milles autres choses encore. A chaque mise en marche, je remerciais l'inventeur génial qui a tellement allégé la tâche de toute les femmes.
Et, je me prépare, sereinement, mon compte en banque lui est moins serein, à acheter mon troisième lave-vaisselle Miele, (je ne suis pas sponsorisée, dommage!) J'ai écarté tout tiroir à couvert, hors de question que je passe des heures à ranger des couverts sales, les paniers des vieux lave vaisselles sont convertis en range-crayons-de-couleurs, par la suite, je ne suis pas prête, encore une fois à bouleverser mes habitudes.Une fois le moins pire des modèles choisi, je m'adapte, constatant,qu'il est muni d'un programmateur, je cours chez EDF, les contrats Tempo seraient ils pour moi? Depuis je me suis battue avec des commerciaux qui ne voulaient pas me vendre ce contrat, le rendant encore plus désirable à mes yeux. J'ai gagné cette bataille, et ai obtenu ce contrat "en voie d'extinction" gagnerais je des sous, au bout? Pas sûr!
Depuis quelques temps, je passe respectueusement devant l'ancêtre de ma cuisine, un micro onde, qui a 17ans, je l'ai acheté juste après la naissance de Valentin, un Whirpool, marqué encore Philips, je pensais alors acheter du consommable, fait on encore des micro ondes aussi fiables?
lundi 9 janvier 2012
Petit carnet.
Cette nuit, réalisant la somme des trucs assommants que je n'ai toujours pas faits et qui restent à faire: appeler mon banquier, changer de contrat EDF pour la campagne... Et bien d'autres choses encore qui ne sont jamais plaisantes même si elles ne présentent, à priori aucune difficulté, j'ai décidé d'ouvrir un petit carnet pour y noter ce que je dois faire et barrer au fur et à mesure ce que j'ai fait, en général je me contente d’établir ce type de liste que pour le travail ménager (avant l'invasion des Huns, grand ménage de printemps, ou un déménagement par exemple).
J'éprouve toujours de coupables joies à établir la liste des grands rangements ou des grands ménages, je crois que je savoure d'avance le plaisir de biffer tout ce qui n'encombrera plus ma conscience: nettoyage four (il suffit parfois de programmer..), lavage frigo, plinthes, interrupteurs et prises, dessus de portes, téléphones, manettes, claviers .... Rien n’échappe alors à ma frénésie de pouvoir sur mon entourage matériel.
Je nettoie donc j'assume. Je suis particulièrement performante dans les tâches ménagères si elles me permettent d'échapper à des contraintes me demandant de la réflexion ( changement de contrats par exemple). Tout travail physique est préféré à n'importe quel travail intellectuel, l'énergie demandée par la réflexion étant la plus contraignante.
Cette nuit, sachant que la fin du sursis que je m'étais octroyé arrivait et constatant que j'ai de plus en plus de mal à faire effectivement les démarches que je trouve ennuyeuses, même si nécessaires, je me suis promis de retrouver le vieux petit carnet à spirale tout corné que j'avais fauché à un de mes enfants ne s'en servant plus "au cas où". Revenant du super marché, j'ai saisi mon téléphone et ai commencé à régler les affaires urgentes qui traînent depuis des mois. La menace du carnet m'a suffi. cette fois ci. Je sortirai néanmoins ce petit carnet bleu et jaune, afin que sa vue m'inspire encore assez de crainte pour que je biffe mentalement les tâches effectuées avant même d'y inscrire quoi que ce soit.
Les changements nécessaires de contrats de portables et box ont été repoussés légitimement dans l'attente des nouvelles proposition de Free.
Le déclic de l'action est chez moi le plus difficile à obtenir, une fois que j'ai commencé un type de travail quelle que soit sa nature j'écume tranquillement ce qu'il reste à faire sans sourciller devant la montagne à gravir.
Dessin venant du blog "De tout un petit peu"
J'éprouve toujours de coupables joies à établir la liste des grands rangements ou des grands ménages, je crois que je savoure d'avance le plaisir de biffer tout ce qui n'encombrera plus ma conscience: nettoyage four (il suffit parfois de programmer..), lavage frigo, plinthes, interrupteurs et prises, dessus de portes, téléphones, manettes, claviers .... Rien n’échappe alors à ma frénésie de pouvoir sur mon entourage matériel.
Je nettoie donc j'assume. Je suis particulièrement performante dans les tâches ménagères si elles me permettent d'échapper à des contraintes me demandant de la réflexion ( changement de contrats par exemple). Tout travail physique est préféré à n'importe quel travail intellectuel, l'énergie demandée par la réflexion étant la plus contraignante.
Cette nuit, sachant que la fin du sursis que je m'étais octroyé arrivait et constatant que j'ai de plus en plus de mal à faire effectivement les démarches que je trouve ennuyeuses, même si nécessaires, je me suis promis de retrouver le vieux petit carnet à spirale tout corné que j'avais fauché à un de mes enfants ne s'en servant plus "au cas où". Revenant du super marché, j'ai saisi mon téléphone et ai commencé à régler les affaires urgentes qui traînent depuis des mois. La menace du carnet m'a suffi. cette fois ci. Je sortirai néanmoins ce petit carnet bleu et jaune, afin que sa vue m'inspire encore assez de crainte pour que je biffe mentalement les tâches effectuées avant même d'y inscrire quoi que ce soit.
Les changements nécessaires de contrats de portables et box ont été repoussés légitimement dans l'attente des nouvelles proposition de Free.
Le déclic de l'action est chez moi le plus difficile à obtenir, une fois que j'ai commencé un type de travail quelle que soit sa nature j'écume tranquillement ce qu'il reste à faire sans sourciller devant la montagne à gravir.
Dessin venant du blog "De tout un petit peu"
vendredi 6 janvier 2012
Journée marmotte.
L'hiver j'hiberne volontiers, j'avais des projets aujourd'hui, rien de très urgent, rien de très important. Ce matin démarrage poussif dès mon premier café, je crois que je venais de boire le second lorsque j'ai reçu le premier des longs coups de téléphone de la matinée, Alice puis Charlotte, l'heure du déjeuner était presque arrivé. Je n'ai rien fait de l'après midi, le temps était figé, froid et bâché, pas de lumière, j'ai perdu mon temps, tout en dressant toutes les choses qu'il serait souhaitable que je fasse. Vers seize heures j'ai décidé enfin de faire des listes des trucs à faire, les traces écrites m'obligent davantage, je commencerai lundi matin, promis, heureusement je n'avais pris aucune résolution car cette procrastination m'aurait sinon donné un horrible sentiment de culpabilité.
Dans une lueur de lucidité je me souvenue que je ne suis pas faite pour vivre dans cette région, lorsqu'il n'y a pas de soleil ni de chaleur, un jour ou deux, je m'engourdis, je regrette souvent que la vie m'a conduite loin de de mes palmiers natals.
Cette procrastination m'est nécessaire aussi pour accepter que les choses ne se passent pas toujours comme je l'aimerais, les souvenirs de la première grossesse d’Alice me reviennent en mémoire, nos longs coups de téléphone quotidiens, les espoirs et les inquiétudes, les coups durs qu'elle surmontait à chaque fois. Je sais aussi que probablement tous mes projets seront un peu suspendus à ces appels, que je serais incapable de faire un quelconque projet sans avoir dans la tête l'hypothèse de devoir adapter mes projets selon les circonstances.
Ce chemin d'hiver débute seulement et déjà j'ai entendu plusieurs voix me confiant qu'elles attendaient déjà le printemps. Lundi j'accrocherai de la lumière dans ma tête et de la chaleur dans mon coeur et essaierai d'ignorer les nuages qui me paralysent et me précipitent sous ma couette, la procrastination est positive lorsqu'elle ne dure pas trop.
Petite route, en Auvergne (photo de Camille)
Dans une lueur de lucidité je me souvenue que je ne suis pas faite pour vivre dans cette région, lorsqu'il n'y a pas de soleil ni de chaleur, un jour ou deux, je m'engourdis, je regrette souvent que la vie m'a conduite loin de de mes palmiers natals.
Cette procrastination m'est nécessaire aussi pour accepter que les choses ne se passent pas toujours comme je l'aimerais, les souvenirs de la première grossesse d’Alice me reviennent en mémoire, nos longs coups de téléphone quotidiens, les espoirs et les inquiétudes, les coups durs qu'elle surmontait à chaque fois. Je sais aussi que probablement tous mes projets seront un peu suspendus à ces appels, que je serais incapable de faire un quelconque projet sans avoir dans la tête l'hypothèse de devoir adapter mes projets selon les circonstances.
Ce chemin d'hiver débute seulement et déjà j'ai entendu plusieurs voix me confiant qu'elles attendaient déjà le printemps. Lundi j'accrocherai de la lumière dans ma tête et de la chaleur dans mon coeur et essaierai d'ignorer les nuages qui me paralysent et me précipitent sous ma couette, la procrastination est positive lorsqu'elle ne dure pas trop.
Petite route, en Auvergne (photo de Camille)
jeudi 5 janvier 2012
La jupe (la rupture n°4)
J'ai treize ans, je suis, en troisième, c'est le printemps, mon collège se termine. Les religieuses nous ont permis d'avoir des jupes bleu marine, non plissées, le bonheur, enfin on va arrêter de me déguiser, l'espoir. Les religieuses, très pédagogues ont expliqué à nos mères qu'afin de nous préparer à nos vies de jeunes filles, il serait judicieux de nous faire porter des jupes droites. Par pur hasard, les jupes droites sont à la mode.
Maman me surprit agréablement en achetant un coupon de laine bleu marine, très foncé, le modèle qu'elle avait sélectionné me convenait, une simple jupe droite, enfin je ressemblerai à quelque chose, déjà mes cheveux m'arrivent à mi dos, et les gars se retournent sur mon passage.
Tout alla bien jusqu'au dernier essayage où maman décida de la longueur de la jupe, LE problème de l'ourlet. Maman voulait me faire un jupe à mi mollet, comme en portait les vieilles, c'était hors de question et je le lui dis, très fermement, et la prévins que je referai moi même cet ourlet s'il ne me convenait pas. Ne m'écoutant nullement, maman termina l'essai et me renvoya, le lendemain elle déposa sur la chaise de mon bureau la jupe terminée, mille fois trop longue.
Mon coeur se mit à battre très fort, je l'entendais dans ma poitrine, le soir, j'étais sensée travailler dans ma chambre au premier, en bas, j'entendais le journal télévisé que mes parents écoutaient. Sur la pointe des pieds, je suis allée dans la chambre de maman, prendre des ciseaux, du fil et une aiguille. J'évaluais "à la louche" la longueur à enlever et coupais sans hésiter cette large bande de tissu "en trop".
Sacrilège horrible.
Je me souviens très bien de mon émotion et aussi de ma détermination, j'enfilais une aiguillée ensuite et entrepris de refaire l'ourlet. Lorsque j'essayais ma jupe, je me suis bien rendue compte qu'elle avait un léger quelque chose dans l'ourlet, mais dans l'ensemble j'étais ravie de cette jupe, contente de moi, j'étais, enfin moi.
Tremblante, je décidais aussitôt de montrer à mes parents ma nouvelle jupe, je n'étais pas dans la provocation mais dans l'honneteté.
Je me souviens du silence entourant ma descente des escaliers, ma mère étouffa un cri et ne dit rien. Mon père ne devait pas savoir quoi en penser, en tout cas, il ne dit rien non plus. Le lendemain je suis allée à l'école, les jambes légères. Maman rectifia l'ourlet par la suite , mais ne m'en parla jamais, j'ai porté cette jupe des années, pour une fois, j'ai fait très attention à ne pas abîmer un vêtement.
Alice m'a dit que ma mère lui a parlé de cette jupe pour lui montrer à quel point je fus une enfant difficile. Peut être. Par la suite maman me laissa davantage choisir mes vêtements, sauf l'horrible robe avec laquelle je rencontrais mon mari, (robe que j'ai gardé en ex voto) et ma robe de mariée, pour laquelle je me suis battue pied à pied, hors de question que l'on me déguise en communiante prête au sacrifice alors que je voulais être une jolie jeune femme. Je portais au final une superbe robe, parce que j'avais réussi à avoir la robe de mes rêves, sauf pour le décolleté, qui n'existait pas, mais je n'ai évité l'encolure ronde ras du cou qu'en menaçant ma mère d'échancrer moi même, les ciseaux, c'est mon affaire!
Maman fut une excellente couturière, mais qui ne faisait jamais que ce qu'elle avait envie, sans jamais tenir compte de l'avis des personnes qui devaient porter les vêtements, enfin elle faisait mine de nous écouter et de prendre notre avis, mais son avis était supérieur et nous nous rangions à ses raisons, de même elle fut peut être une excellente mère, enfin, à son idée, sans tenir compte de la personnalité de ses enfants.
Je ne le savais pas, et maman non plus, huit mois plus tard, mon frère aîné se suicidera, avertie de manière étrange durant l'été, je ne voulais croire à cet augure, je fus terrassée, mais pas surprise, pouvait on vivre dans ce monde? Je faillis, moi aussi, en mourir.
Maman me surprit agréablement en achetant un coupon de laine bleu marine, très foncé, le modèle qu'elle avait sélectionné me convenait, une simple jupe droite, enfin je ressemblerai à quelque chose, déjà mes cheveux m'arrivent à mi dos, et les gars se retournent sur mon passage.
Tout alla bien jusqu'au dernier essayage où maman décida de la longueur de la jupe, LE problème de l'ourlet. Maman voulait me faire un jupe à mi mollet, comme en portait les vieilles, c'était hors de question et je le lui dis, très fermement, et la prévins que je referai moi même cet ourlet s'il ne me convenait pas. Ne m'écoutant nullement, maman termina l'essai et me renvoya, le lendemain elle déposa sur la chaise de mon bureau la jupe terminée, mille fois trop longue.
Mon coeur se mit à battre très fort, je l'entendais dans ma poitrine, le soir, j'étais sensée travailler dans ma chambre au premier, en bas, j'entendais le journal télévisé que mes parents écoutaient. Sur la pointe des pieds, je suis allée dans la chambre de maman, prendre des ciseaux, du fil et une aiguille. J'évaluais "à la louche" la longueur à enlever et coupais sans hésiter cette large bande de tissu "en trop".
Sacrilège horrible.
Je me souviens très bien de mon émotion et aussi de ma détermination, j'enfilais une aiguillée ensuite et entrepris de refaire l'ourlet. Lorsque j'essayais ma jupe, je me suis bien rendue compte qu'elle avait un léger quelque chose dans l'ourlet, mais dans l'ensemble j'étais ravie de cette jupe, contente de moi, j'étais, enfin moi.
Tremblante, je décidais aussitôt de montrer à mes parents ma nouvelle jupe, je n'étais pas dans la provocation mais dans l'honneteté.
Je me souviens du silence entourant ma descente des escaliers, ma mère étouffa un cri et ne dit rien. Mon père ne devait pas savoir quoi en penser, en tout cas, il ne dit rien non plus. Le lendemain je suis allée à l'école, les jambes légères. Maman rectifia l'ourlet par la suite , mais ne m'en parla jamais, j'ai porté cette jupe des années, pour une fois, j'ai fait très attention à ne pas abîmer un vêtement.
Alice m'a dit que ma mère lui a parlé de cette jupe pour lui montrer à quel point je fus une enfant difficile. Peut être. Par la suite maman me laissa davantage choisir mes vêtements, sauf l'horrible robe avec laquelle je rencontrais mon mari, (robe que j'ai gardé en ex voto) et ma robe de mariée, pour laquelle je me suis battue pied à pied, hors de question que l'on me déguise en communiante prête au sacrifice alors que je voulais être une jolie jeune femme. Je portais au final une superbe robe, parce que j'avais réussi à avoir la robe de mes rêves, sauf pour le décolleté, qui n'existait pas, mais je n'ai évité l'encolure ronde ras du cou qu'en menaçant ma mère d'échancrer moi même, les ciseaux, c'est mon affaire!
Maman fut une excellente couturière, mais qui ne faisait jamais que ce qu'elle avait envie, sans jamais tenir compte de l'avis des personnes qui devaient porter les vêtements, enfin elle faisait mine de nous écouter et de prendre notre avis, mais son avis était supérieur et nous nous rangions à ses raisons, de même elle fut peut être une excellente mère, enfin, à son idée, sans tenir compte de la personnalité de ses enfants.
Je ne le savais pas, et maman non plus, huit mois plus tard, mon frère aîné se suicidera, avertie de manière étrange durant l'été, je ne voulais croire à cet augure, je fus terrassée, mais pas surprise, pouvait on vivre dans ce monde? Je faillis, moi aussi, en mourir.
Premier succès, le coiffeur (la rupture n°3)
Enfant je fus blonde, avec des très jolis cheveux blondinets comme ont les enfants généralement , maman décida, un jour de septembre de m'emmener chez le coiffeur afin de me couper mes cheveux, j'avais trop de noeuds, la plage, le soleil. Le coiffeur à mon grand désarroi, me fit une coupe de garçon, à peine plus longue que celle de mes frères. Je m'alarmais.
Cela repoussera! me disaient ils, tous en choeur, je suis tellement jolie les cheveux courts, un visage d'ange!
J'allais entendre des années durant cette antienne, cela repousse, je suis si jolie les cheveux courts. J'étais tellement désagréable avant et après ces scènes de torture coiffeurs, que maman espaçait au maximum les séances chez le coiffeur. Selon elle, je faisais tout un "cirque" pour rien. Je pleurais en fait beaucoup, à la maison, avant et après, mais restais relativement docile chez le coiffeur et ne disais rien.
Fin juin, j'ai onze ans, depuis, je crois au moins cinq ans, maman me déguise la tête en garçon, je hais cela. Je pensais qu'elle me laisserait au moins les vacances d'été tranquille et espérais profiter de mes mèches qui commençaient à recouvrir mon front. Mais un jeudi, le rendez-vous fut pris, je dus suivre ma mère, qui m'emmena chez un coiffeur d'homme très gentil, un vieux monsieur que je n'osais contrarier lorsqu'à la fin, il me montrait dans un miroir ma nuque rasée, en me disant
Cela te plait? Tu es contente?
Je pinçais les lèvres, il me jugeait, probablement, très timide, je ne voulais pas le peiner.
Maman me laissa entre ses mains, en ayant dit:
Très court, comme d'habitude, elle si jolie ainsi!
Le coiffeur commença à me couper les cheveux, qui tombaient autour du siège, mes yeux se brouillaient, la radio était à fond, je ne pus, à mon grand désarroi, empêcher mes larmes de couler,j'espérais que le bruit couvrirait mes larmes, mais le coiffeur s'en rendit compte et s’arrêta net, il coupa la radio en me disant:
Qu'est ce qui ne va pas petite?
C'est un peu comme s'il avait rompu un barrage, je fus torrent, hoquetant, je lui dis tout, mon refus d'être déguisée en garçon, mon horreur des cheveux courts, tout! Il ne se moqua pas de moi, ni me réprimanda, pensif, il me dit:
Mais tout cela, tu l'as dit à ta mère?
Alors je lui racontais, vraiment,, je crois que je lui ai fait de la peine, il ne souriait plus. Il reprit alors ses ciseaux et continua en silence à me couper les cheveux, m'ayant simplement répondu
Je parlerai à ta mère.
Lorsque maman vint me chercher, je lisais un magazine en l'attendant, le coiffeur avait un autre client, il s'interrompit et me dit
Petite va attendre dehors je dois parler à ta mère.
Qu'est ce qu'elle a fait, encore des bêtises?
Oh, non, ne vous inquiétez pas!
Je sortis, cinq minutes plus tard, maman me rejoignit furieuse, maugréant, me traitant de "faiseuse d'histoires" me menaçant d'en parler à mon père. Je baissais la tête coupable et me taisais, j'avais mal fait, et le savais, j'avais rompu le pacte du silence.
Quelques jours avant la fin de l'été suivant, maman me prévint qu'on ne me couperait plus les cheveux, mais que je devais me débrouiller toute seule pour me coiffer, démêler mes cheveux, me débrouiller avec des poux si j'en attrapais et un tas d'autres malédictions. Je n'en croyais pas mes oreilles, de bonheur, le reste ne m’atteint pas.
Trois ou quatre ans plus tard, j'avais les cheveux, aux fesses, et les ai gardé très longtemps si longs, plus jamais n'eus une coupe courte. Je déteste toujours aller chez le coiffeur, n'y vais jamais.
Maman me dit encore, aujourd'hui, et je m'en fous:
Tu était si mignonne avec tes cheveux courts!
Cela repoussera! me disaient ils, tous en choeur, je suis tellement jolie les cheveux courts, un visage d'ange!
J'allais entendre des années durant cette antienne, cela repousse, je suis si jolie les cheveux courts. J'étais tellement désagréable avant et après ces scènes de torture coiffeurs, que maman espaçait au maximum les séances chez le coiffeur. Selon elle, je faisais tout un "cirque" pour rien. Je pleurais en fait beaucoup, à la maison, avant et après, mais restais relativement docile chez le coiffeur et ne disais rien.
Fin juin, j'ai onze ans, depuis, je crois au moins cinq ans, maman me déguise la tête en garçon, je hais cela. Je pensais qu'elle me laisserait au moins les vacances d'été tranquille et espérais profiter de mes mèches qui commençaient à recouvrir mon front. Mais un jeudi, le rendez-vous fut pris, je dus suivre ma mère, qui m'emmena chez un coiffeur d'homme très gentil, un vieux monsieur que je n'osais contrarier lorsqu'à la fin, il me montrait dans un miroir ma nuque rasée, en me disant
Cela te plait? Tu es contente?
Je pinçais les lèvres, il me jugeait, probablement, très timide, je ne voulais pas le peiner.
Maman me laissa entre ses mains, en ayant dit:
Très court, comme d'habitude, elle si jolie ainsi!
Le coiffeur commença à me couper les cheveux, qui tombaient autour du siège, mes yeux se brouillaient, la radio était à fond, je ne pus, à mon grand désarroi, empêcher mes larmes de couler,j'espérais que le bruit couvrirait mes larmes, mais le coiffeur s'en rendit compte et s’arrêta net, il coupa la radio en me disant:
Qu'est ce qui ne va pas petite?
C'est un peu comme s'il avait rompu un barrage, je fus torrent, hoquetant, je lui dis tout, mon refus d'être déguisée en garçon, mon horreur des cheveux courts, tout! Il ne se moqua pas de moi, ni me réprimanda, pensif, il me dit:
Mais tout cela, tu l'as dit à ta mère?
Alors je lui racontais, vraiment,, je crois que je lui ai fait de la peine, il ne souriait plus. Il reprit alors ses ciseaux et continua en silence à me couper les cheveux, m'ayant simplement répondu
Je parlerai à ta mère.
Lorsque maman vint me chercher, je lisais un magazine en l'attendant, le coiffeur avait un autre client, il s'interrompit et me dit
Petite va attendre dehors je dois parler à ta mère.
Qu'est ce qu'elle a fait, encore des bêtises?
Oh, non, ne vous inquiétez pas!
Je sortis, cinq minutes plus tard, maman me rejoignit furieuse, maugréant, me traitant de "faiseuse d'histoires" me menaçant d'en parler à mon père. Je baissais la tête coupable et me taisais, j'avais mal fait, et le savais, j'avais rompu le pacte du silence.
Quelques jours avant la fin de l'été suivant, maman me prévint qu'on ne me couperait plus les cheveux, mais que je devais me débrouiller toute seule pour me coiffer, démêler mes cheveux, me débrouiller avec des poux si j'en attrapais et un tas d'autres malédictions. Je n'en croyais pas mes oreilles, de bonheur, le reste ne m’atteint pas.
Trois ou quatre ans plus tard, j'avais les cheveux, aux fesses, et les ai gardé très longtemps si longs, plus jamais n'eus une coupe courte. Je déteste toujours aller chez le coiffeur, n'y vais jamais.
Maman me dit encore, aujourd'hui, et je m'en fous:
Tu était si mignonne avec tes cheveux courts!
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