lundi 10 mai 2010

Madame Poirot?





Il y a des périodes comme cela, où certaines choses considérées comme éternelles s’écroulent. Le concours de Miss France en est de celles là. Nous savions que le chapeau de madame de Fontenay qui en fait puisqu’elle porte le «  nom «  de son feu-concubin, enfin son pseudo, devrait porter son vrai patronyme. Madame Poirot, tout de suite là, ça la fait pas. D’abord cette dame mère la vertu a vécu en concubinage avec Louis Poirot, dont elle  en a eu deux garçons, à sonâge, époque quelle dévergondée….  Elle porte le pseudo de son concubin, plus classe que leurs deux patronymes réels, le sien étant Mulmann.



                                                              Geneviève de Fontenay, jeune et sans chapeau

De déception en cruelles vérités je perds mes dernières illusions, le monde de nos grand-mères était exactement comme le notre, juste en vieillissant elles ont édulcoré leurs histoires pour en faire des contes  pour tous. Le conte de madame de Fontenay  s’est écroulé ; elle a vendu sa société, s’est fâchée avec tout le monde même  avec la si jolie Sylvie Tellier ,  patronne de Miss France qui vit en ce moment de bien mauvaises heures, par coups de procédures interposées contre celle qui lui a  tant appris.

Madame de Fontenay, est cependant une vraie  féministe,  et son combat est celui d’une arrière garde qui avait mis des frontières, entre le fait d’utiliser son charme pour arriver et celui de ne pas se prostituer. Un fil bien étrange et fluctuant au gré des époques. Féministe qui avec ce concours voulait montrer qu’une femme jeune et jolie pouvait être une ambassadrice mondiale de la France. Elle fut en politique le soutien des femmes, de gauche, Arlette Laguiller, étrange n’est ce pas ? Puis Ségolène Royal. Ces choix me font douter quand même du bon sens de la dame, voterait-elle pour une candidate uniquement parce qu'elle est femme? La prochaine fois, Marine le Pen?.


 Et je retrouve avec  humour certains ratés,  je me souviens particulièrement d’Alessandra qui n’a pas inventé le fil à couper le beurre…
Il y a un âge pour tout, et la vieillesse devrait avoir la sagesse de laisser vraiment les pages se tourner pour que l’héritage ne disparaisse pas, la commode de l’arrière  doit être repeinte, sinon elle s’écroulera  rongée  par les vers dans le grenier de nos souvenirs .

vendredi 7 mai 2010

Le marché de Sidi-Bel-Abbes.


Maman sans être véritablement une pied-noir, elle considère ce mot comme une insulte, en est presque une. Lorsqu’elle se maria, elle trouvait naturel de suivre son mari où qu’il aille, papa était militaire. C’est ainsi que jeune mariée elle se retrouva à Sidi-Bel Abbes( سيدي بلعباس) avec deux bébés. Connaissant fort bien ma mère, et mon père,  j’imagine que les faits se déroulèrent à peu près comme cela.



                                       carte tirée du site les juifs d'Algérie



Un matin dans la cuisine, papa lui demanda
« Que fais-tu aujourd’hui, ce matin, ma chérie ? »
Maman, « Rien de particulier »
« Tu ne sors pas »
« Non, je reste à la maison »
Maman devait se douter que papa préférait qu’elle limita au maximum ses sorties, et papa ne voulait pas inquiéter maman. Dans la matinée, maman s’aperçut qu’elle manquait de persil, sans persil, elle ne pouvait faire le plat qu’elle escomptait. Elle prit mon frère et ma sœur, bébés, dans la poussette et alla au marché.

Le marché était désert, pas de chaland, très peu de commerçants ouverts. Cela surprit maman qui néanmoins de fil aiguille, profitant de ce qu’il n’y eut pas foule, fit son marché. Elle vit alors quelques échoppes s’ouvrir. Les gens l’observaient, et ne lui disaient rien, chuchotant sur son passage elle voyait qu’il se passait quelque chose, mais ne savait pas quoi.

Le soir venu, papa lui dit qu’il y avait eu une menace d’attaque de fellaghas sur la ville. En fait, plus exactement, des menaces d'attentats, à la bombe, eh, oui.. Cela existait déjà. Puis en voyant la femme du lieutenant se promener avec ses bébés comme si de rien n’était, les gens se dirent que non, ils ne risquaient rien, et peu à peu la vie reprit. On ne sut jamais si l’attaque aurait eu lieu ou pas si maman n’avait pas décidé d’aller acheter du persil.

Je naquis quelques temps plus tard, et toute petite, me souviens d’avoir jeté des pinces à linge du haut de la terrasse à Oran, en criant très fort, ça je savais faire : « Algérie française, Algérie française».
 Maman fait partie de ces gens qui n’acceptent pas que le monde qu’elle connait bouge, et change, même si, dans le fond, cela vaut mieux. Elle  n’acceptait pas que l’Algérie prenne son indépendance. Et moi, j’étais surement précoce mais n’avais pas vraiment une conscience politique très éveillée, je reçus une monumentale fessée.

Je me demande la tête que je ferais, si un jour, dans une rue à Marseille ou à Cambrai, je suis bombardée de pinces à linge et levant la tête je vois un petit bout haut comme deux pommes et demie crier :

« La France, algérienne, la France, algérienne »

Les choses changent, toujours, et parfois il suffit d’une rumeur pour changer le cours de cette évolution, parfois  la précipitant ou l’anéantissant.

jeudi 6 mai 2010

Aie confiance, dans les banques.






Aie confiance,  crois en eux : DSK, les gouvernements tous nous endorment, Aie confiance, crois-moi, aucun risque pour tes finances….

Lors de la dernière crise boursière, il semble me souvenir que le comportement exemplaire des particuliers, qui ont gardé leurs valeurs boursières, acceptant bon gré, mal gré de perdre de l’argent, a évité le pire. Les états sont venus au secours des banques et grandes entreprises, la vie a continué, la bourse a repris quelques couleurs.

Ca et là, depuis, , on apprend les bénéfices monstrueux qu’ont fait certaines banques, les  bonus de certains grands patrons, sans oublier les méga primes des traders.

Voici ce que dit l’un d’eux, dans Marianne2 :
Marc Fiorentino : «Je voudrais vous demander ce qui a été fait depuis deux ans. On nous a dit : «on va lutter contre les hedge funds», la semaine dernière les chiffres sont parus sur les hedge funds, ils n’ont jamais autant collecté d’argent que cette année, ils sont proches de leurs records. «On va lutter contre les bonus», l’année dernière a été l’année record pour les bonus. «On va lutter contre les paradis fiscaux» : ils sont toujours là, ils sont juste passés de noir à gris puis de gris à blanc, on ne sait pas par quel miracle. «Et on va lutter pour la réglementation financière», et on vient d’assister au G20 finance ce week-end, et à la sortie du G20 finance, quel a été le communiqué ? Le communiqué a été de dire : on ne s’est mis d’accord sur rien, parce que notamment le Japon, le Canada, et l’Australie ont dit : aucune réglementation financière.»


Le classement des Echos comptabilise un total provisoire de 79,5 millions d'euros au titre de l'exercice 2009 pour les 40 dirigeants des plus grosses sociétés cotées à la Bourse parisienne. L'an passé, la somme s'élevait à 76,4 millions d'euros.


Je en sais pas vous, mais moi, j’ai perdu non seulement de l’argent durant la dernière crise mais depuis toute confiance dans ce système pourri, voilà, j’ai tout (enfin presque) vendu. Précipitant peut être avec mon grain de sable la mécanique de l’avalanche, basée juste sur des rumeurs. Mais je suis certaine que bien des particuliers sont écœurés.

J’accepte de payer un peu pour aider les pays les plus pauvres de la zone euro à s’en sortir, j’accepter de payer aussi pour aider les autres pays pauvres à augmenter leur niveau de vie. Mais ce n’est pas ce qui se passe, n’est-ce pas ?

J’ai vendu en début de semaine dernière, j’attends que le gros de la crise passe, et je replace, c’est ainsi qu’il faut faire, non ? Sinon ? A « eux » de nous prouver que cette moralisation des marchés financiers c’était pas du pipeau et qu'enfin ils arrêtent de spéculer avec nos sous, de jouer au poker avec nos vies.



mercredi 5 mai 2010

"C'est ma terre" me gave, grave.


«  C’est ma terre » me gave, grave.
Cette publicité immonde à la belle gueule écolo est d’une stupidité rare, doublée d’une hypocrisie en béton armé pour protéger, notre consommation, leurs business.



                                     image  "Fortune par delà la crise"




Le principe vous voyez une skipper, au milieu de l’océan qui récite un discours lénifiant, ponctué de « Un  geste plus un geste, c’est ma terre qui va mieux » sur le fond musical débilo-débile de Christophe Maé « Aïe, aïe aïe , aïe aïe »

Refrain magistral :

C'est ma terre où je m'assois 
ma rivière l'eau que je bois
qu'on n'y touche pas
c'est mes frères autour de moi
mes repères et ma seule voie
qu'on n'y touche pas

La connerie de ces clips Renault est à l’aulne de la  chanson. Un exemple ?

Un matin vous voyez un petit garçon presser, à la main deux oranges, oui, manuellement, il a jeté  son presse orange électrique, cela fait gagner 0.5 kw/an, mais un geste plus un geste et c’est ma Terre qui va mieux. Sourire béat , les oranges viennent de Californie, pas de problème. Consommez en toute bonne conscience.

Cela me rappelle affreusement les récoltes de bouchons de bouteilles de plastique pour fabriquer des fauteuils pour handicapés. Neuf tonnes de bouchons pour un fauteuil.  Je suis certaine que plein de bonne volonté certains ont augmenté leur conso d’eau en bouteille pour apporter plus de bouchons. Sans penser au ridicule de l’affaire. Argent / CO2/essence dépensés pour la collecte de ces bouchons de conscience.

Hier, Il s’agissait du recyclage méthanique des déchets alimentaires. Je vous invite à visionner ce clip. Fabuleuse initiative, où l’on voit des bennes à ordures  pleines de bouffe intacte destinée à être détruite.  Génial, grâce à ces invendus on économisera  je ne sais combien de tonnes de CO2.

Un geste plus un geste, c’est ma terre qui va mieux.

On détruit plus de  30% de la nourriture en Occident. Plus d’un milliard d’être humains souffrent  de la faim.


Un geste plus un geste, c’est ma terre qui va mieux.

mardi 4 mai 2010

Il y a des jours, sans.


Il y a des jours heureux, glorieux où tout semble facile, où tout vous sourit,  et des jours sans. Sans quoi? Sans tout, sans rien, sans grâce!

Aujourd’hui,  jour sans. J’ai commencé glorieusement ma journée par chercher une heure mes lunettes, dans mon appartement : chambre, bureau, cuisine, salon salle de bain et toilettes, tout fut inspecté au peigne fin. Découragée, j’ai même vidé la poubelle dans un petit sac, elles seraient peut être tombées, sans que je m’en aperçoive en  jetant un pack de lait vide…  La corbeille à linge sale fut elle aussi vidée, siphon du lavabo et cuvette des toilettes examinés avec soupçons.

Le bureau vérifié  en détail, j’avais commencé ma journée par allumer l’ordi, puis fais mon café….

J’étais perturbée par deux choses, le souvenir de ce piéton renversé hier soir, sous mes fenêtres, à l’endroit ou Hubert et Valentin traversent quatre fois par jour,  leurs e pod ou phone ou autre e  diffusant de la musique dans leurs oreilles. La seconde chose ? J’ai oublié.

Une heure au bout de laquelle j’allais abandonner pour retrouver les infidèles sous mon lit, elles avaient glissées pendant que je le retapais. La matinée se déroula à l’image de son début. J’ai mis à tourner le lave-vaisselle avec une dose non débarrassée de son emballage (or celles-là ne sont  pas solvables dans l’eau) lave-vaisselle bourré à bloc;  trop tard pour refaire un cycle, je l’ai vidé et ai lavé la vaisselle à la main.

Ma seule victoire fut que j’avais en réserve du déboucheur, car le lavabo était bouché ce matin. Mystère des tuyauteries, hier 22h30, il marche nickel, ce matin 7h il est bouché.

Je suis victime de petits elfes en ce moment, peut-être, qui cachent mes lunettes, et versent du sable dans mes tuyaux, il y a quelque chose comme cela, surement.


                                                                                                     Elfe de maison, Harry Potter, farfadet de mon enfance...


Le monde entier est victime de géants qui nous narguent en rigolant, pluie et neige nous plongent en hiver, esprits malfaisants qui inspirent  trop d’erreurs, de maladresses ou de manques mortels. Je vais me replonger sous ma couette dès que faire se peut. La bourse continuera de plonger, la Grèce mettant en péril l’Europe  et la marée noire d’avancer, tuant tout ce qui vit sur son passage. Sans moi.

lundi 3 mai 2010

Des petits cadeaux.



Bientôt la fête des mères, puis inévitablement celle des pères. Passé l’âge des empreintes de mains dans de l’argile formant un merveilleux souvenir et des colliers en nouilles, il  faut trouver parfois des idées charmantes. Je me souviens d’une jeune  institutrice  adorable, qui avait fait faire un pendentif en argile monté sur un lacet de cuir, aux trente bambins dont elle avait la charge. Cadeau très écolo, donc tendance, une fort jolie feuille d’érable étalait  ses lobes dans une courbe  harmonieuse.


                                   feuille d'érable

Le lundi suivant la fête des mères, il a été ainsi très facile de  repérer les têtes de toutes les mamans non connues encore à notre bataillon, dont les bambins  avaient l’inestimable chance de fréquenter votre petite merveille. Avant la fin d'année  double challenge: cadeau collectif pour les maitresses et fêtes de fin d'années, donc costumes improbables à coudre; l'enjeu est d'importance, connaitre un maximum de mamans utiles. De plus, Guillaume tenait beaucoup à ce que je porte le collier qu’il m’avait offert. J’avais précédemment porté une tortue en argile ornée de petites perles multicolores  œuvre d’Alice. Je trouvais si touchant ces petits présents.

Mais lorsque j’avais déballé le petit paquet que Guillaume me tendait, j’entendis Camille, adolescent se bidonner, discrètement, longuement pour éclater dans un fou rire  inextinguible. La feuille d’érable était en fait une feuille de cannabis. 


                                feuille et joint  de cannabis

C’est ainsi que cette année-là, toutes les mamans de grande section de maternelle  du collège sainte Thérèse, collège très catho, et très chic, portaient une feuille de Cannabis au cou, de la fête des mères, à la kermesse de fin d’année.

Malencontreusement j’oubliais ce collier dans ma maison de campagne,  puis la saison des colifichets légers passa. Je possède toujours ma petite feuille de cannabis qui eut plusieurs vertus pédagogiques, je sais reconnaitre à présent le cannabis, et le ridicule ne tue pas lorsqu’il est œuvre collective. Je ne sus jamais si parmi  mes coreligionnaires  d’autres reconnurent le cannabis, les mamans sont rarement botanistes.

Camille hilare, vit ainsi une trentaine de dames assez dadames, arborer ce symbole, parfois avec leur médaille religieuse,  peace and love !