Nous étions le 24 au matin, dès l’aube, si, si, les enfants de nos jours se lèvent aussi tôt que ceux d’autrefois, aucune amélioration n'a été faite à leur programme, à 9 valides (ceux capable de se faire eux même leurs biberons) et 3 mouflets.
Dès la fin de la matinée, en pleine folie, plus de gaz, comme d’hab le 24 décembre et jours de fiançailles, mariage ou baptême pour ma plus grande joie à défaut de la surprise totale, débarqua alors Camille, sa dulcinée Amélie et leur ménagerie.
L’arrivée se fit discrète et sans heurts, les animaux confinés aux extérieurs dans la journée, ne regagnaient la « petite » maison, annexe de la « grande » en cati mini que le soir venu. Ocelot, mon chien, s’obligeait à une extrême surveillance qui lui faisait délaisser sa corbeille, pour surveiller les conneries que ses cousins malotrus ne cessaient de faire dans notre jardin, lui seul veillait au grain, à son grand désappointement, nous nous en moquions éperdument.
Le 24 à midi, chez les Waterloo, c’est boudins blancs, pommes marrons, cela ne demande pas vraiment de préparation et année après année est devenu une tradition sans que nous y prenions garde.
Les petits-enfants dument chapitrés pour dormir « à la sieste » , firent les 400 coups, malgré la menace d’un père Noël fugueur, je me mordais les lèvres pour ne pas houspiller mes enfants, pour leur idéalisme angélique. J’ai toujours trouvé complètement décalé de faire croire à qui que ce soit qu’un gros tas de lard habillé comme un pingouin rouge passait par les cheminées fumantes le soir venu porter les cadeaux tant attendus. Je ne vois aucune magie ni merveilleux dans ces menteries. Pierre avec la sagesse de ses quatre ans, ne souhaite pas décevoir déjà ses parents et les ménagera un an ou deux encore. Son œil malicieux scintilla lorsque Camille s’exclama:
« Oh un si gros vélo rouge, passé par la si petite cheminée, malgré le feu »
Yann, Armelle et leurs trois garçons nous rejoignirent pendant la messe, office nul, avec son inamovible et pathétique pastorale des bergers qui me donnerait envie de fuir si je n’étais pas obligée de rester. Mais la contemplation (premier miracle de Noël!) de ma tribu, enfançons miraculeusement sages, enfin presque tous, m’occupa sainement quelques temps. Et la magie de Noël se fit.
De retour, bougies allumées, papiers éparpillés, coupes vidées, cadeaux émerveillés, nous soupons tous ensemble. A la fin du repas l’Hom, me fit remarquer la disposition des tablées. Lors des réunions, nous mettons, deux grandes tables en T, une troisième plus petite, dans un coin de la salle à manger accueille les jeunes enfants. Ma place, seule place attribuée, est au bout de la grande table, présidant l’assemblée et me permettant de dégager à toute vitesse si nécessité. Les autres se mettent là ou bon leur semble. Ce soir là, en face de moi, sur la barre du haut du T, mes cinq fils avaient pris place, seuls :
Yann, l’ainé présidait, en face de lui, Camille le second ; au centre de la barre Guillaume, (présidence croisée) donc assis exactement en face de moi. Hubert, le dernier, était à coté de Yann et Valentin près de Camille. Les cadets protégés par les ainés, j’ai adoré et trouvé que la symbolique était extrêmement forte
Ils justifièrent cet agencement par la proximité d’un plat de charcutaille posé là, au milieu, mais l’abondance des victuailles réparties ici ou là, démentait cette piètre explication. Lors des repas suivants, ils gardèrent la même place.A ma table, quelques aventureux échangèrent leurs sièges, dos au feu, ou proximité d’un bébé oblige.
Lorsque Guillaume avait trois ans, un jour à la sortie de la maternelle alors que je l’interrogeais sur ce qu’il avait fait, il réfléchit longuement et me répondit :
« Trop compliqué pour expliquer »
Je crois que je suis comme Guillaume dans l’impossibilité d’expliquer à quoi peut ressembler un raout de Noël, à quelqu’un de normal. Cela ne ressemble à rien de ce que je connais ailleurs…
1 commentaire:
Ocelot my dog !
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